[Écorce] Chasse à l'auroch

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thomas munier
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[Écorce] Chasse à l'auroch

Message par thomas munier » 01 juin 2018 13:20

CHASSE À L'AUROCH

Premier playtest extérieur à partir d’une version brouillon, dans cette escapade vosgienne et rurale. Un récit par Claude.

Image
crédits : Adibu456, cc-by-nc, sur flickr.com

Écorce : tentative première
Nous avons joué cet après-midi, avec Gabriel.
Nous avons créé un personnage pour Gabriel.
Nous avons défini son entourage (servant qui avait lui-même deux servants) puis le reste de la communauté.
J’ai proposé à Gabriel de définir deux personnages au sein de cette communauté afin qu’il dispose d’attaches particulières avec ces personnages.
Au moment de débuter la partie, alors que je présentais la compagnie, je me suis rendu compte un peu tard, je l’avoue, que Gabriel envisageait son personnage comme un meurtrier nihiliste.
Gabriel éprouve une certaine difficulté à ce que les dés le dépossèdent de ses choix de joueuse pour la conception du personnage, et notamment que la classe de personnage lui soit imposée ou que les caractéristiques soient déterminées aléatoirement sans qu’il ait la possibilité d’exercer des choix sur la répartition.
Nous avons longuement discuté et avons convenu de reprendre au début, sans s’attacher à ce qui avait été préalablement élaboré.
Cette fois-ci, nous avons suivi la création de personnage de façon mécanique puis après Gabriel s’est interroger pour transcrire les attributs du personnage en une ébauche de personnalité.
Gabriel joue La Taupe
Un surnom La Taupe, mais elle ne se souvient pas de son nom véritable.
Plutôt petit avec des traits androgynes. Il est mince. Assez mauvaise vue, doté en revanche d’un excellent odorat. Il sait lire dans le cœur des gens. C’est un coureur de fond.
Viande 9 Os 11 Nerfs 9 Tripes 11 Crâne 10 Gueule 13 (+1) PV 6, penchant : ordre , malédiction : la tuerie ;
1 objet mémoriel : statuette de calcaire [Vénus de Willendorf]
2 relique : lampe torche
3 dix caps
4 arme : une hache de pierre polie dégât 1D6
état : au supplice
Son handicap ne lui est pas connu, à son choix. Il contamine son entourage.
Nous jouons en forêt de Compiègne, aux abords de Saint Jean aux Bois, à trente kilomètres de chez nous.

J’ai présenté une carte IGN de grande randonnée découpée pour ne pas laisser apparaître la mention de la ville de Compiègne, qu’il connaît fort bien. A l’issue de la partie, il m’a dit que nous devions être en Alsace.

La compagnie a essuyé des pluies diluviennes qui chassent le gibier qu’ils ont coutume de charogner loin de leurs territoires habituels.
Introduction : Le Passeur, les guide en barque depuis plusieurs jours, dans un paysage méconnaissable de forêts noyées sous les eaux turbides de l’Isara (Oise), qui a quitté son lit. La Fouine une jeune fille gracile que l’on repère à sa lance au milieu des hautes herbes a fini par repérer un groupe d’Auroch égarés.
Alban, le beau ténébreux qui fait office de capitaine, a lancé la chasse. En pointe, avec La Fouine ils se sont approchés d’un jeune impavide qui broutait loin du troupeau et surtout loin du mâle dominant. Las ce dernier a fondu sur eux et embroché la pauvre Taupe.
En dehors des figurants déjà évoqués ce groupe de charognards opportunistes comprend Aleko, un gars efflanqué, bordé par deux primitifs Gaïus et Cernos que la troupe a recueilli depuis peu, La Tige, un géant taciturne, maigre comme les ajoncs qui ont poussés alentours sous les pluies diluviennes, toujours attaché au pas de Roussotte, une fille à la peau cuivrée et la chevelure de feux, couverte d’un entrelacs de fougères et de lierres savamment tressés.
Depuis, la compagnie a erré sur sa barque au milieu du décor désolé cherchant une berge pour accoster à pied sec et trouver à manger.

[Alban est un jeune homme à la beauté ténébreuse, à chevelure d’un noir intense qui cache à tous sa nature de Corax. Il est épris de Roussotte, une maletraite qui cache sous le lierre de sa robe champêtre des ailes diaphanes. Elle est possédée par l’esprit de KIERDIUS, le plus vieux chêne que compte la forêt et nantie d’un souvenir trompeur d’un havre de paix, sous forme d’une demeure paisible au bord de l’eau que domine un arbre à mémoire centenaire. Elle n’est pas insensible au charme du Corax, mais son esprit est accaparé par sa quête que s’emploie à satisfaire son soupirant.

La Tige est simple et droit. Et il ne plie pas comme le roseau mais ne saurait se résoudre à avouer l’amour qui le consume. Il est éperdument amoureux de Roussotte et fera tout pour la préserver et paver son chemin de roses. Aleko le tueur a pour serviteurs Gaïus, un primitif qui attire les spectres et Cernos, un dévot, qui sent une ombre se profiler sur eux, mais sans pouvoir en identifier la source.

