[Systèmes Millevaux : Don't Rest Your Head] La Maison Carogne

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thomas munier
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[Systèmes Millevaux : Don't Rest Your Head] La Maison Carogne

Message par thomas munier » 06 juin 2019 08:51

LA MAISON CAROGNE

L’Ange Corso finit par perdre le contrôle de son éveil… et va se confronter à un lieu cauchemardesque.
2ème campagne Millevaux solo multi-jeux, 3ème opus. Un récit par Damien Lagauzère !


Le jeu principal de cet épisode : Don’t Rest Your Heads, de Fred Hicks, cauchemars ou nuits blanches
Autres jeux utilisés : Quill, Cœlacanthes


Avertissement : contenu sensible (voir détail après illustration)


Parties précédentes de la campagne :

1. [Don’t Rest Your Head] L’ange perdu dans les cauchemars.
Damien Lagauzère nous offre un copieux exposé de sa façon de procéder. Dans cet épisode-pilote, un grand nombre de jeux et d’aides de jeux sont mis à contribution !

2. [Don’t Rest Your Head] La bête dans la caverne.
L’ange Corso fait parler la poudre dans cet épisode riche en monstres de toutes sortes, des plus anonymes aux plus sensuels.

Image
Road less trvled, cc-by-nc, sur flickr.com


Contenu sensible : tentative d’agression sexuelle sur un enfant


L’histoire :

Corso est toujours dans les Forêts Limbiques quand il trouve la réponse laissée pour lui par ses frères et maîtres. Il se réjouit d'apprendre que les nouvelles sont bonnes. Il est également rassuré qu'on ne lui tienne pas plus rigueur que ça de la venue du Lieju.
Les inquisiteurs et exorcistes ne savent rien à propos du Déchireur de Peau et de cette menace de famine qu'il fait planer. Toutefois, les vivres laissées par Corso sont autant de précautions nécessaires face aux Cœlacanthes. Par contre, ils ont mené leur propre enquête concernant Ant Off et son Carbon Cult.
Ce Carbon Cult serait en fait une véritable et terrifiante armée. On en reconnaît les membres à l'anneau bleu qu'ils portent à la main gauche. Quand ils se déchaînent, on les compare à une nuée d'insectes laissant libre cours à leurs instincts. Ils avancent parfois par petits groupes indépendants mais peuvent aussi se fédérer en une armée beaucoup plus impressionnante.
Ant Off, leur chef incontesté, est un serviteur de Shub'Nigurath dont on dit qu'il vit quelque part au fond des bois de Millevaux. Certaines rumeurs disent qu'il ne quitte plus sa cachette en raison d'horribles mutations qui l'auraient rendu fou ou impotent selon les versions. Dans tous les cas, ses hommes continuent de sillonner Millevaux, se livrant au pillage et répandant sa « bonne » parole.
En tant que serviteur de Shub'Niggurath, il ne serait guère surprenant qu'il envoie son armée prêter main forte aux Cœlacanthes.

Jet sous CONNAISSANCE pour savoir quel type de danger l'attend sur ce territoire.

6- : Corso n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tirer 3 cartes pour évaluer le Tourment lors de sa 1ère confrontation avec les Gargouilles. De plus, il a trouvé certaines traces laissant penser que le Lieju le poursuit.

7 à 9 : Corso a déjà entendu certaines rumeurs sur le brouillard régnant ici et les créatures qui le peuplent. (cf Guide Occulte de Londres). De plus, il a trouvé certaines traces laissant penser qu'il est suivit (Par qui ? Par quoi ? L'enfant du sorcier de l'Orz ?).

10+ : Corso a déjà traversé ce territoire. Il sait exactement à quoi s'attendre et est sur ses gardes. Tirer une seule carte pour évaluer le Tourment lors de sa 1ère confrontation avec les Gargouilles.

J'ai obtenu 10.

Corso va donc traverser le territoire des Brumes à la recherche d'informations concernant le Déchireur de Peau.

Antagoniste : Les Gargouilles.

Corso a le sentiment de s'être perdu dans la forêt. Au détour d'un bosquet s'ouvre une clairière au centre de laquelle se dresse un autel chamanique. la Brume se lève. Il est temps de se poser pour évaluer la situation. En effet, Corso a déjà traversé ce territoire. Il sait qu'avec la Brume viennent les Gargouilles. Il est donc sur ses gardes, prêt à en découdre.

