[Systèmes Millevaux / The Beast] Nos jours coupables

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thomas munier
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[Systèmes Millevaux / The Beast] Nos jours coupables

Message par thomas munier » 29 mai 2018 13:58

NOS JOURS COUPABLES

Une rencontre avec un horla dans un grenier qui tourne au jeu du chat et de la souris. Une expérience dont il est difficile de ressortir indemne.

Jeu : The Beast, un jeu de rôle solo érotique et dérangeant par Aleksandra Sontowska et Kamil Wegrzynowicz

Joué en solo durant le mois de mai 2016


AVERTISSEMENT :

Vous pourriez préférer éviter de lire ce compte-rendu pour deux raisons. :

+ Vous voulez éviter de heurter votre sensibilité. The Beast est un jeu érotique et dérangeant, et ce compte-rendu l'est aussi.

+ Vous prévoyez d'y jouer vous-même et voulez vous garder la surprise intacte. Le jeu fonctionne en piochant des cartes-questions, j'en ai tiré 20 sur 30, dont le contenu vous est dévoilé ici. On peut encore jouer après avoir lu un compte-rendu, c'est mon cas, mais le plaisir est atténué.

Si c'est votre cas, vous pouvez descendre directement aux commentaires.

Image
crédits : keightdee, practical owl, cc-by-nc & ssubbotin, domaine public


L'histoire :

Je commets du sexe avec la Bête. C'est un secret.

Son odeur me rappelle celle de la Viande Noire.

C'est mou et poreux au toucher.

Je la cache dans un grenier qui ne connaît pas de fin et que la forêt envahit.

Je suis attiré par la sensualité de la Bête.

Je suis repoussé et dégoûté par les appêtits de la Bête.

Je pense à la Bête en tant qu'"elle".


Jour 1 : De quelle façon - et à quelle fréquence - la Bête montre de l'affection ?

Parfois, je ne saurais me souvenir combien de fois, je me réveille et trouve la Bête à mes côtés. Je réalise qu'elle a abusé de moi pendant mon sommeil. Alors elle prend ma tête dans ses bras et me murmure des choses à l'oreille. Des choses en langue putride dont le sens m'échappe.

Jour 2 : Comment ton programme de la journée a-t-il changé depuis que la Bête est apparue dans ta vie ?

Je reste beaucoup plus dans cette demeure et je monte la garde, à l'exception des moments où je dois partir en forêt chasser ou rabattre les personnes que la Bête que m'a mentionnées. Je dors aussi beaucoup plus, sous son influence, car elle tient à me rendre visite aussi dans mes rêves, là où les choses deviennent plus fantasmagoriques.

Jour 3 : La Bête t'a fait un cadeau. Quel était-ce ?

Elle m'a rendu le plus intense de mes souvenirs d'amour. Je peux maintenant le revisiter et le revivre à loisir. Je tente à chaque fois de nouvelles configurations. Parfois, elle m'y accompagne et participe.

Jour 4 : De quoi la Bête se nourrit-elle ? Comment le fait-elle ? A quel point est-ce difficile de lui procurer sa nourriture ?

La Bête se nourrit uniquement de choses qu'on trouve dans les souvenirs, mais elle refuse de consommer ce qu'il y a dans les miens. Elle me charge de séduire des personnes et dès qu'elles éprouvent quelques sentiments pour moi, je peux m'aventurer dans leurs souvenirs. La Bête me suit discrètement. Elle a besoin que je m'occupe du corps de ces personnes à l'intérieur de leurs souvenirs, parce que ça lui permet de piller leur garde-manger et parce qu'elle veut me regarder faire. Moi, quand je suis attaché au corps de la personne, pervertissant ses souvenirs, je garde les yeux rivés sur la Bête en train de se délecter des choses succulentes, moelleuses ou immondes qu'elle trouve chez mes hôtes.

Jour 5 : Ton corps a commencé à se transformer après les contacts répétés avec la Bête. Comment cela se manifeste ?

J'ai d'abord changé d'apparence et de corpulence. J'étais chaque jour une personne différente. Façonné par les fantasmes de la Bête. Ou par les miens ? Et puis un matin au réveil, j'avais changé de sexe. Jusqu'où cela ira-t-il ? Je suis partagé entre angoisse et fascination. La Bête, elle, se réjouit de pouvoir me proposer de nouveaux jeux.

