[L'Empreinte] Au-delà de Nis

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thomas munier
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[L'Empreinte] Au-delà de Nis

Message par thomas munier » 25 juil. 2018 10:39

AU-DELÀ DE NIŠ

Dans les Balkans, une bande d’enfants Rom coincés entre des adultes qui les exploitent et des ruines maudites. Une partie audio par Claude Féry, Gabriel Féry, Mathieu Féry, assortie d’un contexte complet et de commentaires écrits !


Audio :

Au-delà de Niš, acte I

Préparation :

Au-delà de Niš, version texte
Au-delà de Niš, version pdf


Image
crédits : Claude Féry, par courtoisie


Commentaires de Claude :

Nous avons joué l'acte I qui est dans la boite et que je t'adresse.
J'ai réalisé quelques coupes jusqu'à la scène de tentation afin d'améliorer le confort d'écoute (en supprimant nombre de pauses oratoires de mon fait)
Gabriel a apprécié, Mathieu moins.
J'ai aimé les sensations partagées autour de la table.
Je trouve l'ensemble moins fluide que la tentative première mais nous sommes entrés plus rapidement dans le vif du sujet.
Lorsque Mathieu me propose pour empreinte la culpabilité du décès d'Halima je détourne au lieu d'abonder dans son et de surencherir
De fait, elle est morte pour eux puisque la horde a semé sa graine
L'empreinte qui l'affecte est bien la perte d'Halima
et plus encore


Thomas :

J'ai écouté le podcast de l'acte I des Roms, et voici mes commentaires :

A. Est-ce que je suis victime d'un cliché ou est-ce que les Roms sont nomades ? Si oui, pourquoi semblent-ils ancrés au même endroit depuis un moment dans votre partie ?

B. A un moment, un personnage marchande des soins en racontant un souvenir (souvenir qu'il conserve par ailleurs). Tu parles alors de grande obole. Je crois que tu fais la confusion entre petite obole (on raconte le souvenir mais le conserve) et grande obole (on raconte le souvenir et on le perd)

C. J’ai du mal à comprendre comment tu lances 4 dés à l’acte 1. J’aurais comptabilisé au max 1 dé d’empreinte + 1 autre dé (action/réaction ou des autres dés thématiques sus-mentionnés dans la roue de la menace)

D. quand tu décris la poupée pour laquelle se battent les gamines, j’ai reconnu une photo que j’utilise pour l’écran de Millevaux, qui est la photo d’une tête de poupée moussue qui a été prise à Pripiat:)

E. tu demandes un jet de dé pour soigner la gamine en priant le Berger. Cela aurait pu être l’occasion d’une scène de tentation : une empreinte en échange de la guérison


Claude :

A. La communauté Rom est diverse
Certains sont nomades, d'autres semi-nomades et certains sont sédentaires.
La communauté imaginée est semi sédentaire et c'est la zone prospectée qui fixe le groupe.
En dehors de Milleveaux, dans mon agglomération, un même groupe erre de ville en ville, et subsiste essentiellement du pillage de cuivre (ligne sncf réseau nord) les trains s'arrêtent quelques heures pour tirer du cable.
B. Il ne conserve pas son souvenir et Gabriel se lamente de ne pas pouvoir caser le poème en fin de partie comme conclusion personnelle. Mathieu estime quant à lui qu'il pourrait lui apprendre
Je dis non, certes faiblement, mais pour moi le souvenir est perdu pour dusan.
C. J'ai considéré à tort disposé du dé liés à l'acte et j'ai cumulé fautivement les circonstances entourant la confrontation.
D. Oui
E. Oui


Thomas :

A. Merci pour ces éclaircissements !

B. Attends, alors c'est moi qui me confonds sur la confusion :) Gabriel a perdu son souvenir, et tu as dit que c'était une petite obole. Alors qu'il aurait fallu dire une grande obole.

C. A l'acte N, tu as le droit à N dés d'empreinte (il faut pouvoir en justifier l'usage) + N dés d'action / réaction. Ce qui fait qu'à l'acte 1, tu as droit à 2 dés max. A l'acte 4, tu as le droit à 4 dés max. Je pense que dans votre partie, sur cet acte 1, tu aurais juste eu le droit à 1 dé (action/réaction), car de mémoire je crois que les personnages n'avaient pas encore d'empreinte, donc tu ne pouvais même pas utiliser le dé d'empreinte.

