[Sève] Sœurs tisseuses

Pour poster les compte-rendus de vos parties
thomas munier
Messages : 948
Inscription : 02 févr. 2017 16:28
Prénom : Thomas

[Sève] Sœurs tisseuses

Message par thomas munier » 14 avr. 2019 17:16

SŒURS TISSEUSES

Premier test de la nouvelle version de Sève, enregistré et narré par Claude et Gabriel Féry. La confrontation avec des araignées entraîne l’effroi et le dépouillement de deux enfants perdus dans les bois près des hortillonnages de leur communauté.

Le jeu : Sève, un jeu de rôle Millevaux pour pencher entre sa survie, sa mémoire et son humanité, par Claude et Gabriel Féry

Joué le 25/11/2018

Lire / télécharger le mp3

Image
John Getchel Photography, cc-by-bc, sur flickr.com


La partie :

Nous avons joué à Sève en mode carte rouge [Note de Thomas : c'est-à-dire sans MJ].
Gabriel a joué Coeur de Bois, une variante de son personnage de la première mouture de Sève égaré avec l'Asticot, égaré dans les bois qui bordent la communauté des Brimbeux.
Quinze minutes pour exposer le propos et les modalités de jeu.
Trente minutes pour créer nos personnages que nous avons mis en jeu sans nous révéler quoi que ce soit de ceux-ci sinon nos noms.

Nous avons joué la découverte d'un souvenir et curieusement Gabriel après avoir défini la menace, a choisi la métis et c'est l'Asticot qui terrorisé par ce que lui suggérait son compagnon a tout risqué et bien perdu.
Au dé j'ai obtenu un score de 13 mais pour avoir misé six attaches et Gabriel une j'ai perdu six attaches, mon arrosoir de zinc, (je suis le petit jardinier de la communauté), ma sarbacane, ma précieuse boite à musique, mon violon, mon surnom même. Je suis maintenant Le Boiteux, une vilaine morsure d'une sœur tisseuse me gangrène la cuisse droite, j'ai confectionné une canne à l'effigie de mon ennemie, découpé l'écorce d'un bouleau pour y tracer de mémoire recouvrée la carte que m'avait confié l'ancien et que j'avais perdu, la carte qui doit nous mener à l'île de Kew où nous trouverons les graines pour faire renaître la communauté. Coeur de bois m'a offert un magnifique cheval gravé dans l'os pour me protéger.

Trente cinq minutes de jeu intense en émotions. Une histoire simple mais qui nous a ému.
Gabriel lors du bilan provisoire considère que la mue est réussie.
Son intuition n'est pas trahie par ma posture.
Je pense la modalité de jeu efficace.
Toutefois, car il y a un mais un gros mais :
Alors même que je lui ai remémoré qu'il était dans le propos du jeu de jouer les souvenirs [gagnés en perdant des ancrages ou des points de sève], je n'ai pas joué les souvenirs recouvrés.
Une erreur qui m'est imputable et nous a privé d'une bonne partie du plaisir de jeu.
En somme une session, une chute comme l'appelai Gabriel devrait se jouer en une heure sur trois phases successives, exposition, confrontation introspection (exploration du souvenir)
Nous n'avons joué que les deux premières phases.
Voilà pour le bilan provisoire


Questions de Thomas sur la deuxième version de Sève :

A. J'ai lu ton document, c'est intéressant.

Est-ce Gabriel ou toi qui as mis la seconde main sur ce texte de jeu ? Je reconnais davantage ta patte.

B. En l'état, j'ai un peu de difficultés à voir comment on joue dans le détail, il me manquerait sûrement des exemples.

C. De même, je me demande si le jeu est encore assez simple pour être joué en cour de récré comme c'était prévu au départ. Quelle est l'amplitude actuellement prévue pour ce jeu ? One-shot court, long, campagne ?


Réponse de Claude :

A. Nous avons relu ensemble la première mouture.
Il m'a raconté ses parties
Elles se sont déroulées en une campagne décousue où ils jouaient divers épisodes sans se préoccuper de cohérence temporelle
Ils étaient joués dans la rue en marchant
Il n'a pas utilisé ses règles mais conservé le principe de la souffrance suscitant le souvenir appliqué à Inflorenza Minima
Mais ils utilisaient un d20 pour les phases de résolutions
Il a joué sans meuji, mais il aidait l'autre joueuse
Son personnage avait un cœur de bois et sonnait les cloches lorsqu'il éprouvait une émotion
C'était la première exposition à Millevaux de l'autre joueuse qui a adoré


J'ai rédigé un premier jet de ma mouture qu'il a lu, commenté, amendé

Je lui ai indiqué les points que je souhaite conserver et la raison

1) des enfants il est d'accord et nous voyait déjà jouer avec Xavier (10 ans)
Une heure avant il râlait après son frère qui lisait une de ses bd et lui demandait ce que c'était un corps mutilé
Sa réponse fut : "t'es trop jeune ce texte n'est pas pour toi"
2) un dé pour la phase de résolution afin de permettre la distanciation chère à Mathieu. Pas d'objection.
3) un système qui récompense la collaboration et la créativité des joueuses. pas d'objection.

