Partie de jeu de rôle enregistrée : [Fripouille] Trouille

Pour poster les compte-rendus de vos parties
thomas munier
Messages : 943
Inscription : 02 févr. 2017 16:28
Prénom : Thomas

Partie de jeu de rôle enregistrée : [Fripouille] Trouille

Message par thomas munier » 17 nov. 2018 17:10

TROUILLE

Suite de la campagne menée dans les hortillonnages normands, une petite Venise maraîchère hantée par de dangereux horlas à tête de courge. Avec un test de « pas de côté » sur la prise de narration lors des jets de dés. Récit et enregistrement par Claude, Gabriel et Mathieu Féry.


Le jeu : Fripouille, par Claude Féry, aventures rapides aux accents de donjon moisis dans la forêt de Millevaux

Un témoignage audio est mis à disposition avec ce compte-rendu.

Retrouver le compte-rendu en PDF (et les feuilles de personnage)

Tableau Pinterest des illustrations pour cette campagne de Fripouille


Épisodes précédents :

1. Les Brimbeux*
Premier test du jeu par Claude, Gabriel et Mathieu Féry. Création de personnages et menues péripéties autour d’un cadenas mémoriel et d’une crête de punk.



Image
crédits : beanpumpkin, cc-by-nc, sur flickr.com

Session jouée le sept octobre 2018

Durée : une heure

Effectif : trois joueuses.

J'assume le rôle de La Garde Forestière , Mathieu joue Chupdia et Gabriel joue Smerdy.




Préparation :

Quoique nous ayons joué un prologue, nous avons échangé hors microphones afin de questionner les personnages et définir un tantinet la communauté dont ils proviennent, sans pour autant entrer dans un inventaire extrêmement détaillé. Nous savons qu’ils sont semi nomades, qu’ils subsistaient au moyen de leurs hortillonnages mis à mal par les pluies incessantes. La chasse et la pêche qui ne constituaient jusqu’alors qu’un moyen d’améliorer l’ordinaire de leurs cressonnières désormais noyées sous les trombes d’eau sont leur principale sources de subsistance en dehors des algues amères qui noient leurs hortillonnages.Je n’ai pas préparé la session.


L’histoire :

A leur retour de leur pêche miraculeuse, alors que Chupdia achève sa soupe, un jeune membre de la communauté, Herz, le bègue, vient le trouver et lui indique qu’il a perdu les billes du lance pierre dans une chasse à l’écureuil, mais surtout qu’il a laissée seule, La Gaude, loin des hortillonnages ; seule dans la presque nuit. La Gaude est jeune mais n’a pas froid aux yeux. Mais une créature étrange l’a terrorisée et elle est restée loin, à la lisière du marais. La Gaude c’est aussi la voix de Dragon, le jeune garçon qui dit de sa voix singulière «Je suis sourd, muet aussi... J’ai un dragon dans l’oreille. » Et de fait, La Gaude est devenu sa voix. Herz sollicite Smerdi en tant que guide. Smerdi exige un prix pour son labeur. Herz lui offre un savon du temps d’avant, un Monsavon pourri, pour que plus personne ne le surnomme le puant.

Smerdi accepte de les guider. Alors, Smerdi en tête écoute la voix des futurs que lui chante son cadenas relique et fort de sa connaissance de la langue du bois, guide la petite troupe à la recherche de l’égarée. Par ordre de courage après le horsain : Dragon, Herz et enfin Chupdia, celui qui de sa teinte sacrée, la gueldre, protège la communauté, ferme la marche prêt à s’éclipser si les choses se gâtent.

Et elles se gâtent arrivés en vue d’un vielle voiture rouillée du temps jadis d’où émane la plainte ténue de La Gaude. La troupe s’arrête devant une créature à la tête comme une citrouille et aux mains telles des serres. Le sol vibre autour d’elle. L’eau s’agite, des pierres fusent.

Chupdia balance une bille en direction du horla. Leur guide, lui, s’en approche et dans la langue du bois indique à la créature qu’il est son ami et commande au bois.

Chupdia se saisit d’un artefact du temps jadis que lui confie le jeune Dragon et appuie en visant la créature, mais c’est Smerdi qui s’agite dans une gerbe d’étincelles et s’effondre dans une sale odeur d’ozone.
La créature s’approche sur ces entrefaites et pose sa serre droite sur la tête de Dragon qui disparaît à la vue de tous.
Les sens de Smerdi lui échappent et quand il s’éveille c’est pour contempler Dragon, la chevelure fumante qui le rassure, la créature est terrassée.

