[Little Hô-Chi-Minh Ville] Le Soleil se lève

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thomas munier
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[Little Hô-Chi-Minh Ville] Le Soleil se lève

Message par thomas munier » 17 oct. 2019 10:21

LE SOLEIL SE LÈVE

Le final de la campagne, un acte apocalyptique où le groupe se déchire. Et dans cette folie ambiante, des questions sur l’équilibre des dilemmes moraux et in fine sur le partage de la narration émergent, qui m’amèneront à grandement changer la face du jeu.

Le jeu : Little Hô Chi Minh Ville : pan-asiatique, dystopique, biopunk

Ecouter la partie sur youtube
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Image
Yd712015, cc-by-sa, sur flickr


Les précédents opus de la campagne :

1. Soleil Rouge
Le Soleil se lève : Soyez prêts pour la lutte finale. Épisode-pilote d'une campagne en mode série TV.
2. La Cellule de Lazare
Quand le commando s'acquitte enfin d'une mission,
3. Opéra
La plus sûre façon de décrocher un job est-elle de tuer son employeur ?


L’histoire :

Ishii est à l’agonie depuis qu’il s’est fait enlever son chi par Jasmin. Arun, en mode épave avinée, veille vaguement sur lui. Il a ramené le cafard qui n’arrête pas de changer les stations de la radio. On entend des rumeurs de sons associés à Laura Kim : rumeurs d’opéra et de transes chamaniques. Arun sombre dans un coma éthylique. Il parle avec la ruche du sens du mot soleil. Le corps d’Arun se transforme et prend l’apparence du corps de Nii avec des fragments de bambous qui lui traversent les joues et la chair.

256 se cache en ville avec 113, qu’il analyse pour se comprendre lui-même : 113 ayant le programme d’usine, il est censé avoir une idéologie communiste pure dont 256 veut s’inspirer. 113 tue le temps en tentant de réparer la machine à promesses d’espoir, qui pour le moment débite des prophéties insensées. 256 entreprend une discussion politique avec 113. Ils en viennent à la conclusion que l’humanité doit périr pour permettre l’avènement du communisme à partir des robots, qui sont idéologiquement purs. 113 propose qu’ils se séparent maintenant, de façon à ce que leur camaraderie n’affecte pas leur jugement dans les opérations qui vont suivre. Mais 256 insiste pour rester en binôme. 113 l’interroge sur les sentiments antimarxistes qu’il éprouve pour Soleil Rouge. 256 répond que Soleil Rouge n’est plus humaine et qu’elle représente leur seule chance de réussite. Il attache 113 dans son dos et part à la recherche de Laura Kim.

Laura Kim est en pleine déchéance, au milieu des gueules cassées dans les sous-sols. Son palais mental est en proie à la rouille. Elle écoute la radio de sa grand-mère. La voix d’Arun y déblatère au sujet du soleil et de la nuit. Interférences. « Wie einst Lili Marleen... ». Cela fait deux mois qu’elle est en proie au non-agir. La triade Chrysalide doit fouiller partout à sa recherche. Une machine de mineurs éventre un mur et tente de repousser Laura Kim pour accéder aux déchets. Ce sont ses parents qui la conduisent, venus du passé. Il fait une chaleur à crever. Des lucioles-fougères pompent le sang des mineurs trop fatigués pour se défendre. Le visage noir et tendu par le sens du devoir et les risques du métier, ses parents, surgis du passé, sont méconnaissables. Sa mère lui crie de dégager le terrain, Laura Kim est comme médusée. Puis ils la reconnaissent parce qu’elle bredouille le nom de Nao. Ils l’emmènent dans un souvenir pour tenter de la remettre sur pied. Elle est de retour dans la cellule familiale. Nao planque des partitions d’opéra en les voyant rentrer. La grand-mère prépare des beignets au cafard. Les parents sortent des petits déchets qu’ils ont soustraits au tamis pour les revendre. Ils manipulent un pendentif en forme de soleil, un vieux playmobil mutilé, et à chaque fois ils échouent à retrouver le nom des choses : le langage se délite. On lui sert son plat préféré, des nouilles aux anguilles, elle prend la première bouchée et c’est délicieux comme la première fois qu’elle en avait goûté étant enfant, et cet instant se répète à l’infini, un refuge (ou un piège?). La radio crachote, on y entend Arun se faire sermonner par son père, qui veut l’apprendre à nager de force, on entend des bruits de submersion. Laura Kim veut arrêter la radio mais la grand-mère monte le son car peut-être que Chrysalide, à la recherche de Laura Kim, les a mis sur écoute. Le visage de ses parents, qui ont consumé leur identité pour soigner Laura Kim, se met à fondre et tombe dans la friteuse !

