[Mycorhizes] Avoir un bon copain

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thomas munier
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[Mycorhizes] Avoir un bon copain

Message par thomas munier » 28 nov. 2019 09:34

AVOIR UN BON COPAIN

Une partie de Mycorhizes jouée par Messenger sur un mois, marquant le rapprochement entre un misanthrope désabusé et un clochard pratiquant l'hédonisme de l'errance (jouée par moi-même et je dois dire, pas mal inspiré de Bukowski). Cette partie s'est démarquée par ses thèmes sombres et une certaine crudité de langage.

Le jeu : Mycorhizes, jeu de rôle textuel (SMS ou réseaux sociaux) à deux dans l'univers de Millevaux

Joué durant le mois de Juillet 2019

Avertissement : contenu sensible (voir détail après l'image)

Image
cleanzor & centrifuga theatrante, cc-by-nc, sur flickr

Contenu sensible : infanticide, cannibalisme


L'histoire :

Joueur d'Ange :
Mon nom: Ange
Mon objectif: Rentrer chez moi

Thomas :
Donc si ton objectif de jonction, c'est "rentrer chez toi", est-ce que ça veut dire que le lieu de jonction, c'est chez toi, ou est-ce que ça veut dire que la jonction est une étape importante pour rentrer chez toi ?

Ange :
Pour le moment, je ne sais pas. On peut laisser le mystère
si ça te va

Thomas :

ok
Ange est un nom/prénom que je considère épicène. Comment faut-il genrer ton personnage ?

Ange :
C'est fait pour ?

Thomas :
OK, alors genre inconnu
Mon personnage : Misfit. Mon objectif : trouver un copain d'errance. je te laisse faire le premier msg ?

Ange :
La pluie s'abat sur mon lourd manteau de plume. J'avance dans un champ de blé sauvage que je caresse de mes mains. Depuis plusieurs mois déjà, j'envoie des messages comme des bouteilles à la mer.

ll Les nuages se sont-ils endormis ?
Le vent sait-il où je suis ?
Mon errance est-elle infinie ?
Petite lune, montre-moi un abri... ll

Misfit :
Je trébuches dans les ronces sous la lune. Je suis tellement ivre que seul mon corps est conscient, mon esprit est comme anesthésié.
ll (date inconnue) Hey comme ça tu ne trouves plus ton chemin ? Moi je connais tous les chemins alors suis-moi... ll
Tu aperçois un gamin qui court, en hardes, torse nu, pieds nus, à travers le champ en direction de la forêt, il cherche à se réfugier de la pluie qui tourne à l'orage.

Ange :
Je m'accroupis et ouvre mes bras en croix malgré la lourdeur de mon manteau, dont les plumes dégoulinent d'eau de pluie. Dans un bref un flash lumineux, je ressemble à un oiseau déployant ses ailes pour s'envoler.
C'est la première fois qu'on me répond.
|| Qui es-tu ? ||

Misfit :
l'enfant vient se réfugier sous ton manteau. Il ouvre des grands yeux et ne semble pas pouvoir parler hormis d'étranges sifflements
et raclements de gorge
ll Je suis Misfit, j'ai roulé pas mal ma bosse dans la forêt. Je ne m'attarde jamais longtemps au même endroit, parce que les gens dans les communautés me tapent vite sur le système.ll
Hrp : n'oublie pas que tu dois aussi faire le décor et les figurants pour ma pomme ? ll

Ange :
J'embrasse l'enfant et le laisse réfugier sous mon manteau. Puis je le regarde, je l'inspecte sous toutes ses coutures. Qui est-il ? Que fait-il ici ? Cela fait si longtemps que je n'ai pas croiser d'être humain.
|| C'est la première fois qu'on me répond. Où es-tu ? Peux-tu m'aider ? Je veux rentrer chez moi... ||
Tu es tellement ivre que tu avances au hasard de tes pas. Chacun pas est d'ailleurs de plus en plus lourd et tu laisses de lourdes traces derrière toi. L'impact de tes pieds sur le sol résonne comme un tambour, jusqu'à ce dernier pas que tu fais dans le vide. Lorsque tu reprends conscience, tu réalises que tu as fait une chute au bord d'une falaise et que tu tiens en équilibre au dessus du vide.