J'ai ensuite rédigé la mouture que je t'ai communiquée.

B. J'en rédigerai à l'issue de la première phase de jeu.

C. Le matériel est succinct au départ : neuf ancrages.
Cela tient sur un bout de papier.
Un d20.
Le mode de jeu de Gabriel pourrait être maintenu.
Nous jouerons quant à nous sur table, sans Mathieu qui rentrera dans la matinée d'une soirée entre potes.
One-shot ou campagne selon l'intérêt des participantes.
Nous jouerons probablement l'enfance de Dushan, le personnage de Gabriel de la session Mala.


Réponse de Thomas :

A. J'aime beaucoup le dispositif de Gabriel de jouer en marcher-parler. C'est super. J'aurais aimé connaître une telle façon de jouer au jeu de rôle quand j'étais au collège ou au lycée. Le cœur de bois qui fait sonner les cloches, c'est vraiment super.

Si je comprends bien, dans la version actuelle, tu résous au d20 et sur un raté, tu peux acheter une réussite en sacrifiant un de tes ancrages ?


Réponse de Claude :

Oui mais...
Tu mises les ancrages qui peuvent relever de la scène.
Tu dispose de 9 ancrages au départ.
10 moins le nombre d'ancrages misés détermine l'ajustement à pratiquer sur le résultat du jet. Tu peux associer les ancrages d'autres Mômes
Pour parvenir à tes fins le résultat final doit être supérieur à 15.
La marge d'échec détermine le cas échéant le nombre d'ancrages ou de points de Sève perdus. Tu gagnes autant de souvenirs.
Alternativement tu peux recourir à la ruse, la duplicité. Tu narres alors l'issue bénéfique mais tu ne recouvre aucun souvenir.
Pour gagner de la Sève ou en recouvrer tu créés un objet qui suscite du bien-être chez un être vivant.

En sus chaque môme dispose de 20 emplacements pour tous ses ancrages, ses souvenirs ou souffrances
Les souffrances bouffent les ancrages et peuvent comme les souvenirs être convertis en ancrages mais ils infligent de la souffrance à la victime (perte de sève, parfois la nature humaine est mauvaise)


Retour de Thomas après écoute de la partie :

A. Merci pour cet enregistrement et pour ce nouveau voyage dans votre Millevaux personnel !

B. Tu dis que tu n'as pas fait jouer de souvenirs suite à la souffrance de l'Asticot, mais ceci dit suite à sa boîterie, il se rappelle le vieux grincheux de la communauté qui s'était confectionné une jambe de bois.

C. On peut dire qu’il y a une école Féry du roleplay, cette manière de partager la narration en restant toujours du point de vue du personnage, en faisant beaucoup passer d’infos sur l’action par le dialogue entre persos

D. Par rapport à votre debriefing, et pour revenir sur le caractère initial de jeu en marcher-parler qu'avait Sève, ça me rappelle Inflorenza A Cappella, plus adapté car moins de choses à retenir (donc pas besoin de feuille de perso alors que dans Sève 2 ça me semble indispensable), et au lieu d'un d20, c'est un d6 avec un système d'énumération qui permet de faire un tirage aléatoire sans avoir de dé.


E. Lors du debriefing, vous évoquez le "joueur poétique" et tu l'attribue à Eric Nieudan. Je crois plutôt que vous faites référence au "jouer poétique" de kF.

F. J'aime assez le fait que la joueuse ait le choix entre recourir à la métis (résolution de la situation en pur narratif, sans encombre pour le personnage mais sans gain de souvenir) ou au dé (prise de risque pour le personnage, mais gain de souvenirs en cas de souffrance). Ceci permet à la joueuse de calibrer où se situent les réels enjeux pour son personnage. C'est aussi présent dans Inflorenza (la joueuse a le choix de résoudre une situation en pur narratif ou en lançant les dés), et même dans Inflorenza Minima on peut résoudre des situations en pur player's skill, sans avoir de prix à payer (bien qu'il soit recommandé de ne pas en abuser). Je pense que vous avez atteint le pas de côté dans la résolution tel que vous le recherchiez ou du moins tel que je l'envisageais lors de nos échanges à ce sujet.


Réponse de Claude :

B. Je voulais dire par là que j'avais plusieurs souvenirs et que chacun aurait du donner lieu à une mise en jeu avec Gabriel sous forme de flachebaques jouables. A mon sens la simple mention est insuffisante. Cela doit devenir un jeu dans le jeu.

E. Oui toutes mes excuses.

D. Oui, Gabriel avait suivi ton conseil émis sur Sève 1 et jouait un Inflorenza Minima avec le paradigme particulier de Sève posé et le souhait de la jeune joueuse d'alors (Vincent la Fripouille) d'avoir un repère en matière de jdr, un dé.
De fait, il jouait avec son D20 à Inflorenza A Capella, car le D20 était un dé oui non bizarre bidouillé à deux.

Merci de tes commentaires et de ton écoute
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

Répondre