Grand-mère sort avec effroi des tempuras de visage de sa friteuse, Laura Kim finit les nouilles, se lève en enlevant la couverture que ses parents avaient mise sur ses épaules, part avec le pendentif de soleil, sa grand-mère est morte à nouveau, Nao chausse ses ballerines et s’enfonce vers un interstice ou un conduit pour se rendre à l’opéra perdu.

Palais mental d’Arun. Aujourd’hui, c’est Soleil Rouge leur commanditaire et c’est ici le lieu de rendez-vous. Arun avec son visage de Ni planté de bambous est dans le coma, Ishii est désalimenté, un bol de riz plein à ses côtés. Le palais mental est en proie à l’inondation.

« Pourquoi tu tiens à Arun ?, demande Laura Kim à Soleil Rouge.
- Parce que c’est mon soleil.
- Je connais pas ce mot. »

Elles se battent, Soleil Rouge a le dessus : « Ne me fuis pas, Laura Kim ». Cette dernière se rend.

Des rats-libellules flottent dans l’eau sauvage, on plonge. Soleil Rouge sauve Arun, Laura Kim sauve Ishii et l’embrigade.

Palais mental de Laura Kim. Il y a des scolopendres partout, tout est pourri, on entend la rumeur de l’opéra à travers la porte vermoulue. Arun se réveille, il voit d’abord le visage de son ex femme, qui est en fait Soleil Rouge. Il cherche à s’allumer des clopes, elles sont trempées, sa flasque d’alcool est pleine d’eau, il engueule Soleil Rouge, elle lui dit qu’elle doit faire une dernière action d’éclat. L’objectif : utiliser la machine climatique des scientistes pour que le peuple voit le soleil et se rebelle. Arun grommelle : « le soleil est un mensonge », Laura Kim émet un marmonnement hypnotique avec la voix de grand-mère au-dessus d’Ishii, puis elle tape un grand coup dans une cloison qui secoue la rouille, et elle engueule Arun. Ils doivent bien ça à Soleil Rouge avant de crever.

256 débarque. Ils ont 4 h pour faire la mission avant que ça ne soit trop éventé. Il faudrait soigner Ishii dans l’instant pour qu’il survive, mais ils le délaissent, pas le temps. Laura Kim le laisse, elle veut pas s’encombrer, il lui jette un grand regard imploré, c’était la dernière personne en qui il avait foi.

256 aide Arun à cracker le serveur scientiste. Arun voit que le robot est changé. Ils traversent la matrice : conduits intestinaux, passages bricolés et étayés avec des poutres, couverts de placenta,où rampent des daphnies mangeuses de chair, il y a des raccordement avec des hublots vers des palais mentaux, des crocodiles biomécaniques qui traquent les hackers, des conduits encombrés de villosités, et au final une grosse porte blindée avec une roue. Après la porte blindée, ils trouvent un sas avec des tubes dans les cloisons d’où émergent des têtes rasées connectées par des tuyaux à un gros cerveau central…

Laura Kim marmonne à la ruche des slogans à base de soleil, type « le soleil se lève », « mer, sexe et soleil », Soleil Rouge déclame à ses côtés des tirades comme « 10000 sourates contre la Lune ! », le soleil se réimprime sur les affiches de propagande de Soleil Rouge dans les coursives. Impressionnée par l’efficacité de Laura Kim, Soleil Rouge veut l’embrasser mais cette dernière la repousse, Soleil Rouge a une expression de colère contre elle-même, elle se réfugie dans les bras d’Arun. Laura Kim a un regard triste qui trahit une grande solitude.