Tout est silencieux. Pourtant, Corso est sur ses gardes. Il sait quel danger recèle la Brume. Mais avant tout, il s'approche de cet étrange autel. Il est composé de branchages liés entre eux par des cordes et de la terre. Sur des plaques d'écorce, il parvient à déchiffrer quelques unes des inscriptions qui n'ont pas été effacées par la pluie, le vent, le temps.
Cet autel a été érigé par un Chaman du clan des Arbres. Les mots à demi effacés racontent l'histoire d'un autre chaman de ce même clan, un certain NoAnde. Il serait devenu fou, serait mort, serait devenu un serviteur de Shub'Niggurath. Il serait responsable de cette tuerie dont ont été victimes les membres du Clan des Arbres.
Corso ne sait pas ce qu'il doit penser de tout ça. Il est fatigué. Il ne connaît pas ce clan. Il n'en a jamais entendu parler. Et on dirait bien que plus personne n'en entendra jamais parler. Pourtant, cet autel est bien là. Un survivant a bien dû l'ériger. Ce n'est pas seulement un monument pour rappeler à tous que ce Clan a existé. Non, des rites ont bien été accomplis ici-même. Il a l'impression que cet autel est déjà ancien. Pourtant, il cherche des traces récentes, n'importe quoi qui pourrait attester que quelqu'un s'est livré aux rites sacrés du Clan des Arbres récemment.
Aucune trace de rituel mais des traces tout de même. Oui, Corso en est certain, quelqu'un est venu il y a peu. Et s'il devait revenir ? Doit-il attendre ? Au risque d'attirer les Gargouilles ? Qu'elles viennent, il est prêt. Il se remet aux commandes de son exosquelette de combat et attend.
L'attente est finalement brève. Les gargouilles ne sont pas spécialement discrètes. Et alors que la brume a tendance à réduire son champ de vision, il entend nettement les pas des monstres. Il braque ses canons dans cette direction. Dès qu'il apercevra la moindre silhouette, il tirera.
Les gargouilles ne s'attendaient pas à ça. Corso fait feu. Leur peau écailleuse se déchire, leur chair vole en éclat. Le sang gicle. Et ce ne sont que des fragments de roches qui tombent au sol. Corso ne sait pas combien de temps il a passé, les doigts figés sur les commandes de tir, mais il se sent bien. Paradoxalement, il se sent frais et dispos, reposé, apaisé. Un étrange sourire se dessine sur son visage. Il est lui-même surpris par la sensation que lui procure ses muscles faciaux. Cela faisait donc si longtemps qu'il n'avait pas souri de la sorte ?
Corso se détache de l'exosquelette et laisse les canons refroidir. Il sait qu'il est ici pour trouver des informations sur le Déchireur et le Carbon Cult mais il se rend compte qu'il n'a finalement aucune idée d'où se rendre, de qui trouver. Il a alors une idée. Et si les rituels du sorcier pouvait l'aider ? Après tout, peut-être que l'Habit Noir est lui aussi venu par ici. Ce serait l'occasion d'en apprendre un peu plus.
Il s'assoit, dos à l'autel et sort les Documents du Bureau S. Il se concentre et lit à haute voix les imprécations d'un sort de localisation. Oui, il y a bien une créature de Dieu dans les environs. Mais ce n'est pas un démon. C'est un ange. Un autre ange. Pas comme lui. Pas tout à fait. Peu importe, il doit le trouver. Maintenant ! Il saute dans l'exosquelette et se met en marche, le plus vite qu'il peut, dans la direction indiquée par le sort.
Après quelques dizaines de minutes d'une marche plus ou moins aisée dans les sous-bois, Corso arrive en vue d'un bivouac. À côté d'un feu est assis un homme dans des vêtements manifestement trop grands. Il porte un bonnet de laine noir. Ses traits sont durs. L'homme est sale. Son visage est recouvert de suie et de boue. Ses vêtements sont également recouverts de boue et de feuillages. On dirait que l'homme est mal rasé, mais Corso n'est pas dupe. Ce n'est qu'un maquillage malhabile. Peut-être qu'un autre se laisserait berner par cette apparence et cet accoutrement, mais pas lui. Non. Malgré ses efforts pour cacher son identité, Corso reconnaît cet ange. Ou plutôt cette ange. Edes Alom, ange au service de Blandine, Archange des Rêves. Avant la fuite de Dieu, ils n'avaient jamais eu l'occasion d’œuvrer côte à côte. Mais après, leurs chemins s'étaient croisés. Ils s'étaient séparés porteurs de quelques cicatrices supplémentaires. Corso pensait être plus déstabilisé par cette rencontre. En fait, la joie l'emporte. Mais, alors qu'il s'approche, il remarque qu'Edes demeure impassible. Est-elle toujours la même ? L'a-t-elle seulement reconnut ?
« Edes ? C'est moi, Corso. Tad Corso. Je servais sous les ordres de Joseph, Archange de l'Inquisition. »
Alors, le visage de l'ange s'ouvre et, dans son dos, se déplient ses larges ailes. Celles que Corso n'a plus.

Soudain, des flashs s'imposent dans le crane de Corso. La forêt. Une caverne. Un cœur humain.
Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est l'épée-démon qui le met en garde. Contre quoi ? Contre Edes ?
L'ange de Blandine fixe Corso et cligne des yeux. L'ange de Joseph se sent défaillir. Elle vient de tenter de... l'endormir.
Corso se saisit de l'épée-démon et fonce vers son (ancienne?) amie, l'arme pointée vers son cœur. La lame traverse la poitrine de l'ange. Corso stoppe son geste. Il imprime un léger mouvement du poignet afin qu'Edes comprenne bien que sa vie ne tient qu'à un fil.

« Et maintenant, si tu veux ne serait-ce que conserver l'espoir de vivre, tu vas répondre à mes questions. Ensuite, je te sauverai. »

Son regard plonge dans celui d'Edes, à la recherche d'une lueur, n'importe quoi qui pourrait lui rappeler le passé et lui donner un début d'explication quant au fait qu'elle vient de tenter de l'endormir, lui, l'ange éveillé.
Tenant toujours fermement la poignée de l'épée-démon, il pose sa main gauche à plat sur le front d'Edes. Celui-ci est chaud, si chaud. Corso en appelle alors au pouvoir de l'archange Joseph et s'apprête à explorer les tréfonds de l'âme d'Edes Alom, à faire ressurgir des souterrains de sa mémoire les raisons de son comportement, les vérités qu'elle souhaite tant cacher. Corso est convaincu qu'elle a agit sous l'influence néfaste de la forêt. Ainsi, il interprète les flashes de l'épée-démon. Il devait viser son cœur pour fait émerger la vérité et la libérer de l'emprise de Millevaux. C'est forcément ça.