La Fouine est très jeune, elle est mal entendante. Le Passeur est un maletrait qui dissimule sa difformité (un troisième bras replié sur son ventre) aux autres et s’attache à les protéger]


Notre aventure débute à presque aube. Alban presse La Fouine de trouver la trace du troupeau de les mener vers la prairie, où selon la carte du Passeur se trouve la demeure que cherche son aimée. Ils caracolent loin devant. Bien vite La Taupe se laisse distancer. Aleko et les siens poursuivent leur chemin et rattrapent leurs devanciers tandis que Le Passeur rebrousse chemin et s’enfonce au cœur des bois. La Taupe s’adosse à un arbre et se trouve entouré de La Tige et de Roussotte. Il souffre et peine à respirer, en raison de ses côtes enfoncées. D’une main leste, La Tige lui applique le cataplasme qu’à préparé Roussotte et masse la plaie puis lui interdit tout mouvement. De sa grosse voix il le somme de dormir maintenant. La Taupe navigue entre conscience et inconscience. A un moment Roussotte congédie, manifestement alarmée leur ami et s’allonge contre La Taupe que la fièvre taraude. Il grelotte. Il a froid. Elle se love contre lui et le réchauffe. Il sent à son réveil, à l’aube, une odeur qui flotte contre son corps. Une fragrance entêtante que les suées de sa souffrance dissipent trop tôt. C’est le parfum qui flotte après le mois de Péril qu’ils traversent, lorsque les fleurs sont toutes épanouies et que les insectes butinent avidement.
Roussote plus loin accroupie observe quelque chose dans les ronciers en contrebas du fossé.
Après s’être assuré que son compagnon a recouvré sa lucidité elle ouvre la marche et lui demande de semer les cornouilles qu’elle lui a confié, une tous les trente pas.
Elle file devant lui et bientôt se fond dans la masse buissonnante. Seule son pas rapide, l’éclair de sa chevelure rousse lui donne la direction à suivre. Et il sème ses cornouilles. Elle lui a dit avec un regard malicieux que cela saurait le décider à les suivre.
Bientôt, alors que l’aube étend ses couleurs sur le sous bois, même le raffut de Roussotte s’éloigne de lui. Il est à nouveau à la peine, lorsqu’il entend un craquement sinistre sur sa gauche.
Dans les buissons deux gaillards se dissimulent, armés qui d’une javeline qui d’une épée.
Ils se jettent sur lui en hurlant. L’homme jette son javelot que La Taupe esquive lestement, tandis que le second se rue dans sa direction avec la ferme intention de l’étêter.
La Taupe évite la frappe cinglante, le second s’empare de son poignard et se fend sur sa droite.
La Taupe l’esquive et jette sa hache sur le bretteur. Hélas, dans la précipitation elle se fiche au sol, la lame de l’épée lui fouaille les chairs et tinte sur son crâne.
Il choit, mais demeure conscient, se redresse et s’empare de sa hache pour fracasser le menton de son assaillant qui le toise. Celui lui assène un nouveau revers de sa lame d’un bruissement de fer et de sang, puis s’effondre dans un râle, la tête la première à ses côtés.
Le Passeur essuie sa lame acérée sur le cou de l’assaillant.
Bientôt, La Roussotte le rejoint et suture à vif sa plaie béante au torse.
La douleur le transperce mais il tient bon et la surmonte, songeant au fil de la lame fondant sur lui, qui aurait du lui ôter toute vie. Il forge ce souvenir au son qu’à produit la perfide créature de fer en ouvrant ses chairs, il enchâsse cette horreur au coeur de son crâne, pour que jamais il ne souffre à nouveau pareillement.

La Taupe a perdu 1 point de tripe et se trouve à nouveau aux abois avec 1 PV à l’issue de ce second quart.

Nous avons joué une heure, deux quarts et deux péripéties.
Gabriel était très réceptif et très enthousiaste
J’étais Au supplice, loin de tout confort (mon pc m’a lâché et nous avons joué à l’ancienne avec une copie qualité brouillon de tes notes, sans ambiance sonore, sans support iconographique).
J’ai joué les mouvements (bruité). J’ai rudoyé Gabriel pendant la passe d’armes. J’ai par contraste posé ma main sur la sienne, dans le quart d’offrande / récompense ou Roussotte lui tenait chaud.
Je pense que les réserves de Gabriel quant à l’OSR sont levées et que les émotions étaient au rendez-vous.
Nous devrions jouer la suite demain soir.


Commentaires de Thomas :

A. Un grand merci d’avoir playtesté Ecorce avec les moyens du bord ! Je retrouve les règles et l’ambiance que je voulais, du moins dans ce que je peux voir, puisqu’en une seule séance vous n’avez pas tout déployé.