Jour 6 : Ton ami insiste pour que tu lui présentes ton "nouvel ami spécial". Qu'est-ce que tu lui dis ?

Cela m'inquiète. Je lui dis qu'il est parti, que je n'ai pas de nouvel ami, que je l'ai inventé. Je n'arrive pas à construire un mensonge cohérent. Je suis empêtré dans une couverture pour cacher mon changement de sexe, cela m'est encore plus difficile de résister aux questions de mon ami. Je lui dis de s'en aller de ma maison, qu'il est en danger.

Il ne me prend pas au sérieux. Il monte les escaliers grinçants qui conduisent au grenier. Je ressens à la fois une grande peur et une grande excitation à l'idée de ce qu'il va lui arriver. De ce qui va nous arriver. Ma couverture tombe.

Jour 7 : Combien de temps a-tu pu tenir sans connaître du sexe avec la Bête ?

C'est difficile à dire parce que l'emprise que la Bête a sur moi me fait perdre la notion du temps. Une fois, j'ai réussi à l'enfermer dans le grenier. J'ai mis des chaînes et je l'entendais battre de l'autre côté. Puis elle a respiré dans ma tête. Elle avait faim de moi. Et c'était très difficile à résister parce que chaque espace de ma peau avait envie d'elle aussi, même si cela m'est douloureux de l'admettre. J'ai plongé dans une baignoire d'eau froide et j'ai attendu que ça passe. Mais c'est comme si mes mains ne m'obéïssaient plus, je n'arrêtais pas de penser à elle, comme si elle était en train d'envahir mon esprit. J'ai ressenti comme une onde de choc et j'ai compris alors que la Bête était plus forte que moi, qu'il s'agisse de me dominer ou de m'apitoyer.

Jour 8 : La Bête n'était pas là quand tu es allé la visiter. Comment te satisfais-tu ?

Quand j'ai réouvert la trappe du grenier, la Bête n'était plus là. Ne restait plus que l'odeur de Viande Noire dans l'air. Au début, j'ai ressenti du soulagement, puis de la culpabilité, et enfin du manque. Un manque profond qui circulait dans mon sang. Je me rends vraiment compte de l'emprise que la Bête avait sur moi.

J'ai touché avec compulsion chaque chose que la Bête a touchée dans le grenier. Chaque objet imprégné de sa trace d'égrégore. Embrassé les vieux portraits qu'elle a envoûtés. J'ai cherché des caresses auprès de toutes ces breloques du grenier qui portent la marque de la Bête, des horloges, des candélabres, des conques.

Et comme c'était loin de suffire, j'ai enlevé le verrou de la chambre où mon ami est détenu depuis l'autre jour.

Jour 9 : Comment peux-tu dire que la Bête perçoit ta présence ?

J'ignore si elle me voit. Je pense plutôt qu'elle perçoit ma signature d'égrégore. Elle voit mes pensées. Quelque part, elle me voit comme je suis vraiment, non pas avec la chair qui m'entoure, celle qu'elle a façonnée, mais comme je me vois vraiment. Elle lit dans mes fanstasmes et mes rêves et pour elle, c'est ce qui constitue mon vrai moi.

Elle me pousse à révéler ce qui se trame au fond de mon inconscient, et quand je viens avec elle, elle me voit vraiment dans ma nudité, et alors elle transforme mon corps à cette image. J'attends qu'elle me revienne parce que je me languis de ça et que la force me manque de m'échapper et de brûler cette maison avant son retour.

Jour 10 : Qui a commis du sexe avec la Bête avant toi ?

C'est le chasseur qui a ramené la Bête de la forêt. Il était fier d'avoir capturé un horla. Il a cru la posséder, mais c'est elle qui l'a possédé. Puis elle s'est lassée de lui et elle lui a demandé de lui ramener un trophée. Ce trophée, c'était moi. Je me demande ce qui lui est arrivé depuis, mais j'ai peur de savoir.

Jour 11 : Quelle est la dernière fois où tu as commis du sexe avec une autre personne que la Bête ?