Mais il doivent quitter la combe, car Lui, le Prince du Bois doit rejoindre La Reine qui les attend. Chupdia craint quant à lui d’avoir terrassé son jeune compagnon d’un jet fumant de flammes de fées, mais il a bien terrassé la bête. Son ami a souffert, mais il se redresse et leur dit ainsi que Smerdi qu’ils doivent fuir les lieux sans délai dans un étrange sabir.


Bilan provisoire :

J’ai structuré mon improvisation sur des éléments contenus dans la case trombine des fripouilles.
J’ai étoffé l’histoire en m’appuyant sur l’ambiance sonore tissée par les deux pièces diffusées
simultanément avec un léger décalage.J’ai utilisé avec délai les suggestions des joueuses. Ainsi, alors que je pensais décrire une arme du temps jadis qu’aurait découvert le jeune Herz, j’ai laissé Gabriel nous parler d’un sèche cheveux.

L’artefact a rejailli dans les mains de Dragon comme un cadeau empoisonné.

Toutefois, à ce stade, Chupdia aurait fort bien pu fonder leur défense sur la croyance de la troupe en leurs pigments sacrés qui avaient jusqu’alors tenu à distances les esprits néfastes loin de la communauté. C’était l’arme que je leur voyait détenir en première instance, la foi des plus jeunes dans les mensonges de leurs aînés. Ou bien encore la fuite, qu’il avait agité comme échappatoire. Mais le sèche cheveux comme arme de fortune était plus tentante. Et sitôt envisagée, il convenait de la doter d’une puissance démesurée. J’obtenais alors le moyen de réaliser le pas de côté que je souhaitais opérer.

Après avoir affirmé que le pauvre Dragon était tenu d’une serre par la créature tandis qu’elle tendait l’autre vibrante d’une énergie maléfique dans leur direction je lâchai la phrase rituelle : « Que fais tu ? »

Mathieu s’est déterminé sur l’attaque. Pas d’initiative à déterminer dans la mesure ou la créature
assurait sa prise d’une main et formait un prodige de l’autre. Mathieu avant champ libre.
Mathieu a obtenu un 20 naturel à son jet d’attaque sur le horla, alors qu’auparavant j’avais bien
indiqué que Dragon était dans le champs.

Certes Mathieu a envisagé l’action en deux temps : 1) j’écarte Dragon de la menace, 2) je terrasse la vile créature. Mais il faut toujours payer le prix.
Mathieu ne l’a pas vécu comme la main mise de La Garde Forestière sur le récit ou les effets de la linéarité d’un scénario, mais bien le prix à payer. Il vainc la créature et tue son ami... Dans le bilan il parle de « bip de destin ».
L’atmosphère était selon nous au rendez-vous.

Mathieu, peu disert à l’accoutumée, à évoqué le niveau « très très satisfaisant » d’un sondage.
Nous cherchions dans le feu du moment chacun à communiquer sur les sensations des personnages.
La Fripouille lâche s’est révélée déterminée. La fripouille de Gabriel a suivi son penchant.

Le bilan est plutôt positif. En effet Gabriel était assez réfractaire à l’idée que l’aléatoire contraigne sa créativité et de fait il a interprété pleinement la feuille de sa Fripouille. Ainsi, lorsqu’il a du se laisser guider par le chant du bois a-t-il argué spontanément que cela relevait de sa Gueule, qui est le Charisma antique, la faveur des Dieux. Il s’est montré inutilement cruel envers Herz, ce qui a renforcé l’histoire, alors qu’il a plutôt tendance se montrer empathique avec les figurants. Il a interprété son personnage en opérant des choix de joueuse.Mathieu quant à lui éprouve d’ordinaire de grande difficultés à se confronter en jeu à une adversité qui trahit les sens, qui ne répond pas à une logique manifeste ou surtout une adversité forte qui affecte les enfants. La présence des dés, qui dictent une issue, lui ont assuré une distanciation salutaire avec son personnage. Dans ses précédentes incursions dans l’univers de Millevaux, les mécanismes narratifs ne lui ménageaient pas cette distance et ils souffraient directement des affres des personnages et des figurants. Les dés sur la table affirment le jeu et lui offrent leur plaisir de partager l’histoire et l’atmosphère.

Lorsque j’ai arrêté l’enregistrement, j’ai éprouvé avec plaisir le regret que cela suscitait chez eux.
C’est un peu mesquin, mais que nous arrêtions sur le regret de ne pas poursuivre immédiatement est pour moi le signe évident que nous tenons là un jeu qui nous est adapté.