E. Oui mais, Ikoko est l'émissaire de la menace. Accepter de prier le Berger, c'est accepter Vuk / la horde dans son coeur. Je considère alors que intuitivement, subtilement, les enfants ressentent une présence singulière à l'oeuvre. Alors. la prière c'est l'émergence de l'emprise dans leur collective.
Tous souhaitent ardemment qu'elle revive, certains ont conscience qu'elle déjà passée au-delà, c'est donc ou la victoire d'un vœu pur et sincère ou un pacte de dupes de surcroît contre nature

E. Je pense justement que ça aurait justifié une scène de tentation : puisqu'ici on fait appel à la menace pour ressusciter la gamine. Le rôle mécanique des scènes de tentation (un avantage contre une empreinte) est de montrer un visage bienfaisant de la menace, montrer qu'elle est ambivalente. Le marché de dupes tient dans le fait que même dans les scènes de tentation, la menace reste l'ennemie des personnages, puisque son but est de leur infliger des empreintes. Tu peux voir ça comme un prix à payer dans Inflorenza Minima.

Bon, je voudrais éviter d'être directif sur ta façon de faire : c'est ta table et tu sais mieux que moi ce qui convient à table (et ce que vous faites est très agréable à écouter). Je veux dire que si tu veux ignorer complètement les règles, je te dis amen :) Mon but est juste ici de préciser pourquoi j'ai conçu le gameplay de cette façon et comment ça aurait pu correspondre aux situations que tu as mises en scènes.


Claude :

J'ai communiqué tes commentaires à mes joueuses.
Mathieu partage et nous avons joué le second acte dans le respect de ceux-ci.
Gabriel, considère quant à lui que la Menace, grandissante à mesure qu'elle embrasse plus large gagne ses lettres de noblesses et que l'aspect inéluctable en est plus marqué.
Nous avons conclu que la règle en l'état préservait plus de latitude aux joueuses.
Nous n'avons joué que le second acte de Au-delà de Nis, en raison des préoccupation scolaire de Mathieu qui doit bientôt rendre son tpe de fin de cycle.

La partie s'est bien déroulée. Je n'ai pas réussi à me conformer à l'ordre introspection tentation puis agression. Nous ne les avons pas joué dans l'ordre mais cela a créé des liens organiques dans la fiction qui mon point de vue s'en est trouvée renforcée.
Nous avons évoqué les conséquences de la renaissance de Halima.
De fait, elle est désormais absente au monde et est partie avec l'errant et la poupée.
Les oncles ne se sont pas inquiétés de sa disparition.
L'empreinte subie par Dusan et Othon s'en est trouvée altérée. Ils ont sur la conscience la disparition d'une membre de la communauté.
Accompagnés de Terrible, quelque jours plus tard, les préoccupations de l'assemblage de Libération en tête, Dusan et Othon entreprennent d'explorer une nouvelle cellule du complexe E.I. Terrible avise un bouton électrique armant une armoire électrique d'antique fusible et au mépris des précautions d'usage dans la zone, le gamin appuie de tout son corps sur le bouton et déclenche un maelstrom de sensations désordonnées d'acouphène et le plancher s'effondre sous pieds.
Dusan, le rêveur le rattrape de justesse et lui évite de s'éventrer quelque mètre plus bas. (victoire de Dusan contre l'adversité, mais au prix d'une empreinte, sa seconde).
Dusan en est sérieusement secoué. Un poème lui vient qui dissout son irrésolution habituelle. Il est pour lui désormais inconcevable que les marcheurs du refuge succombent à tout ces pièges tendus par les forces noires du Karakhan dans le ventre de Nis. Ils survivront tous, ils lutteront pied à pied pour voir leur hydravion s'envoler vers la mer dont Vadim, le vieil errant leur a parlé.
Terrible, lui a repéré une trouvaille de taille : la machine aux cafards.
Othon, très préoccupé ces derniers temps par la disparition mais aussi par les difficultés de réglage de Monsieur Moteur, trifouille la machine et obtient un message : ils arrivent.
Le lendemain matin il s'éveille envahit de cafards et bien mécontent d'être entré dans le domaine des passeurs
Mais quoiqu'en dise Ombre, il est bien résolu à tirer la substantifique moelle ce cette antique machine.
Mais il doit se méfier de tous (empreinte concédée à la tentation qu'exerçait la machine gorgée d'égrégore).
Dans mon résumé à grands traits j'ai omis la fin de l'acte, une scène d'agression.
Othon, agacé de ne pas dominer Monsieur Moteur sort du refuge par la Porte. Et alors il aperçoit le ferrailleur Sergueï embusqué dans les buissons.
Celui-ci se précipite vers lui et le somme de lui indiquer ce qu'il cache derrière la porte.
Othon restant interdit il le saisit par le col, lui administre une gifle, le somme à nouveau de répondre, s'impatiente en le menaçant et pour finir lui assène un coup de point monumental qui lui déboîte la mâchoire. Othon en profite pour s'enfuir sans demander son reste. Sergueï le toise et lui dit :
"J'men fout j'ai d'couvert vot'cahcette ahah !" (Conflit gagné par Mathieu au prix d'une empreinte, la mâchoire brisée).
Voici, brossé, à grands traits, ce second acte.