Un transparent entre dans le sas à la suite des commandos, alors qu’on croyait qu’il n’en existait plus. Il a le visage couvert de peau humaine et porte un lance-harpon. 256 le raille, le transparent, qui s’est renommé « Coda » et a limé son numéro de série, veut libérer le virus qui donne une conscience humaine, il pense avoir lui-même un code mutant, il ressent la douleur, il a accédé à l’humanité et il veut partager ça avec les autres artifice. Ils se disputent et 256 le massacre comme un vulgaire insecte, ce qui lui vaut l’admiration de 113.

Arun a découvert dans les serveurs que le talon d’Achille des scientistes, c’est l’énergie. Privés de source d’énergie, ils ne sont rien. Or, ils puisent leur énergie dans la ruche.
Arun demande : « Soleil Rouge t’en pense quoi ? »
C’est Laura Kim qui répond : « C’est faisable, on peut amoindrir l’énergie de la ruche mais pas la shunter totalement. »
Laura Kim diffuse un son de tambour chamanique sur plusieurs stations pour exhorter un maximum de gens. Il restera assez d’énergie aux scientistes pour alimenter une sécurité : le labyrinthe mémoriel.
Arun voit dans la ruche des enfants qui essaient de dessiner le soleil avec du cambouis et des produits chimiques, sans succès, mais cela montre que l’inception a été réussie.
Soleil Rouge accompagne Laura Kim avec un didgeridoo, des clochettes et un gamelan.
Dans les chantiers, les ouvriers entrent en transe alors que leur foreuse continue à percer.
Le petit vieux de Nouilles Bien Cuites se roule dans la glaise, oublie sa chariote dans l’ascenseur.

Toutes les lumières des servomoteurs s’éteignent !
Laura Kim perçoit comme l’envol d’un million d’oiseaux invisibles, et vole avec eux, monte au-dessus des nuages, voit une lumière éblouissante, ressentent une chaleur inédite, ça la perturbe, elle retombe, elle est bouleversée, maintenant elle sait ce qu’est le soleil.

256 et Arun passent à travers le labyrinthe mémoriel resté en service, pendant que Laura Kim est bloquée en transe chamanique.

La première zone est composée de: couloirs étroits, remplis d’eau saumâtre, et de branches de paletuviers et de lianes, où rôdent les anacondas.

Il s’agit du souvenir de la mort des vrais enfants d’Arun. À l’approche de ce souvenir, Arun se dit que c’est le moment de voir s’il a réussi à se blinder. C’est arrivé la seule fois où ils sont sortis de Little Hô. Dans son souvenir, il est un jeune home beau et en bonne santé, sa femme est belle aussi ; les enfants sont très jeunes, il voit le souvenir, il n’aurait qu’à tendre la main pour les toucher. Il y a un lac où des palétuviers avancent (leurs racines arrières pourrissant et les racines avant croissant à vue d’œil), ils s’installent sur une étendue d’herbe, Arun sort un nécessaire de pique nique, c’est sa seule congé depuis des semaines, ils étaient inconscients pour avoir voulu la consacrer à un pique nique dans la jungle ! Sa femme ressemble à la pub Prosperity, est-ce que c’est le vrai souvenir ou est-ce qu’il est vérolé ? L’Arun du souvenir se retourne et les branches des palétuviers attrapent l’épouse et les enfants. Pour passer le labyrinthe mémoriel, il ne faut pas interférer, ne pas changer le passé. Arun fait un bond en avant pour sauver ses mômes, 256 l’arrête, il lui met la main sur la bouche, se libère mais c’est trop tard, et il voit ses enfants mourir sous la dent des palétuviers.

« Papa ! » Crounch crounch crounch.

Arun veut les attrapper, c’est trop tard. Un perroquet hurle « Ici et maintenant ! »  et Arun lui balance un caillou.
256 dit de presser le pas, et Arun lui dit qu’il perd rien pour attendre, 256 pérore et Arun lui flanque un pain. « Puisque tu es tellement supérieur, continue sans moi ». Il reste dans le souvenir, parce que s’il s’en va, il va oublier. 256 le force à suivre. Arun le frappe avec sa clé à molette, 256 réalise qu’Arun va de toute façon devenir une coquille vide et automatique s’il perd ce souvenir.