« Edes, que fais-tu sur le territoire des Brumes ?
Je t'attendais, Corso. Tu es en retard.
Comment ? Comment savais-tu que je devais passer par là ?
Tu traques les membres du Carbon Cult, n'est-ce pas ?
Que sais-tu sur le Cult et Ant Off ? Parles !
Nous sommes leurs proies, Corso. Ils veulent nous éradiquer. Nous finir. Au-delà des Horlas et des serviteurs de Shub'Niggurath, les Cœlacanthes...
Que sais-tu des Cœlacanthes ?
Ils sont la dernières étape. Après, ce sera la folie totale, définitive. Pire que tout ce qu'Abalam lui-même a jamais pu rêver. Le rêve, Corso. Le cauchemar. Tu dois rêver.
Quoi ? Pourquoi ? Pourquoi je dois rêver ?
Ce n'est... pas... clair. Je sais, Corso. Tu es l'ange éveillé. Celui qui ne peut ni ne doit dormir. Mais tu dois pourtant rêver pour voir et savoir. C'est dans le cauchemar que tu combattras les Cœlacanthes. C'est là qu'ils sont, dans le cauchemar...
Et le village ? Que font-ils au village s'ils sont dans le cauchemar ?
C'est le dehors, Corso. Tes frères et maîtres tentent de les maintenir à l'extérieur. Mais toi, tu dois les combattre de l'intérieur. »

Edes sourit. Elle ferme les yeux et rend l'âme. Elle s'en retourne maintenant au paradis. Du moins Corso en est-il convaincu. Mais il avait encore tant de questions à lui poser. Elle savait. Elle savait des choses et il l'a délivrée... trop tôt. Et cela, à cause de cette maudite épée-démon.
Corso retire la lame du corps de son amie. Il contemple le reflet de son regard dans la lame. Il voit ses yeux... et le sang coulant de l'épée-démon.

« Es-tu satisfait ? C'est bien cela que tu voulais ? Tu voulais que je la libère... que je la tue avant qu'elle ne m'en dise trop c'est ça ? »

Une voix suave résonne dans son crâne.

« Tout doux mon ange. Demandes toi plutôt pourquoi a-t-elle tenté de t'endormir alors qu'il lui suffisait de te révéler ce qu'elle savait... »

Corso grimace. Il sait pourquoi. Il sait pertinemment que jamais, quoi qu'elle ait pu lui expliquer, il n'aurait accepté qu'elle l'endorme car, au-delà de la nécessité de combattre les Cœlacanthes, il a... peur de dormir. Et ça, Edes devait le savoir.

« Tu m'as manipulé, épée de malheur. J'aurais pu en apprendre plus.
Non ! Je t'ai protégé. Grâce à moi, tu ne t'es pas retrouvé dans un cauchemar aux prises avec les Cœlacanthes. Et quoi que tu en pense, tu as quand même obtenu des informations. Et en plus, tu as sauvé ton amie de Millevaux, non ? »

L'espace d'un instant, Corso a envisagé d'utiliser les rituels du Bureau S contre l'épée-démon, pour la contraindre à lui obéir, à lui faire des révélations, mais... et si elle avait eu raison ?
En tout cas, il semble bien que le Carbon Cult serve la cause des Cœlacanthes. Et si Edes a raison, il va falloir qu'il accepte de dormir. Mais avant, trouver les Déchireurs de Peau.

Corso se saisit de l'épée-démon. Il la tient de sa main droite et plaque la paume de sa main gauche sur la lame.

« Et toi, l'épée ! Tu semble en savoir plus que tu ne m'en dis. Dans le crane de Corso, l'épée-démon gémit.

« A ton tour de parler maintenant. Et plus d'images confuses. TU. VAS. PARLER. Qui t'as mis sur mon chemin ?
Tu t'en doutes maintenant Corso. La magicienne, bien sûr.
C'est-elle qui m'a maudit ! Qui a fait de moi un Éveillé. Pourquoi ?
C'est ainsi seulement que tu peux rejoindre le monde de cauchemar des Cœlacanthes.
Mais pourquoi ne m'avoir rien dit ?
Le Tao, Corso. La Voie. Tu dois te laisser porter par la Voie. Si tu sais, tu vas essayer d'aller à contre-courant. Et si tu vas à contre-courant, tu joue le jeu des Cœlacanthes. C'est en aveugle que tu dois avancer vers ton destin. Tu dois l'accepter comme tel.
Vais-je mourir ?
Je ne sais pas, Corso.
Et le Déchireur de Peau ?
Je ne sais pas trop Corso, vraiment. C'est un être corrompu. On l'appelle ainsi car il est vecteur de famine et, quand il en a fini, ses victimes sont telles que leurs propres os déchirent leur peau. »

L'épée-démon se tait et Corso comprend qu'il n'en saura pas plus. Il doit accepter son destin. Il doit avoir confiance. Finalement, peut-être que Dieu ne les a pas abandonnés. C'est Sa façon de le guider. Il doit accepter les choses telles qu'elles se présentent. Il ne doit pas chercher à les forcer, à aller à contre-courant. Non, le tao dont parle l'épée-démon, c'est Dieu lui-même. Corso doit se laisser guider par Dieu. Oui, c'est ça. C'est sûrement ça.
Il s'assoit contre un tronc d'arbre et se laisse aller à penser. Le Carbon Cult, une armée. Le Déchireur de Peau, la famine. Cela ressemble à 2 des cavaliers de l'Apocalypse. Et on dirait bien qu'ils marchent vers le village défendu par ses frères et maîtres. Logiquement, il devrait y en avoir deux autres.
Puis ses pensées sautent. Il se demande ce qu'il fait là, dans le Territoire des Brumes. Cet endroit lui a été présenté comme le lieu où il apprendrait des choses. Et si, finalement, il venait précisément de les apprendre ? Peut-il alors envisager de reprendre sa route ? Et si sa prochaine étape était... un cauchemar ?