Réaction de Thomas :

A. Concernant le pas de côté, si en s'on réfère à Inflorenza, ou à Marchebranche, la joueuse énonce son souhait avant de lancer le dé (elle dit une fin et non un moyen, par exemple "j'assomme l'homme-courge et me garantis que Dragon soit indemne" plutôt que "je tire sur l'homme-courge tout en écartant Dragon du champ de mon arme"), et l'arbitre énonce ce qui se passera en cas d'échec, toujours avant le lancer de dé, en étant précis (par exemple : "si tu rates, l'homme-courge sera indemne et Dragon sera tué par ton arme" ou, plus gentil, "si tu rates, l'homme-courge sera assomé par ton arme et Dragon sera tué par ton arme"). Avant de lancer le dé, la joueuse a alors l'opportunité de déclarer forfait. Un échec critique à Marchebranche annonce l'échec ET l'impossibilité de retenter (un échec définitif et collectif, en somme). Un succès critique annonce que la joueuse obtient son souhait ET une conséquence positive supplémentaire qu'elle a tout loisir de raconter. Peux-tu me dire comment se passent tes déclarations de souhait et d'échec dans la version actuelle de Fripouille, et ce que signifient les échecs et les succès critiques ?

B. Le libre choix par les joueuses de la caractéristique à utiliser est dans la même veine de pas de côté que ce qu'on peut observer à Marchebranche ou Inflorenza.

C. Je découvre avec votre compte-rendu ce que sont les hortillonnages et les cressonnières. Cette sorte de petite Venise maraîchère me semble un décor de choix pour Millevaux ! Cela me rappele, pour rester en Normandie mais dans une veine plus trash, la Nouarmandie développée par Dino Van Bedt pour son jeu Millevaux Hex :

D. Je trouve que le Jack O'Lantern, renommé horla-courge bien a propos, est tout à fait cohérent avec le contexte maraîcher !


Réponse de Claude :

C. Je te remercie pour le lien vers les terres normandes de Dino. Pour notre part nous évoluons en Picardie, terre historique des hortillonnages avec Amiens, (Samarobriva) https://t.co/cfWKwJ94KJ

A. Merci beaucoup de cet éclairage. Le pas de côté est amorcé, mais encore à accomplir.
Pour répondre à ta question voici ce que dit la règle de Fripouille
Succès retentissants et qualité

Lorsque l’attaquant obtient un 20 naturel, ou le défenseur un 1 naturel, l’armure du défenseur perd un point de qualité et il subit un dé additionnel de dommages (selon la nature de l’arme). Si l’attaquant obtient un 1 naturel, ou le défenseur un 20, l’arme de l’attaquant perd un point de qualité. A 0 point de qualité, l’objet est détruit. Chaque point de qualité coûte 10 % du prix initial afin de le réparer.

A noter qu’un personnage Au supplice (cf chapitre correspondant) obtient un succès retentissant sur un résultat compris entre 17 et 20.

En combat, on peut se blesser en frappant : c’est la fracture du boxeur, (sur un échec critique d’une attaque à mains nues)

Dans Trouille, le doublement des dés de dommage (D8 au cas particulier) avait pour conséquence l'élimination de la créature.

Mathieu a énoncé son souhait de façon claire et de ce fait aurait du obtenir la réalisation de celui-ci plus une conséquence bénéfique.

Toutefois la règle sur les hauts faits et autres tours pendables s'interpose :


Hauts faits et tours pendables

Les hauts faits et tours pendables sont des manœuvres de combat telles qu’assommer, désarmer, outrepasser l’armure, provoquer une chute, etc... Ces actions sont gérées avec une sauvegarde en opposition. Elle peuvent ne pas infliger de dommages à l’adversaire directement, mais indirectement, (par exemple en précipitant la chute d’un ennemi dans un précipice). Par rouerie, opportunisme, le personnage se ménage une situation favorable. Cette action se substitue à une phase d’attaque classique. Le Garde Forestière demeure seule juge des opportunités de hauts faits ou de tours pendables qui s’offrent dans une situation donnée.
Le choix de se ménager une opportunité impliquait logiquement qu'il renonce à son élimination.

Dans le feu de l'action, l'élimination du danger semblait sa préoccupation première,

Il a commenté de lui même que ce ne pouvait pas être le beurre et l'argent du (commentaires, langage non verbal en réaction à ma description).

Résultat j'ai choisi le cul de la crémière sur les indications ou incitations de Gabriel / Smerdi qui a tout de suite considéré que Dragon était mort. Mathieu est tombé d'accord sur ce point.

Pour ma part je considérais que le sort, la volonté du horla d'investir l'esprit de Chupdia, à la survenance de la mort s'était transférée sur l'esprit affaibli par la douleur de Dragon.

En somme, ma lecture est plus linéaire que la tienne. Ton ET n'est pas pleinement réalisé.

Le partage de la narration avait été énoncé en début de partie, mais c'est encore un point sur lequel Mathieu éprouve des difficultés à s'investir, point qu'à pleinement intégré Gabriel qui attaque la créature en interprétant sa trombine
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

Répondre