113 propose de s’autodétruire pour que la décharge de chi sonne Arun. 256 dit qu’Arun va participer à un renouveau, qu’il deviendra pas une loque humaine, car il va changer la face de Little Hô pour toujours (parce que, et ça 256 le tait, il a prévu de tuer tous les humains). Arun s’assoit sur une souche et s’allume une clope.
« Pense à l’humanité entière, tu ne vois que ta petite carcasse, l’exhorte 256.
- Je suis pas un héros de feuilleton radio. »

Laura Kim arrive. Elle lui dit que s’il perd son souvenir, il lui reste quand même Soleil Rouge. Soleil Rouge se trompe sur son compte. 256 lui dit qu’il est illogique. Laura Kim lui dit qu’elle a déjà tout sacrifié de son côté, renoncé à toute sa famille et à son clan, à tout, parce que Soleil Rouge le lui a demandé. « Arun, tu ne vaux pas toute cette pitié que tu as pour toi même. », conclut 256.

Arun écrase sa clope et se lève, dépité, il a pris trente ans dans la gueule, c’est un petit vieux, il se dirige vers le bunker, jette un dernier regard vers la jungle où se rejoue le souvenir en boucle.

« Papa ! » Crounch.

Ils ont une vision prémonitoire de la prochaine section : le bunker. C’est le moment où 256 n’ait à la vie et voit Soleil Rouge et qu’elle lui transmet le code. Arun est aussi présent car il a participé au montage des transparents. 256 s’incarne dans son corps du passé, sur la chaîne de montage, 113 le suit, il n’a pas encore ses jambes (et n’aura jamais l’occasion d’en avoir car sa fabrication sera stoppée net à cette étape). Arun est dans son corps actuel.
Laura Kim est en embuscade dans le palais mental de Soleil Rouge.
Soleil Rouge remet son programme à 256 et Arun a une chance de récupérer Soleil Rouge en chair et en os. Dans quelques instants, un gnome en armure mécha va la tuer. 256 laisse faire sans sourciller. Il est donc réinitialisé, mais ça ne fait que le renforcer dans ses convictions.
Arun se dit qu’il a une bonne occasion de sauver Soleil Rouge pour de bon. Laura Kim veut l’en empêcher. Dans le palais mental de Soleil Rouge, ce n’est qu’une toute petite cellule avec une table basse et le petit livre rouge, un autel votif avec les portraits des trois commandos, et un grand soleil est peint autour à la craie.
Le gnome mécha défonce le mur et gueule : « Oublier est un crime ! », il balance des balles requins dans tous les sens.
Laura Kim immobilise Arun : « J’ai vu le soleil, il vaut bien plus que ton amour pour Soleil Rouge ! Attends de voir le soleil. » Arun est ébranlé et doit lâcher prise.

Le corps de Soleil Rouge se fait transpercer et dévorer par les balles requins, elles traversent aussi son palais mental de part en part.

Ils basculent dans le dernier souvenir, dont Soleil Rouge était absente, s’étant éclipsée à l’époque pour trouver des solutions extérieures afin de faire avancer la révolution. Entre deux crises de déchéance, Laura Kim s’était rendu à l’opéra. Il est encore plus petit que la dernière fois, couvert de lichens, de lianes et de moisissure, une bonne partie de l’orchestre s’est fait bouffer par la végétation, Nao danse au milieu, le public tape sur des vieilles machines à écrire. 256 et Arun sont installés à côté.
Son grand frère de la triade est venu le voir. C’est un homme dans la cinquantaine, petite moustache, petit veston, boutons de manchette. « Laura Kim, petite sœur, c’était difficile de te trouver, on a du te chercher au fond du trou. » Il demande des explications ; pourquoi a-t-elle laissé la triade sans nouvelles ? Laura Kim répond :
« J’ai rien d’intéressant à dire.
- Mais petite sœur, tu nous appartiens. Toute ta famille s’est fait la malle. T’as failli réussir ton évasion. J’ai toujours eu du respect pour toi, je t’ai défendue, tes autres grands frères se sont sentis trahis. Je leur ai dit : Non, non, Laura Kim peut encore être utile. J’ai réfléchi sur l’avenir de la triade. Chrysalide doit muter. L’avenir, c’est la politique. Si on devenait le Viet Minh ? Tu peux m’apporter le self de Soleil Rouge pour servir notre doctrine.
- Grand frère, j’ai beaucoup de respect pour toi, mais regarde où tu en es rendu, aller voir un déchet.
- Tu es un coffre boueux mais tu contiens un diamant.
- Tu veux m’ouvrir le ventre ? »