Thomas :

A. Encore merci pour votre jeu et pour le travail que tu fais de m'informer du contenu des parties !

B. J'ai dû mal rédiger les règles si j'ai laissé entendre qu'il fallait jouer introspection, tentation et agression forcément dans cet ordre. Tu peux en effet les jouer dans l'ordre que tu veux, en fonction de ce qui est le plus logique sur le moment.

C. Peux-tu rafraîchir ma mémoire : Halima n'est-elle pas la fille convoitée par l'Oncle Yarilo ? Si oui, pourquoi les adultes ne s'émeuvent pas de sa disparition ?

D. Apparemment tu as joué une scène de tentation avec la machine à cafards. Quel avantage concret apporte cette machine pour qu'elle justifie une empreinte ?


Claude :

B. De fait ton expression n'est pas fautive puisque tu indiques que l'Arbitre réagit aux initiatives des personnages et en profite pour placer les trois éléments de l'acte. Toutefois dans la mesure ou l'ajustement de l'attitude s'opère à l'issue de la phase d'introspection, elle apparaît dès lors comme une forme d'introduction, d'exposition ou de présentation.
C'est la raison de ma précision. Et ce que j'ai pu alors éprouver à la table, c'est que la phase d'introspection peut valablement conclure une phase de tentation ou d'agression.

C.Si Halima attire la convoitise de l'Oncle Yarilo, ce n'est qu'une parmi d'autres. Les femmes l'attirent en général. L'annonce de sa disparition a été présentée par Ombre comme un enlèvement perpétré par un Duchov. Et le groupe s'est relayé pour diffuser la nouvelle. Terrible a conclu la tournée en informant Yarilo, celui dont il redoute la réaction.
Aucune réaction apparente pour le moment, le môme s'est bien vite tiré avant de s'assurer que l'Oncle avait bien compris son histoire.Il a choisit le moment ou il cuvait sa slibovitz.
C'est donc un élément toujours dans le spectre des possibles. Pour les autres oncles, la perte d'une enfant, n'est que la perte de main d'oeuvre. Elle remplaçable et Yarilo s'y connait pour dénicher des gamins au marché de Nis. Pour Klodtz, sa réaction est tardive. Mais ce figurant est très particulier. Je ne l'ai pas incarné jusqu'à présent, mais il devrait prendre du relief. Ce personnage est très sensible mais ailleurs. Ses relations avec les autres sont étranges. Ce figurant je l'ai imaginé en pensant à une personne qui m'était proche, très récemment décédée et que mes fils n'ont pas vraiment connu...

D. La Machine à Cafard est découverte par Othon, qui incarne une jeune homme prosaïque, mais sensible.
La machine est un lien avec la sédimentation d'égrégore des établissements E.I., ; le lien avec le passé réel (ils existent c'est la première industrie de la ville et le fleuron industriel du pays) et fantasmé. Approche, la menace : un assemblage hétéroclite d'égrégore, une conscience collective qui accouche graduellement d'une déité horla.
Ces deux flux sont différents, dissociés encore, et le lien qu'établit Othon est peut être lien qui pourrait contenir cette menace en privilégiant l'imprégnation locale pour différer celle de la horde..
Toutefois, ce serait au prix d'un renoncement d'une certaine forme d'individualité.
La scène, au regard du jeu de Mathieu était intense (il a caractère assez granitique et parle peu). Mais à mon évocation, il a tout de suite considéré que cet artefact fascinait Othon.
Et j'ai lu dans le regard de Mathieu une réelle fascination.
En fin de session, off the records, Mathieu a décrété que si le groupe avait un moyen quelconque de contrer ou contenir la menace c'était au moyen de cette machine. Pour lui c'est la clé.

E. Naturellement.


Thomas :

B. Oui. Sans doute aurais-je pu préciser qu'on peut changer une attitude une fois par acte, plutôt que forcément dans la phase d'introspection. Car perso j'ai plutôt tendance à mettre la phase d'introspection au début de l'acte et à laisser la joueuse changer l'attitude plus tard.