Corso a l'impression qu'il va s'assoupir. Après avoir digéré ces dernières révélations, il est prêt à accepter de sombrer mais quelque chose d'étrange se passe. Au sol, les feuilles et les branches s'agitent. Le sol tremble. Juste au dessus, l'air devient flou. Et le flou s'élève. Il prend la forme de silhouettes. Une multitude de silhouettes qui deviennent solides. Un cri dans le crâne de Corso. C'est l'épée-démon.

« Les Antigens !
Tiens, tu parles maintenant ? »

Les paupières de Corso sont de plus en plus lourdes. Les rangs des Antigens s'ouvrent et laissent passer un être de chair, de terre et de feuillage.

« Je suis Roger. Je suis la Voix du Thanatrauma. Tu es tourmenté et désespéré. Et tu vas dormir maintenant, Corso. »

Et cet être étrange fait glisser sa main sur les paupières de l'ange qui se ferment.

Corso se réveille dans une pièce aux murs capitonnés. Au plafond, un lustre fait de têtes de cerfs assemblées. Sur les murs, des tableaux représentant des adultes aux visages sévères, guindés dans des vêtements raides. Ils posent toujours devant le même arrière-plan : une bâtisse de bois de style dix-neuvième perdue au milieu de la forêt. Sur chacun des murs, il y a une petite lorgnette. L'ange s'approche de l'une d'elle.
Une salle de bains. Murs de carrelage vieillot, faïence fendue et robinets ouvragés qui gouttent en permanence. Il fait froid et la fenêtre ouverte donne sur la forêt, on entend des chouettes. Le bidet et le lavabo sont sales. Il y a une baignoire remplie d'une eau grise où surnagent des feuilles mortes.
Corso, attiré par le cri des chouettes s'approche de la fenêtre. Quelque chose ne va pas. Dans sa façon de bouger, la nature de son champ de vision. Il regarde ses mains. Ce ne sont pas les siennes. Ce sont celles d'un enfant. Il cherche un miroir. Il n'y en a pas. Il s'approche de la baignoire, espérant que le visage de l'enfant se reflète dans l'eau. Ce visage. Corso le connaît. L'enfant s'appelle Camille. C'était il y a si longtemps. Camille est en danger. Il faut le sauver. S'enfuir. Corso prend conscience qu'il est nu. Peu importe. Il court vers la fenêtre et saute. Une fois dehors, il court. Sans s'arrêter, il jette souvent des coups d’œil derrière lui. Personne ne le suit. Puis, soudain, il se heurte à quelque chose. À quelqu'un. Il se retrouve à terre. Il lève la tête. Un homme d'âge mur au visage sombre, la barbe et les cheveux longs, dans des vêtements stricts, bruns et noirs. Il sent le fumier et l'étable et... la mort. Malgré sa barbe épaisse, on devine ses chairs attaquées par la putréfaction. Sa peau est grise. Ses mains sont...
Camille Corso se relève et tente de courir à l'opposé de cet homme. Son père ? Mais l'homme se met aussi à courir. Il est plus grand, plus vif et plus fort que Camille. Il rattrape facilement l'enfant et l'entraîne vers la maison. La maison Carogne. La maison de père et mère Carogne. Corso ne se rappelle pas mais il sait.
Camille est dans le bureau du Père Carogne. La pièce sent très fort le renfermé et la fenêtre a été barricadée avec des planches de bois clouées à la diable. Il y a un vieux lit de camp défoncé et des notes éparses sur le bureau. Corso y jette un œil mais ce sont des griffonnages indéchiffrables. Souvent la plume a été appliquée si fortement qu'elle a déchiré le papier, et l'encre a coulé de partout. Il y a aussi un coffre-fort caché sous un trophée de sanglier. Il est entrouvert et Corso se demande ce qu'il contient.
Le Père Carogne est présent. Il a subi d'atroces transformations. Il sent encore plus la mort. Il est nu et il n'a littéralement plus que la peau sur les os, une peau jaune, déchirée et puante. Son sexe pend comme un ver fatigué mais il ne va pas tarder à se dresser. Il lui dit : « Il est temps que tu rembourses tous les bons soins que nous avons eus pour toi ». Il empoigne alors Camille et l'attire vers lui.
Camille se débat mais la poigne du Père Carogne est d'acier. Mais Corso est un ange et il se défait rapidement de la prise de ce monstre. Il le projette contre le mur. La tête de sanglier accrochée au mur manque de tomber. Le Père Carogne semble sonné et se laisse glisser au sol. Mais alors un horrible claquement retentit. Suivit d'un deuxième. Le rythme s’accélère. Cela semble venir de partout. Corso tourne sur lui-même pour tenter de voir d'où vient ce bruit. Camille a la tête qui tourne. À la périphérie de son champ de vision, alors que tout devient trouble, apparaît une silhouette de grande taille. Elle est vêtue d'une cape rouge. La capuche est baissée mais on voit très nettement une mâchoire osseuse que son propriétaire fait claquer. Un Cœlacanthe !
Instinctivement, l'ange cherche à s'emparer de ses armes. Mais ici et maintenant, il n'est qu'un enfant. Il est nu, sans défense. Son destin est pourtant de combattre les Cœlacanthes sur leur propre terrain, celui du cauchemar. Mais pas maintenant. Camille se campe sur ses frêles jambes et bondit sur le monstre qu'il embrasse avec fougue. Une sensation étrange s'empare de lui et le traverse. Corso, dans sa vie d'homme a déjà connu cette sensation. Mais Camille n'est qu'un enfant et ne comprend pas bien ce qu'il ressent. Et quand la vague a finit de le submerger, Corso a une vision.