Elle montre son ventre tout blanc, les cicatrices violacées. Le grand frère regarde ses fistules : « Je suis sûr que Soleil Rouge est là ». Laura Kim montre la plaie, la plaque de verre n’est plus visible, il ne reste qu’une excroissance purulente, le verre a déchiré la peau. Elle lui sort toutes ses fistules, elle dit :
« Prends.
- Bon, on va analyser tout ça. Tu peux encore revenir avec nous, tout sera pardonné. »
Laura Kim reprend ses jumelles et fixe la scène. Le grand frère conclut : « Si il y a un problème, on sait où retrouver ta petite sœur. » Il se tourne vers 256 et Arun : « Messieurs... » et s’éclipse

Bruits d’une centaine de machine à écrire alors que Nao accomplit son grand pas de danse.

Après avoir passé cette dernière épreuve, les commandos sont devant la machine climatique. Il reste des gardes scientistes, c’est à peine des hommes, plein de tuyaux leur sortent du corps où des machines molles circulent, ils ont des ailes membraneuses autour des bras, des yeux de reptiles, des respirateurs dans tous les sens, ils se battent avec des katanas à varech qui portent la gangrène et des véroles informatiques. Les commandos les défoncent.

256 et Arun se disputent les consoles de programmation de la machine, un gros appareil dieselpunk, avec des bobines, des éclairs dans tous les sens, une créature à l’intérieur. Arun arrive à débloquer la machine, il y a un choc en retour, Soleil Rouge est touchée d’une charge mentale, elle crie, Laura Kim la rattrape au vol. L’égérie communiste pisse du sang par les yeux, les oreilles, le nez, la bouche, son ventre exsude le sang.

Lancer la machine coûte un self. Arun se dévoue. Après tout, c’était la prophétie, qu’il devienne une coquille vide. Mais pour l’empêcher de donner les mauvais ordres à la machine, 113 lui perfore la tête avec son aiguille manuelle. La dernière chose qu’Arun voit, c’est le soleil levant sur l’horizon. Et devant, les silhouettes de sa femme et de ses enfants.

Soleil Rouge bafouille : « Les mauvais jours finiront. »

Laura Kim s’abat sur les deux robots collés :
« Qu’est ce tu fais 256 ?
- Je ramène l’ordre communiste.
- Tu trahis tes idéaux et tes amis.
- L’humanité est une vérole. Il faut que Soleil Rouge voit son projet mené à son terme, c’est elle qui a décidé que l’humanité n’était que pourriture. »

Laura Kim s’écrase. 256 lui tourne le dos, il interdit à 113 de tuer Laura Kim. Laura Kim frappe 256, ce qui l’éjecte de la console et l’éteint, 113 bat les bras en jurant : « Je peux pas bouger ! »

Soleil Rouge murmure à Laura Kim :
« Écoute…
- Tu te tais, on a fait tout ça pour toi, y’a pas de raison que je survives à tes camarades. Tu étais chez moi mais rien ne t’appartenait, maintenant tout t’appartient, je te le laisse.
- Rien ne nous appartient, alors tout nous appartient. »

Laura Kim met son self dans la machine.
Elle est dans l’opera. A ses côtés, sa grand-mère souriante tape à la machine à écrire, tout se met à trembler, des croûtes de lichen tombent, tout se fait aspirer.

Dans un bruit d’apocalypse, un grand vortex s’ouvre au milieu des nuages, comme l’œil du cyclone, les gamins des toits qui chassent des chauve-souris horlas et volent des antennes télé sont aux premières loges :

Le soleil se lève.