Puisque la Bête n'était toujours pas revenue, j'ai cru que son emprise sur moi s'était relâchée. J'ai fait venir le chasseur. Je lui ai dit qu'on allait vider les lieux. Il a pris un air grave, il avait l'air de comprendre et de vouloir m'aider. Sa barbe avait plus drue et noire que la dernière fois où je l'ai vu. Il m'a demandé si nous détenions des personnes. Assez curieusement, j'avais failli oublié ce détail. J'ai remonté les escaliers. Dans le grenier, il y a plusieurs portes cadenassées qui ferment des conduits en sous-pente. J'ai ouvert la première porte. Derrière, il y avait cette femme. Je la désirais et la Bête m'a ordonné de la capturer. Sa peau est blanche, elle respire lentement. Elle est enchaînée et nue.

J'ai cru qu'elle allait me remercier de la libérer, mais avant que je pusse enlever ses chaînes, j'ai remarqué qu'elle était lascive. Consentante. Tout son corps tremblait à l'idée de ce que j'allais pouvoir lui faire. Etait-elle sous l'emprise de la Bête ?

J'ai tourné la tête. Et le chasseur se tenait à l'entrée de la porte.

Jour 12 : Quelles sécrétions (ou autres choses) dois-tu nettoyer après chaque accouplement avec la Bête ?

Aujourd'hui la Bête est revenue. Elle a tenu a ce que nous ayons un moment juste tous les deux. Ce fut très intense, est-ce qu'elle voulait me punir ou est-ce que je lui ai manqué ?
Après cela, la Bête dormait, de ce sommeil inquiétant qui présage la tempête. Et moi, comme à chaque fois, j'ai ramassé dans la glu de nos draps, la peau et les flaques de mes souvenirs.

Parfois, il m'arrive de lécher mes doigts ou ceux de la Bête qui en sont imprégnés. Je retourne en arrière, et je recommence certains bals exquis ou douloureux.

Jour 13 : Quels sont les symptômes de la maladie que tu as attrapée de la Bête ?

Ma peau se recouvre d'une sorte de glu. J'ai vraiment peur de l'effet que l'emprise a sur moi. La personne qui me soigne est dans le secret de l'existence de la Bête. Je la soupçonne d'être un de ses agents, mais j'ai besoin d'elle.

Elle a essayé plusieurs remèdes. D'abord, elle a léché la glu. Cela a pris beaucoup de temps et la glu est revenue.

Elle m'a ordonné de me plonger dans un bain d'eau très froide. La glu a solidifié aussitôt et j'étais incapable de bouger davantage.

La personne s'est chargée de mon corps. Elle a enlevé la gangue par étapes. A chaque étape, comme j'étais incapable de bouger tout ce qui était sous la gangue, elle accomplissait ses petits jeux avec ce qu'elle venait de libérer.

J'attends avec impatience qu'elle soit à son tour contaminée. J'ignore à quoi est dû cette impatience, je devrais plutôt ressentir une sourde inquiétude à l'idée du monde que la Bête est en train de façonner.

Jour 14 : Comment permets-tu à la Bête d'atteindre l'orgasme ? De quelle façon est-ce dangereux pour ta santé et ta vie ?

La Bête est incapable d'atteindre l'orgasme par elle-même, alors elle me vole les souvenirs de mes propres orgasmes. C'est dangereux pour moi car ce sont les plus beaux instants de ma vie qu'elle me vole. C'est dangereux pour ma volonté de vivre. Finalement, peut-être est-ce seule la dépendance à la Bête qui me tient. Mais le jour où la Bête m'aura vidé de mon dernier soupir, de mon dernier frisson, va-t-elle m'abandonner ? C'est pour cela que je lui confie de plus en plus souvent mon corps à son bon plaisir, à ses caprices. Pour renouveler le stock de souvenirs en permanence.

Jour 15 : La Bête est malade. Commets-tu toujours du sexe avec elle ? Que dois-tu changer pour le faire ?

La Bête est malade. Elle était horla et elle en train de devenir humaine. Cela la remplit de rage.

J'avoue ressentir alors beaucoup de désir pour elle parce que cela change les rapports de force. Elle me fait languir longtemps avant de m'accepter, elle se sent fragile, et ni elle ni moi n'avons l'habitude à ce que je prenne les devants. Mais sa maladie lui permet d'atteindre l'orgasme par elle-même. Ce moment nous paralyse et me plonge dans l'effroi.