Corso ouvre les yeux. Il est assis, adossé à un tronc d'arbre. Roger pose sur lui un regard bienveillant. Derrière Roger, les Antigens sont immobiles.

« Tad Corso. Je suis Roger, la voix du Thanatrauma. Le Thanatrauma te dit que, maintenant, tu connais la Langue Putride. Retournes dans la Maison Carogne. Le coffre est toujours ouvert. »

Puis, Roger se relève. Il fait demi tour et marche. Les Antigens lui ouvrent le passage. Ils se retournent et le suivent. Le Thanatrauma est venu. Il a parlé. Et Corso est toujours vivant...

Corso se rue vers l'exosquelette. Il empoigne les commandes et, mu par ce qu'il est convaincu d'être la volonté du Thanatrauma, il précipite l'engin en direction de la Maison Carogne. Il ne sait pas pourquoi, mais il est convaincu qu'il peut encore sauver Camille. Dans son cauchemar, il se rappelle de l'enfant. Mais maintenant, dans l'éveil, il n'est plus sûr de rien. L'a-t-il vraiment connu ? Peu importe, s'il y a une âme innocente à sauver...
Durant le trajet, Corso reste vigilant. Il guette en effet une nouvelle vague de Brume et en aperçoit une un peu plus loin derrière lui. Sauf que, cette fois, il n'a pas de temps à perdre avec les Gargouilles. Aussi, il accélère, quitte à faire chauffer les moteurs de l'exosquelette. Mais, on dirait pourtant que la Brume gagne du terrain.
La machine creuse l'écart mais, paradoxalement puisque ce n'est pas lui qui court, Corso est épuisé. Il ressent littéralement la fatigue de l'exosquelette et finit par lâcher prise. Il ferme les yeux et s'endort...

Il se réveille quand la machine manque de s'écrouler. Il reprend de justesse les commandes et redresse l'engin pour éviter de se fracasser au sol. Il ouvre grands les yeux. Pourtant, il sait qu'il dort encore. Le ciel est couvert. Les nuages sont… rouges ! La lumière du soleil filtrant à travers ces étranges nuages teinte les environs. Corso a même l'impression que du sang coule le long des troncs d'arbres. Il n'ose pas y toucher. Marchant au pas, il arrive dans une clairière et reconnaît la Maison Carogne.
Après avoir fait le tour de la maison, il repère la fenêtre du bureau du Père Carogne. Tout est silencieux. On dirait qu'il n'y a personne. Corso s'extrait de l'exosquelette et s'approche de la fenêtre. Il jette un coup d’œil aussi discret que possible à l'intérieur. La pièce est vide.
Une fois à l'intérieur, il se dirige vers le bureau et examine l'ensemble des sorts dont il parvient à lire le contenu en Langue Putride. Il tente d'en repérer certains concernant les Cœlacanthes. Il n'en voit pas mais repère plusieurs fois le mot « Horlas ». Il décide donc de prendre la plus grosse liasse possible de parchemins et de notes. Il les étudiera plus tard. Il se dirige ensuite vers le coffre-fort, toujours ouvert. Le Thanatrauma a bien insisté quant au fait qu'il devait s'en accaparer le contenu.
À l'intérieur, se trouve un crâne mais pas un crâne humain. Un crâne de Cœlacanthe !! Entre ses mâchoires, il y a une dague. Corso hésite à la prendre. Il se demande s'il doit prendre le crane également.
Soudain, quelque chose bouge. Un cliquetis. Comme une vieille machine à écrire. Corso s'approche. La machine fonctionne seule. Les lettres s'enchaînent sur une feuille de papier jauni.
« Je suis Clark Nova. Fais-le avec moi. S'il te plaît. »
Quelque part, Corso a l'impression d'entendre un ricanement. Les cliquetis reprennent.
« Ce n'est que moi. Fais-le. FAIS-LE ! »
Et, sous ses yeux, la machine change de forme. D'horribles pattes insectoïdes jaillissent sur les côtés. Le sommet de la machine se réhausse, s'allonge et s'ouvre pour laisser la place à un amas de chair percé en son centre d'un orifice strié animé d'un mouvement de pompe.
« FAIS-LE ! »
Corso se dégoûte. Il se déshabille. Et il le fait.
Le plaisir qu'il en retire ne fait qu'accroître son dégoût et sa culpabilité. Mais, au moment où il est convaincu que son âme est maintenant vouée à l'Enfer, un éclair blanc lui déchire le cerveau. Il sent des mains se frayer un passage entre les deux hémisphères de son cerveau. quelqu'un essaye de passer. Qui ? Demian Hesse ? La Patient 13 est de retour ?
Le Patient 13 émerge péniblement dans le cerveau de Corso. Il s'y sent à l'étroit. Il se contorsionne et parvient à se faire une petite place juste derrière son œil gauche.
« Réveilles-toi, Corso. Et ne dors plus. Je veux voir. Je veux tout voir. »