Misfit :
L'enfant ne parle pas, il n'émet que des sons étranges. Il a des attitudes toutes aussi étranges, comme s'épouiller la peau avec les dents. Il te regarde avec de grands yeux comme une poule qui aurait trouvé un couteau. Qu'est-ce qui fait que tu as envie de le recueillir malgré son comportement étrange ? II Oui, je peux t'aider, j'ai dit que je connaissais tous les chemins. Coquin de sort, il faut d'abord qu'on se retrouve...ll Mon pas ivre me guide toujours où je dois aller. Je dois l'écouter et ne pas faire machine arrière. J'ouvre mes mains pour poursuivre ma chute.

Ange :
J'ai toujours passé ma vie dans la solitude. Un enfant. Peut être qu'un jour j'en ai voulu un. Je ne me souviens plus. La solitude, ça je m'en souviens. Les rares compagnons que j'ai eu dans mon périple n'ont pas été tendre avec moi. Un enfant. L'innocence. Qui sait, peut être réside en lui le dernier fragment d'innocence de ce monde pourrissant.
|| Il faudra que tu m'en dises plus sur toi. Je ne sais pas si j'ai envie qu'on se rencontre ||
Tu chutes. Tu voles même, l'espace d'un instant. Et la chute n'en est que plus violente. Tu es bientôt entrainé par dans un courant et tu commences à boire la tasse. Heureusement, tu es tombé dans un fleuve. Pourquoi es-tu sur la route finalement ?

Misfit :
Comme tu l'as aidé à se mettre à l'abri de l'orage, l'enfant semble attaché à toi et te suit ensuite. Mais vous arrivez devant un sentier façonné par le pas des hommes et des bêtes, et le gamin se met à le suivre, tant en tirant ta manche pour que tu l'accompagnes. Que fais-tu ?
ll Tu as beau jeu de me poser des questions ! Je suis juste un vagabond, un clochard forestier, je suis plus digne de confiance que ces pourris qui vivent confinés dans les enclaves, capable des pires choses pour préserver leur petite sécurité. Mais toi, tu ne m'en dis pas beaucoup sur toi ! ll
Je suis sur la route parce qu'au départ je suis un trimard, j'allais de communauté en communauté pour vendre mes bras. Mais une fois je suis arrivé dans une communauté et on avait pas de taf pour moi. Après, j'ai créché j'ai une femme qui disait être ma tante mais au bout d'un moment on s'est plus entendu elle m'a foutu à la porte. Après je suis reparti sur les chemins. Bon, y'a peut-être aussi que j'ai picolé deux ou trois fois, mais grosso modo je me plais plus au milieu des hommes.

Ange :
L'enfant m'emmène sur un chemin qui me fait peur: celui des hommes. Son innocence l'aveugle. Les hommes sont mauvais mais il ne le sais pas encore. Non, mon enfant, ne prend pas cette route. C'est celle qui dévoilera le pire de toi même... Je m'agenouille et lui lâche la main. D'un simple geste de la main, je lui dis non.
|| Pourtant tu es un homme. Tu connais les chemins de ce monde et moi je suis perdu. Mais rien ne me dis que tu n'es pas comme eux. Tu veux en savoir plus sur moi ? Qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas pour faire ce qu'ils ont déjà fait ? Prouve-moi que tu es digne de confiance... ||
Quelles étaient les relations que tu entretenais avec cette femme ? Amie ou Amante ? Tu ne t'entendais plus avec elle à cause de quelle genre de dispute ? A quoi ressemblait ce village et pourquoi n'y avait-il pas de taf ?