Jour 16 : Comment ton corps a-t-il réagi après le premier contact avec la Bête ? Comment réagit-il maintenant ?

Au début, je ressentais du dégoût au moindre contact avec la peau de la bête. Ma peau se couvrait de frissons. Je sentais des infimes transformations opérer sous elle. Mes cellules se remplissaient de souvenirs nouveaux, ma chair de sensations nouvelles.

Maintenant que la Bête devient humaine, les choses ont changé. Après avoir découvrir le plaisir de toucher un monstre, je découvre le plaisir de toucher une amante.

Jour 17 : Une personne autour de toi sait ou a su que tu as commis du sexe avec la Bête. Pourquoi se tait-elle ?

Il s'agit d'une personne qui faisait du braconnage en forêt, une nuit. Elle a vu la lumière de notre grenier et a observé notre manège dans un jeu d'ombre chinoises. Elle est revenue et m'a vu aller et venir hors de la maison. Elle a frappé à ma porte sous prétexte de m'offrir une partie de sa récolte en dédommagement de son passage ici.

Elle est venue me rendre souvent visite, si bien que nous avons lié une sorte d'amitié.

Puis elle a fini par me dire qu'elle savait pour moi et la Bête, et qu'elle se tairait à condition que je lui fasse la même chose.

Je lui ai demandé de prendre un bain et je lui ai fait la même chose dans le bain. Puis je l'ai laissée se reposer. A la merci de la Bête.

Jour 18 : Tu as mis fin à une relation avec une personne quand tu as commencé à commettre du sexe avec la Bête. Qui était-ce ?

Cette personne faisait des recherches archéologiques dans la forêt. C'est elle qui a découvert la maison, avec le grenier. Elle y a trouvé beaucoup d'objets rares et anciens, et des collections de photographies avec des visages ambigus. C'est elle qui m'a amené dans la maison pour m'aider sur le chantier. C'était une personne très douce.

Un jour, je fus la proie du chasseur qui me conduit à la Bête. Et une fois, j'ai eu le dessus sur la Bête et c'est moi qui l'ai conduit dans ce grenier. J'ignorerais que l'égrégore contenue dans de grenier allait nourrir sa puissance. J'ai chassé l'archéologue de la maison, c'était pour son bien.

Et ce matin, j'ai vu l'archéologue approcher de la maison. Cette personne est de retour. Je vais lui ouvrir les bras. La Bête et moi allons lui ouvrir les bras.

Jour 19 : Utilises-tu une protection quand tu commets du sexe avec la Bête ? Si oui, laquelle ?

Ma hantise est d'avoir un enfant de la Bête. Pour l'éviter, nous nous rendons toujours dans un souvenir pour commettre du sexe. Quelque part, la vraie personne que je suis n'a jamais commis de sexe avec la Bête, ça s'est toujours passé dans des mondes parallèles. Dans les salles de classe de mon enfance, dans des bunkers, dans des forêts noires au sol chargé de boue et d'épines, dans mille versions de ce grenier où nous avons tour à tour chamboulé, brûlé ou caressé toutes ses breloques poussiéreuses, journaux intimes, vieilles robes, mannequins de couture. Nous l'avons fait dans mes souvenirs et dans tous les souvenirs du grenier, nous l'avons fait dans les tranchées, dans des palais, dans des prisons.

Et pourtant, c'est bien dans la vie réelle que mon corps change. Et si ?

Jour 20 : La Bête va bientôt donner naissance. En ressens-tu de la joie ?

Absolument pas. J'ai cherché à me protéger, mais la Bête n'en a rien fait de son côté. A quoi va-t-elle donner naissance ? Va-t-elle accoucher de moi, ou d'elle-même ? Est-ce la fin de notre relation ? N'ai-je été qu'un véhicule ? Je m'abandonne à la Bête comme si c'était la dernière fois.

Jour 21 : Je quitte la Bête

Ce matin, je suis allé au chevet de la Bête et elle était devenue complètement humaine. Nous avons fait l'amour une dernière fois, passionément.