Et Corso se réveille. Il est toujours aux commandes de l'exosquelette. Il jette un œil derrière lui, la Brume est loin. Il libère une de ses mains et farfouille dans ses affaires. Il trouve une liasse de parchemin et une dague fichée dans un crane de Cœlacanthe. Tout était donc réel. Le Patient 13 aussi ?
Dès que la Brume est hors de vue, il stoppe l'engin et examine les sortilèges. Deux d'entre eux attirent particulièrement son attention. L'un permet de créer des Portails entre les Mondes, l'autre permet de créer une faille vers le passé ou l'avenir.
Corso sent que ces sorts lui permettraient de se rendre sur le terrain des Cœlacanthes sans avoir à s'endormir. Mais il sent aussi qu'ils lui permettraient de quitter Millevaux, d'aller ailleurs, dans un monde plus clément. Ou alors, juste de retourner dans le passé, avant que Shub'Niggurath ne provoque la fuite de Dieu et Satan. Là, il pourrait vivre tranquillement, comme avant, ou essayer de changer les choses.
Comme pour se détourner de ses pensées tantôt altruistes et égoïstes, il se saisit du crâne et de la dague. Mais avant qu'il puisse vraiment l'examiner, une impressionnante araignée noire dotée d'ailes de corbeau fond sur lui et s'en empare. Elle vole quelques instants au dessus de sa tête et lui dit :
« Je suis l'Araignée. Je vrille les bandes du temps, de l'espace et de la raison. Le venin de la corruption coule par mes crocs. J'ai rampé sur les murs de l'Hôpital. »
Puis elle s'envole, emportant le crane et la dague avec elle.

Corso se remet aux commandes de l'exosquelette et gagne au plus vite les Forêts Limbiques. Là, il ne sait pas vraiment comment commencer son rapport.

Le Profil : Corso s'adresse à ses supérieurs, Inquisiteurs et Exorcistes.

L'Encrier :

Sorcier/Invocateur
Rêve/Onirisme
Vision/Évocation
Autel/Piédestal
Sort/Rituel
Enfant/Adolescent
Maison/bâtisse
Objet/Artefact
Arbre/Forêt
Mauvais/Malveillant

Conséquences :
4- : Les nouvelles sont mauvaises. Les Cœlacanthes ont gagné du terrain (Horloge du Mal +2). Ils lui ordonnent de leur laisser l'exosquelette et lui interdisent de recourir aux sortilèges trouvés dans la Maison Carogne dont ils exigent la destruction immédiate.

5 à 7 : Les nouvelles sont mitigées (Horloge du Mal +1). Les vivres commencent à manquer malgré les caisses rapportées par Corso. Il obtiendra au choix une information concernant Ant-Off OU une information concernant le Cruel Centipède OU le Déchireur de Peau (tirage de cartes pour les informations+un éléments au choix). Ils demandent une copie des sorts et demandent à Corso de se rendre dans le passé pour tenter de changer les choses. On lui demande de laisser l'exosquelette. Ils en auront plus besoin que lui.

8 à 10 : Les nouvelles sont plutôt bonnes (Horloge du Mal -1). Les inquisiteurs une nouvelle information concernant Ant-Off OU le Cruel Centipède OU le Déchireur de Peau (au choix du PJ, j'invente). Ils demandent une copie des sorts et demandent à Corso de se rendre dans le passé pour tenter de changer les choses. On lui donne le nom d'un contact au XXIème siècle qui pourra l'aider à arrêter les serviteurs de Shub'Niggurath . Il peut garder l'exosquelette.

11+ : Les nouvelles sont très bonnes. Les Cœlacanthes ont perdu du terrain et ces vivres tombent à pic (Horloge du Mal -2). Il obtiendra une information concernant Ant-Off ET une information concernant le Cruel Centipède ET le Déchireur de Peau (aux choix, j'invente). Il peut garder l'exosquelette. Pour ce qui est des sorts, qu'il agisse en son âme et conscience.

« Inquisiteurs, Exorcistes, mes frères, mes maîtres,

En accord avec vos prescriptions, j'ai gagné le Territoire des Brumes.là, grâce à cette machine de guerre, j'ai pu défaire les Gargouilles qui y font régner la terreur. Mais la véritable surprise n'est pas là. J'ai rencontré un ange. Un véritable ange. Edes Alom, ange au service de l'Archange Blandine dont l'onirisme est le champ de bataille. Elle a malheureusement engagé le combat et j'ai dû me résoudre à la renvoyer auprès de notre Créateur. Elle m'a néanmoins révélé que le Carbon Cult d'Ant Off s'était bien allié aux Horlas et aux Cœlacanthes. Leur but est bien de nous détruire. Surtout nous, les derniers anges.
Comprenant mal les motivations d'Edes et sa façon d'agir à mon encontre, j'ai soupçonné une manipulation de la part de l'épée-démon. Je l'ai soumise à la question et elle m'a confirmé certains des propos d'Edes. C'est bien la Magicienne qui a fait de moi un Éveillé. Cette étrange malédiction me contraint à fuir le sommeil. Or, c'est précisément ce qui m'ouvre l'accès au monde de cauchemar des Cœlacanthes. Il semblerait donc que mon destin soit de les combattre sur leur propre terrain alors même que vous leur faites face au village. Finalement, il semblerait que cette épée-démon ne soit pas si malveillante que ça. Les choses étaient plus simples, plus claires, avant...
Concernant Ant Off et le Déchireur de Peau, qu'il s'agisse d'une armée et d'un vecteur de famine me rappelle les Cavaliers de l'Apocalypse. Il y en aurait donc deux autres à venir : la Pestilence et la Mort. C'est peut-être en rapport avec cela que j'ai eu une évocation du Thanatrauma. Je l'ai vu à travers les Antigens et il m'a parlé par la bouche de Roger. Et j'ai fait un rêve. Je me suis de nouveau retrouvé dans le monde cauchemardesque des Cœlacanthes. Là, j'ai partagé le destin funeste d'un enfant innocent. J'ai vu ce monde par ses yeux et me suis retrouvé sans défense. Toutefois, j'y ai vu des choses. Et j'y ai appris la Langue Putride.
À mon réveil, le Thanatrauma était toujours là. Il m'a expliqué ce rêve. Je devais retourner dans cette horrible bâtisse au fond des bois afin d'y récupérer les sortilèges que j'étais désormais en capacité de lire. Il y avait aussi un artefact étrange mais une créature tout aussi étrange me l'a volé. Mais ce n'est pas le plus important. Le plus important sont les sortilèges que j'ai récupérés dans cette maison. Ils permettent d'ouvrir des portes dans l'espace et le temps ! Nous pouvons nous enfuir, quitter Millevaux la Maudite pour une terre de paix. Nous pouvons aussi retourner dans le passé et tenter d'empêcher tout ça d'arriver. Vous vous rendez compte, mes frères, mes maîtres ??! que faire, que faire ?