C. Je te présente mes condoléances.

D. OK !

F. OK ! Voilà qui apporte de la tension pour les actes à venir.


Claude :

Comme prévu nous avons joué l'acte III de L'empreinte Au-delà de Nis
Othon en proie à des tourments intérieurs et aiguillonné par la douleur a été rejoint dans sa fuite par L'Anguille .
L'Anguille ,d'ordinaire toujours distant, fuyant le contact,impressionné par la rudesse des horions essuyés par Othon, n'a pu résister à l'envie d'effleurer la blessure qui déformait son visage. Alors, Othon a été pris d'un vertige et s'est trouvé propulsé dans le buisson se voyant lui-même dérouillé par Sergueï. Puis il a vu L'Anguille au sol, se tenant la boucher, puis se redressant s'est mis à cracher du sang. Au sein des glaviots sanguinolents, il a avisé une dent, bien trop grosse pour être celle de L'Anguille . Sa langue lui a confirmé que c'était autrefois la sienne.
Parvenu au logis, Ombre, troublée, avertie par les distorsions dans le chant des Marcheurs de Vide, a délaissé Dushan pour se porter au devant d'Othon. De son fichu imprégnée d'eau elle fit une compresse.Hésitant brièvement, elle a intimé l'ordre à Othon de maintenir la compresse puis a placé trois doigts de sa main gauche autour de l'oeil valide du blessé.
Othon a de nouveau été saisi d'un vertige et lorsqu'il repris l'empire de ses sens, il pu constater que la douleur si lancinante s'était évanouie. Mais maintenant, la jeune ombre se tenait devant lui le visage endolori.
L'Anguille de sa voix vive et pressante a déclaré qu'il fallait se débarrasser du corps, mais qu'il ne pouvait pas le toucher. Ombre, le visage tuméfié, incapable de s'exprimer normalement leur a fait comprendre par signe qu'elle pouvait se rapprocher de lui non plus.
Dushan et Othon on porté le corps au milieu de la rivière aux abords de Duchovia.
Alors que le corps sombrait enfin, il ont remarqué une silhouette sur l'autre rive qui les épiait. Une silhouette hirsute entraperçue fugitivement.
Ils sont rentrés sombres. Là Klodtz les attendait qui leur a indiqué sobrement qu'ils avaient commis un acte terrible. Que maintenant ils devaient se montrer encore plus prudents et qu'une guerre affreuse se préparait.
Le soir, l'ensemble des enfants s'est réuni et a chanter avec Onde pour oublier.
Les travaux ont repris.
Les jours se sont écoulés semblables aux autres et L'Anguille a fait une nouvelle découverte. Un artefact ouvragé qu'il a confié à la garde de Dushan après avoir évoqué un ciel fendu des doigts avides qui tentaient de lui arracher la vie et de combats épiques au coeur de forêts luxuriantes. Celui-ci l'a laissé.traîner
Le lendemain, il a arrêté un geste vengeur de l'imprévisible P'tit qui aurait pu emporter la vie de La Gagne avec laquelle il a avait un différent. La garde du casse tête a été confié à la sauge.
Après une semaine de tâtonnements, Othon n'y tenait plus. Monsieur Moteur refusait toujours de garder le régime et de rugir comme il l'entendait. Alors, il est allé aux tréfonds d'E.I. pour consulter la machine à écrire à laquelle il a confié deux papiers craquelés. Il a reçu en échange deux rapports sur des phénomènes liés aux ondes sonores et aux dons de passeurs qu'il s'est empressé de confier à Dushan et Ombre, anxieux de la visite matinale prochaine.
Vomissant par la bouche et les oreilles les odieux cafards, il s'est éveillé avec la certitude que ce qui manquait à Monsieur Moteur pour rugir c'était la pièce non remontée qui gisait sur l'établi, l'injecteur. Il fut réveillé en fanfare car les canelurs de Nis rûgissaitent tandis que tout le monde s'affairait dans le camps à la recherche de Terrible, l'Anguille, La Sauge qui avait bricolé une chariot pour transporter Monsieur Moteur jusque la berge et P'tit portés manquants en ce matin au goût prononcé de désastre. Il fut réveillé pressé par Neuf X qui lui demandait de faire sauter le cadenas retenant prisonnier le pauvre Ngoc et sa soeur, avant que les soldats n'arrivent et que Yarilo ne se ressaisisse.

Bonne session de mon point de vue et de celui des garçons.
Je creuse toujours le sillon de mes obsessions.


Thomas :

A. Je vois que l'ambiance s'envenime dans votre partie de l'Empreinte, mais à ce stade, je n'ai pas encore réussi à deviner quelle était la menace.


Claude :

A. La menace devrait elle être manifeste à ce stade ?
Nous avons discuté de cela en fin de session. Je leur ai posé la question.
Gabriel souhaite que la nature réelle de la menace n'apparaisse que dans le dernier acte pour accentuer le caractère inéluctable de celle ci, sans perspective de dérobade.
Mathieu apprécie que plusieurs niveaux de lecture coexistent.


Thomas :

A. c'est comme la table veut, le jeu est muet sur ce point :)
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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