Feuille de route :

+ Ishii se vide de son chi.
+ Nao en danger.
+ Laura Kim capturée par la Triade des Chrysalides
+ Le chef des Chrysalides détient Ouroboros. Les Chrysalides s'avèrent être la triade de Laura Kim.
+ Soleil rouge appelle Arun et 256 à l'aide par la matrice.
+ Retour physique de l'ex-femme d'Arun (ressemble à Soleil Rouge)
+ Artefact Espoir (chez les Scientistes)
+ (barré) « C'est la lutte finale... ». Le cafard joue de la bossa nova
+ (barré) Souvenir Laura Kim parents chantier
+ Laura Kim programmée par sa mère ?
+ (barré) Souvenir de la mort des enfants d'Arun
+ (barré) Le Grand-Frère dit « Quatre noms, quatre visages ». Insinue qu'il peut tuer Nao. Rappelle qu'elle a tué un dealer.
+ Effondrement de la ville.
+ Jasmin propose à Arun de ressusciter ses enfants en échange d'Ishii.
+ (barré) Ishii dépérit suite à l'échange de peau
+ (barré) Opéra, machines à écrire, coda
+ Le porte-parole consensuel des scientistes
+ (barré) 1 autre 256 en liberté


Commentaires :

Mise en jeu :
+ En intro de partie, j’ai fait à la bouche une radio qui changeait de station tout le temps, j’ai chanté un petit bout de « Que sera sera », de la radio de nombres, et de « Wie einst Lili Marleen »

Thomas :
je n'ai pas vu les warnings de la joueuse de Laura Kim qui demandait sur le chat de mettre le hola sur les dilemmes moraux.

Joueur d'Arun :
+ Cela m'a plu.
+ La campagne a souffert de la grosse coupure au milieu. On avait arrêté sur une série de trucs importants. Si on avait poursuivi dans la foulée, les choses auraient été différentes.
+ J'aurais aimé explorer le fond du ravin. La fin de la campagne a été précipitée.
Joueur de 256 :
+ C'est plutôt un problème que t'étais trop dans « il faut faire la mission comme c'est prévu », alors que la mission pouvait disparaître et on aurait pu partir sur un concept plus drama, jouer indépendamment du MJ.

Joueur d'Arun :
+ Oui, mais on serait pas arrivé à une conclusion satisfaisante, la mission a servi de moteur.
Joueur de 256 :
+ Le MJ aurait guidé les joueurs vers une fin sans mission.

Thomas :

+ On pourrait demander à l'équipe au début de la partie s'ils préfèrent jouer une mission ou du perso.
Joueur de 256 :
+ Je préfère qu'on parte sur une mission et que le MJ s'adapte ensuite par a-coups.
Joueur d'Arun :
+ Le destin d'Arun me convient car en 4 séances je voyais pas comment jouer à la fois la déchéance et la rédemption. Vous me demandez de changer le monde, mais je n'en suis pas capable. La mission m'a guidé vers une rédemption / suicide.
Joueur de 256 :
+ Au début, ça a été un peu longuet.
+ J'ai bien aimé le labyrinthe mémoriel.
Joueur d'Arun :
+ Le principe est vraiment cool, ça permettait de recaractériser les persos avant de leur dire au revoir.
Joueur de 256 :
+ Cela aurait mérité d'être plus préparé.
+ La fin, c'était pas ce que j'avais prévu mais j'ai bien aimé. J'ai trouvé marrant de jouer vers l'humain puis vers l'inhumain.
Joueuse de Laura Kim :
+ Nous aussi, on s'est déshumanisés.
+ J'ai pas aimé la partie.
+ Au début, il y avait un flottement. La radio, c'était une super idée et après on s'arrête pour se poser des questions d'ellipse, du coup ça retombe.
+ J'ai beaucoup apprécié tes efforts pour me tirer du ravin.
+ La scène avec les parents, c'était chouette.
+ Derrière le truc qui m'a poussée vers la sortie, je sors et je vais sauver Arun et là arrive Soleil Rouge qui ne me laisse plus jouer, qui m'entraîne vers le palais mémoriel.
+ C'était une super idée que Soleil Rouge soit commanditaire de la mission.
+ Le choix moral avec sauver Ni était pas crédible et c'était frustrant de devoir choisir.
+ Le baiser de Soleil Rouge : aucune solution n'était crédible.
Joueur de 256 :
+ Demander des choix pour des choix, c'est pas toujours intéressant.