Inquisiteurs, Exorcistes, mes frères, mes maîtres, je m'en remets à Dieu, je m'en remets vous. »

7 points : Les nouvelles sont mitigées (Horloge du Mal +1). Les vivres commencent à manquer malgré les caisses rapportées par Corso. Il obtiendra au choix une information concernant Ant-Off OU une information concernant le Cruel Centipède OU le Déchireur de Peau (tirage de cartes pour les informations+un élément au choix). Ils demandent une copie des sorts et demandent à Corso de se rendre dans le passé pour tenter de changer les choses. On lui demande de laisser l'exosquelette. Ils en auront plus besoin que lui.

Corso erre dans les Forêts Limbiques. Il a abandonné l'exosquelette de combat à ses frères et maîtres inquisiteurs et exorcistes. Il espère trouver une sortie rapidement car il se sent maintenant moins en sécurité sans cette machine.
Il réfléchit. Au village, la situation s’aggrave mais n'est pas encore catastrophique. Corso se laisse aller à l'optimisme et préfère penser qu'elle ne s'améliore pas. Il n'a pas envie de penser que ses frères et maîtres sont en difficulté.
Néanmoins, certaines choses se précisent et un plan semble se dessiner. Effectivement, leur propre enquête menée par les inquisiteurs et les exorcistes confirme que le Cruel Centipède serait un vecteur de maladie. En cela, il pourrait bien être le 3ème Cavalier de l'Apocalypse qui rejoindra les Cœlacanthes faire le siège du village. Mais, il semblerait que sa maladie n'affecte pas seulement le corps et l'esprit. Ce serait aussi une maladie du temps. Comment le temps peut-il être malade ? Corso espère seulement que cela ne va pas altérer le déroulement du rituel qui doit le ramener au XXIème siècle. Et une fois là, aura-t-il le temps, justement, d'arrêter les serviteurs de Shub'Niggurtah avant qu'il ne soit trop tard ? Reverra-t-il Edes Alom ?

De retour à Millevaux, Corso se sent attiré par cet autel consacré au Clan des Arbres. Là, il procède aux différentes étapes décrites par le rituel sensé lui ouvrir les portes du XXIème siècle.


Réponse de Thomas :

A. C’est cool de voir des références à la première campagne avec cette évocation de NoAnde et du Clan des Arbres, du Thanatrauma, du Patient 13...

B. Cool, deux de mes souhaits sont exaucés : une confrontation avec un ange et une référence au fait de s’endormir, aux cauchemars des Cœlacanthes.

D. J’aime beaucoup l’idée que Corso récupère les sortilèges de Père Carogne. Cette idée de looter les items d’un jeu pour les utiliser dans un autre. Et le fait que Corso retourne à la Maison Carogne est très bien aussi, surtout qu’on ne sait pas bien si c’est dans le monde de l’éveil ou du cauchemar. Un chouette moment de vertige logique.

E. L’irruption d’une machine à écrire cafards toute droite issue du Festin Nu, à l’intérieur de la Maison Carogne est complètement dans le délire Millevaux !

F. As-tu utilisé un système de résolution pour les différentes confrontations (contre les gargouilles, le Père Carogne, l’Araignée…) ?

G. Finalement, lorsqu’il est retourné à la Maison Carogne, Corso n’a pas recherché Camille ! Affaire à suivre ?

H. J’aime beaucoup le principe de maladie du temps ! A creuser. Cela peut amener de grands moments de vertige logique et de putrescence.


Damien :

A. Ben fallait bien, au bout d'un moment quand même ^^ Je voulais pas que ce soit trop de références non plus mais un minimum syndical s'imposait.

B. Là, j'avoue que ce n'est pas que du hasard ^^ Tu y es grandement pour quelque chose:D

C. Pas de souci pour un warning évidemment. Spontanément je n'aurais ptete pas abordé ce thème, mais je suis tombé dessus en « choisissant » mon cauchemar donc voilà quoi.

D. En fait, j'ai commencé par tirer au hasard ces sorts de portails et de voyage dans le temps et c'est après coup, en sortant me balader, que je me suis rendu compte que cela offrait à Corso une formidable occasion de se tirer de cet enfer de Millevaux. Alors, allais-je la jouer pourri ou pas ? ^^

E. La machine cafard ? C'est son pouvoir issu de Cœlacanthe justement ^^ celui-là, je l'ai tiré au hasard et ne l'avait pas utilisé jusqu'à présent. C'est chose faite:)

F. Non, à chaque fois j'ai utilisé Don'T Rest your Head. Mais j'ai eu plus ou moins de bol quand au nombre de D de Tourments et mon score d'Epuisement à souvent été à la limite ^^

G. Oui, c'est vrai que là, la fuite s'est un peu imposé. Surtout que ces sorts de portails et voyage temporel lui offrent maintenant l'opportunité de se tirer au soleil ou d'essayer d'empêcher tout ça. C'est vrai que là, Camille, c'était plus vraiment l'urgence ^^

H. La maladie du temps... ben ça m'est venu comme ça. Je n'ai aucune idée de la forme et de l'importance que ça prendra par la suite. Mais, recyclant des éléments du BG d'INS/MV, ça pourrait justifier une intervention d'un démon de Kronos, voire de Kronos himself.