Puis je l'ai laissée dormir, avant de m'en aller. M'en aller du grenier, m'en aller de la maison, m'en aller de cette forêt.

Chercher de nouvelles proies.

Maintenant que c'est moi, la Bête.


Commentaires :

Durée :
22 jours, 5 à 10 minutes par jour.

Règles utilisées :
J'ai joué le jeu à la lettre, mais je me suis forcé d'intégrer les marqueurs de l'univers de Millevaux : les ruines, la forêt, l'oubli, l'emprise, l'égrégore, les horlas.

Profil du joueur :
J'ai déjà fait du jeu de rôle solo, notamment sur Inflorenza :
Le Pélérinage des Morts
Le Bagne Rouge
Le Totem du Roi des Vosges
Tes paroles ne m'atteignent pas

Je m'ouvre de mon expérience dans le podcast Des Rôlistes dans la cave consacré au jeu de rôle solo

J'ai découvert l'existence de jeu par le compte-rendu de partie d'Arjuna Khan, qui y a, il me semble, joué dans l'esprit que ça se passait à Millevaux, sans pour autant faire aucune référence explicite à l'univers.

J'ai trouvé comme elle que l'ambiance du jeu évoquait beaucoup Millevaux et c'est pour cela que j'ai entrepris de le tester moi-même en faisant sciemment référence à des éléments de l'univers de Millevaux.

Défis :
Jouer le jeu en gardant à l'esprit que j'allais rendre publiques mes réponses.

Mise en jeu :
Je jouais tous les matins, après le petit-déjeuner. J'ai tapé directement les réponses aux questions à l'ordinateur. Le reste du temps, le jeu de cartes restait caché.

Debriefing :

+ Tout d'abord, publier un compte-rendu de The Beast, c'est se mettre à nu. Pour atténuer cela, j'ai évité de faire comme Arjuna Khan qui avait fait un compte-rendu jour par jour, je suis parti dans l'idée que je publierais le compte-rendu à la fin.

+ Ceci dit, le fait de savoir que je publierais a eu un impact sur ma façon de jouer.

+ D'une, j'ai écrit mes réponses alors que sinon, j'aurais juste répondu dans ma tête.

+ De deux, je me suis censuré. Je suis resté très elliptique. Ceci dit, le caractère elliptique de mes réponses, a permis, pour le coup, que le jeu soit érotique et non pornographique. Cela m'a permis de développer une aventure imaginaire dans ma tête le reste de la journée.

+ De trois, j'ai été elliptique sur le genre des personnages. J'avais peur que mon imaginaire érotique apparaisse comme ce qu'il est : celui d'un homme blanc cis-genre hétérosexuel [étiquette que je définirais sans doute différemment aujourd'hui]. En restant elliptique, je pense l'avoir évité, développant une intrigue qui faisait plutôt fi de la notion de genres. Cela a amélioré l'expérience, enrichi mon imaginaire d'autant d'aventures potentielles. Le jeu de rôle solo, c'est des aventures, et non une aventure, comme on joue tout seul dans sa tête, on joue plein de versions différentes.

+ Le fait d'avoir lu le compte-rendu d'Arjuna a peut-être un peu diminué mon plaisir, forcément une partie des questions ont été les mêmes, même si dans un ordre différent. Et bien que j'ai oublié le détail de l'aventure qu'elle avait raconté, j'avais à l'esprit de m'en écarter. D'où mon avertissement au début du compte-rendu. Ceci dit, je n'aurais jamais connu le jeu ni été tenté d'y jouer sans son compte-rendu.

+ Le mariage de The Beast avec Millevaux a très bien pris. Il y en a en effet des thèmes de The Beast (la monstruosité, la transformation, l'emprise mentale) qui sont communs avec Millevaux, et en rajoutant d'autres thèmes (la forêt, l'oubli, l'égrégore), on crée une ambiance complètement dingue.

+ Comme l'a fait remarquer Arjuna Khan, je trouve que le jeu a un ventre mou. Certaines questions sont moins percutantes que les autres. Mais d'une c'est sûrement subjectif, et de deux, j'ai eu la chance d'avoir une succession ultra-cohérente de questions sur la fin, qui m'a offert un super climax, quoique plus dérangeant qu'érotique.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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