Joueuse de Laura Kim :
+ Le labyrinthe mémoriel, je l'ai vu comme une purge, y'a rien eu de nouveau. On a refait ce qu'on a déjà fait en moins bien, les persos ont pas évolué.
+ Les PJ sont chouettes.
+ Les variations sur les missions, c'est cool.
+ Le souci, c'est que la commanditaire Soleil Rouge nous suivait partout vu qu'elle était dans ma tête.

Thomas :
+ Qu'est-ce qu'il aurait fallu ? Plus d'écoute ? Plus de questions orientées ? Plus de briefing / brainstorming en intro de partie ?

Joueuse de Laura Kim :
+ On s'est mal accordés sur le chrono. J'aurais voulu qu'on joue un scénario plus délayé dans la journée.
Thomas :
+ Il y a eu plusieurs biais. Le fait que c'était enregistré, que j'avais un univers à montrer, une campagne à terminer.

Joueuse de Laura Kim :
+ Le fait que c'était enregistré, ça m'a empêché de faire des remarques plus directes.

Joueur d'Arun :
+ Acheter une réussite et vendre un échec, l'idée était cool.
+ Est-ce qu'on pourrait négocier les thèmes en début de partie ?

Joueuse de Laura Kim :
+ Les 10+, y'en a que j'ai mal vécus. Savoir que ton « plus », c'est de perdre ton self la fois d'après...
+ Y'a aussi le fait que j'étais fatiguée.

+ Les beaux moments c'est quand mes parents me remettent d'aplomb et que je peux revoir le soleil.
+ Mis à part ce dernier épisode, la campagne était vraiment vraiment cool. Foisonnement et ambiance rarement vus ailleurs.
+ Les palais mentaux, c'était cool mais faut qu'on dose, s'il y en a trop, ça devient trop ordinaire, un endroit comme un autre.

Joueur d'Arun :
+ Le fait qu'Arun se soit transformé en Ni, c'était bien, on aurait pu aller plus loin, faire quelque chose pour guérir son palais mental.

Joueuse de Laura Kim :
+ Arun avait déjà laissé mourir Ni, il avait déjà fait un choix, puis on laisse mourir Ishii, puis on laisse mourir ses enfants. Un peu pareil pour 256, on l'a encore reprogrammé. Il y a comme une absence de propos dans ces punitions répétées.
[Joueur de 256 : La scène d'Arun avec ses enfants a toute sa logique dans l'histoire]
[Joueur d'Arun : Je suis d'accord avec la joueuse de Laura Kim mais je serais moins sévère. On va aux origines, mais est-ce qu'émotionnellement c'était nécessaire ? Le fait de se remettre dans le « se débarrasser de ses attaches »]
[Joueuse de Laura Kim : C'était élégant qu'en tant que joueur, tu aies rendu l'issue plus crédible en disant : « J'essaye de les empêcher » mais en concédant que 256 l'en empêche.]
[Joueur d'Arun : J'étais d'accord pour jouer la serpillière mais j'aurais voulu une partie de plus pour jouer autre chose ensuite.

Joueuse de Laura Kim :
+ J'ai vu le PNJ Soleil Rouge faire sa vie toute seule et nous donner des directives alors qu'au début on le jouait à deux.
+ C'était trop circulaire : on revenait trop souvent sur des choses qu'on avait déjà jouées, sur des choix qu'on avait déjà faits.
[Joueur d'Arun : Sur les souvenirs, tu aurais pu nous laisser dire le souvenir, ça aurait plus laissé la porte ouverte.]


Retour personnel :


+ Proposer des choix moraux (non shuntables par le système), était-ce une erreur ? En tout cas une trahison de l'esprit "propulsé par l'Apocalypse" (en jeu plus tradi ça aurait passé)
+ Il y a eu une tension entre l’émergent et le prescrit : j'aurais dû laisser plus l'équipe prendre la main sur la narration pour raconter les conséquences des événements touchant leur personnage (c'est moi qui décrit la perte du self de Laura Kim, ça aurait été bien mieux de lui proposer la main). Bref, les choses ont été bien trop unilatérales sur cette partie, et le ressenti de l’équipe en a pâti. Cela m’a motivé pour mettre beaucoup plus de partage de narration et des responsabilités dans les versions suivantes de Little Hô Chi Minh Ville et les tests qui s’en sont ensuivi m’ont montré que c’était la bonne voie.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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