Thomas :

B. Bien sûr, tu es maître en ta demeure et tu peuples absolument tes parties comme tu veux, mais je trouve que ce qui est en train de se passer a un intérêt théorique dans l’approche qu’on peut faire du jeu de rôle solo. Tu joues en solo, mais néanmoins tu tiens compte des suggestions des personnes qui suivent tes CR. C’est intéressant de considérer ça comme un input supplémentaire.

E. Ah mais oui, je ne me rappelle même plus ce que je mets dans mes jeux. Pour rendre à César ce qui est à Burroughs ; le pouvoir – machine à écrire cafard est directement repompé de la liste des pouvoirs de Carcère, le jeu de Batronoban dont Coelacanthes est un hack.

G. Le fait que Corso omette de rechercher Camille peut se justifier par la pression temporelle, mais en terme de narration, on ne sait pas ce qui se passe dans sa tête, c’est seulement maintenant que tu nous justifie. Si je me permets un détour théorique, je dirais qu’il y a deux types de jdr solo : celui que tu joues dans ta tête (quitte à faire un CR par la suite) et celui que tu joues par écrit. J’ai l’impression que tes CR de cette deuxième campagne font entrer ta pratique dans la deuxième catégorie. Du coup, comme on est sur une approche littéraire, on s’étonne de ne pas avoir accès aux sentiments de Corso. C’est quelque chose que j’aimerais voir creuser ? On a plusieurs fois connaissance de certaines de ses émotions (il veut renvoyer les autres anges au Paradis quitte à les tuer pour cela, on peut supposer qu’il le fait par amour / il ressent de l’attirance sexuelle pour des monstres, attirance que parfois il combat, parfois non), mais il manque une partie du tableau (il défourraille des ennemis à tour de bras sans se poser de questions). Je me demande si Corso n’a pas une tendance à déshumaniser (à la fois ses adversaires et les personnes qu’il ne peut sauver, comme Camille). Cela peut paraître logique parce que d’une il n’est lui-même pas humain (c’est un ange, bien que déchu) et de deux il est confronté à des situations extrêmes et donc cette déshumanisation peut être un mécanisme de défense. Je serais très heureux si tu m’apportais des éclaircissements là-dessus, et d’ailleurs plus dans ta prochaine partie qu’en réponse directe à ce commentaire.

H. Je vois surtout le temps se détraquer, avec des époques, qui se mélangent, des gens morts qui refont irruption, des apparitions de personnes plus âgées que normalement (on pourrait ainsi revoir Camille adulte, à moins qu’on ne l’ait déjà vu : après tout Corso pense l’avoir déjà rencontré.e)


Damien :

Pour moi, le solo n'exclue pas du tout le jeu en groupe. Je m'en sers notamment pour jouer mes posts sur des forums de RP textuel. Ça fonctionne plutôt bien. Et pour les solos sont j'ai pu poster les CR sur Infinite par exemple, j'ai toujours invité mes 2 ou 3 lecteurs à faire des suggestions ou même à me rejoindre. Le JDR en solo n'est pas du tout une porte fermée aux autres. Au contraire même, c'est carrément une porte ouverte:)

E. Héhé, je ne te jetterai pas la pierre, j'oublie aussi moult trucs dans mes propres notes ^^ Mais cette machine à écrire/cafard a quand même de la gueule. Je l'ai vu pour la 1ère fois dans l'adaptation ciné du Festin Nu par Cronenberg. Bon, là, j'en ai eu un usage un pti peu différent que dans le film mais bon... ptete pas tant que ça après tout XD

G. Je crois que Corso n'est pas très porté sur les sentiments et leur expression tout simplement parce que... je ne suis pas très doué pour ça ^^ Après, ça peut toujours s'expliquer par une partie de son BG (c'est un ancien ange de Joseph, archange de l'Inquisition, donc pas un tendre) et par le contexte immédiat qui justifierait qu'il mette tout ça de côté. Mais c'est surtout parce que je suis pas doué pour ça. Mais j'aimerais bien. J'ai essayé de faire un peu de drama sur Infinite notamment mais je crois que c'est pas trop mon truc au final. Même quand j'ai maîtrisé du MonsterHearst, ça a viré à l'investigation occulte. En fait, ça pourrait être intéressant (pour moi^^) de jouer avec une personne qui serait à l'aise avec ça. Comme ça, on serait complémentaire et je pense qu'elle finirait par déteindre sur moi et réciproquement.

H. Je n'ai aucune idée de la forme que tout ça va prendre. C'est vrai que ce serait bien que Camille redébarque. Si le moment s'y prête, je forcerais un peu le hasard pour le coup. Après, c'est vrai aussi que souvent, pris dans le jeu, j'en oublie certaines choses que j'avais noté et bon ben vala quoi. Après, je pense aussi considérer le temps comme une dimension dans une logique einsteinienne, donc j'aimerais bien traiter ça aussi sous un angle plus « spatial » ou « géométrique » et continuer à utiliser (mais mieux que je ne l'ai fait jusqu'à présent) le principe de l'altération de la réalité par cut up. Ça, ça me plaît beaucoup ?


Thomas :

H. Pour éviter d’oublier de recaser des trucs, tu peux te faire une feuille de route, un genre de « to do list » pour ta prochaine partie dans laquelle tu vas piocher durant ton RP.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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