B. La création aléatoire de personnage peut être frustrante, j’en conviens. Elle sert plusieurs buts :
- prolonger le principe de D&D1 où on tire ses caractéristiques au hasard
- rendre la création plus rapide
- limiter l’optimisation
- rappeler le fait que le personnage est amnésique et se découvre lui-même.
Est-ce qu’à l’issue du test, Gabriel s’est réconcilié avec la création aléatoire ?

C. Petite entorse aux règles des créations : La Taupe démarre avec quatre items tirés au hasard, ça c’est tout à fait correct. Mais tu adjoins un servant. En théorie, un personnage ne peut démarrer avec un servant que s’il en a tiré un ou plusieurs parmi ses items tirés au hasard.

D. Je trouve que mentionner le nom des quarts de journée dans le récit rajoute à l’ambiance:)

E. Très sympa que tu aies repris le concept des cartes IGN pour jouer ! A moins que tu tiennes à cette carte, vous pouvez gribouiller dessus au fur et à mesure de vos explorations.

F. Autre customisation possible : celle de la feuille de personnage (voir exemples en pièces jointes).

G. Est-ce que c’est Gabriel qui a défini le type d’aventure désiré comme le prévoit le jeu ? (en gros, la quête de son personnage ; l’aventure désignant une quête commune quand il y a plusieurs personnages)

H. Quand je crée une communauté pour Ecorce (ce que tu as fait), en général, je laisse chaque joueuse décrire un figurant, et j’en rajoute pour arriver jusqu’à 6. Là, je note que vous avez décrit 8 figurants dans la communauté. Qui les a décrits ?

I. Est-ce que tu as tiré des péripéties pour déterminer ce qui se passait durant ces deux quarts de jeu ?

J. Les brigands tendent une embuscade à La Taupe. Si j’avais dû gérer cette scène, j’aurais décrit la zone en indiquant un petit indice de la présence des brigands (par exemple : les arbres sont en fleurs et dégagent les mille effluves du printemps. Quelque chose brille dans les feuillages) et si le joueur omet de relever le détail et d’enquêter dessus, alors je réussis mon embuscade (sauf si le personnage est au abois, dans ces cas-là on tire l’initiative au d6 comme un combat classique). Comment as-tu procédé ?

K. Tu omets de préciser si les personnages ont récolté du butin sur les brigands. En théorie, le figurant qui a tué un brigand aurait dû récupérer un souvenir de celui-ci (et dans ces cas-là, je tire au d6 : sur 1-3 c’est un souvenir qui apporte un renseignement directement utile, sur 4-6 c’est un souvenir non lié à la scène, mais qui peut apprendre autre chose et peut dans tous les cas être revendu) et aussi se prendre un choc mental et perdre des PV (0 pour un tueur, 1 pour un sorcier ou un figurant sans classe, 2 pour un idolâtre). Je permets aussi aux personnages de récupérer le matériel qui a été précédemment décrit sur les victimes (ici, les armes de brigands) et une fouille permet de trouver un item supplémentaire tiré au d20 sur la même table que celle de création de personnage. Comment as-tu géré de ton côté ?


Réponse de Claude :

B. Gabriel a accepté la contrainte et commence à en voir le fruit au travers de la fiction que nous avons déployé. Sa frustration majeure résidait dans la détermination de la malédiction. Après explication, cela lui convient.
C. Il n'a pas de serviteur, c'est Aleko, un figurant qui en a. Dans le cas du premier personnage, Alessandar, il avait un serviteur parmi les 4 matériels déterminés. Nous l'avons créé ensemble et il avait lui même deux serviteurs (que j'ai créé sans rien lui communiquer), c'est la pièce rapportée au groupe que nous avons conservée.
E. C'est déjà fait et elle a été vieillie au café au préalable. J'ai prévu une carte des Vosges de GR pour un autre setting.
G. Il a opté pour du bac à sable, avec la simple volonté de recouvrer ses souvenirs que l'adversité lui a dérobé (ce qui est déjà ambitieux)
H. Gabriel en a défini trois Aleko, Le Passeur et La Tige
I. Oui Récompense puis embuscade la compagnie est attaquée par un groupe qui protège une déité horla
J. Il était alors aux abois et les a repéré avant qu'ils ne le comprennent, mais n'en n'a pas tiré avantage
k. Il a récupéré un souvenir immédiat. Ce ne sont pas des brigands, mais des dévots qui protège l'arbre mémoire des impies qui viennent souiller le sol. Le Passeur a récupéré l'information, mais nous avons a finir le quart et déterminer ce qu'il communique à La Taupe. Je n'ai pas joué cela au hasard, je considère que le gaillard qu'il a trucidé sournoisement était tout entier à sa fureur assouvie d'avoir éliminé un mécréant. Quant au second je ferai le test selon ton indication. Et désormais, le Passeur est dans un sale état. Ce n'est plus de son âge dira t il à La Taupe
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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