Misfit :
L'enfant te fait un signe en portant la main à sa bouche pour te faire comprendre qu'il a besoin d'aller chez les hommes pour trouver de la nourriture. II dis-moi où tu te trouves et je te dirai comment trouver un chemin plus sûr, si ça te convient comme test de confiance... ll Ben elle disait que c'était ma tante, alors peut-être qu'elle a essayé de me baiser mais j'ai dit non elle était trop vieille. Tu sais, le village c'était la carte postale habituelle. Des baraquements en tôle et en parpaings et avec ça ils se prenaient pour des milords, comme si j'étais pas assez bien pour eux parce que je dormais à la belle étoile plus souvent qu'à mon tour. C'est pas vraiment que ça manquait de taf, il y avait toujours à faire pour réparer leurs fichues baraques qui fuient de partout ou pour se battre contre la forêt pour cultiver trois betteraves; mais c'est juste que j'aimais pas leur façon de travailler. J'ai bossé pour un gars à réparer sa toiture mais une fois je suis arrivé en retard le matin, juste un peu bourré quoi il m'a viré et moi je lui ai dit d'aller se faire foutre.

Ange :
Je suis tourmenté. Non, je ne veux pas revoir d'humains, pâles pantins de chair dénués d'intelligence. Je fais signe à l'enfant que je lui trouverai de la nourriture et tente de le rassurer.
|| Le problème c'est que je ne sais pas où je suis. Il y a un champ de blé et un bois un peu plus loin. Peux-tu réellement savoir où je me trouve à partir de ces infos ? J'en doute ! ||
Tu continues donc sur le chemin, après ta chute. Tu t'éloignes de plus en plus de la dernière communauté dans laquelle tu as vécu. Un vent de liberté souffle sur tes traces. Bientôt, tu arrives devant une cahute, une sorte d'abri de fortune en tôle. Une bonne odeur de potée émane de l'habitation.

Misfit :
l'enfant te suit en traînant des pattes. Il va dédaigner toute la nourriture que tu lui proposeras par la suite, bien qu'il semble littéralement mourir de faim.
ll J'ai pas mal roulé ma bosse et y'a pas trente-six communautés qui arrivent à faire pousser du blé dans les essarts. T'es à côté du village des Défricheurs. T'as dû voir un sentier marqué d'une borne à tête de loir qui y conduisait. Si tu veux me rejoindre, il faut au contraire t'enfoncer dans la forêt à l'exact opposé. Fais pas gaffe aux ronces. T'arriveras à un vieil orme frappé par la foudre, on refera un point à ce moment là. ll
Une soupe... Moi qui suis déjà trempé comme une soupe. Je frappe à la porte pour demander aux tauliers l'aumône de leur potée.

Ange :
L'enfant me fait de la peine. Je décide d'ignorer pour le moment son état. Il faut que j'avance. Je me dirige donc à l'opposé du sentier de terre pour m'enfoncer dans la forêt et suivre les indications de mon compagnon éthéré. J'espère qu'il n'est pas comme les autres...
|| Merci. Je vais faire comme tu m'as dit. Je t'accorde ma confiance. Ne me déçoit pas. ||
Avant même que tu ne frappes à la porte, une jeune femme frêle et pâle ouvre la porte. Elle est vêtue de belles soieries et sent le parfum de rose. A ta grande surprise, ses cheveux sont de fins filaments d'or qui ondulent sur ses épaules au gré de sa respiration timide. "Je t'attendais voyageur. Entre. Réchauffe toi, nourris-toi et prend du repos."

Misfit :
Tu arrives au vieil orme frappé par la foudre, mais il y a une surprise. Il y a un homme en haillons, occupé à veiller un petit bébé dans un lange noir. Le nourrisson a l'air souffrant. L'enfant te fait de gros yeux comme s'il insistait pour que tu prennes le temps de les aider.
Cette donzelle sent le piège à plein nez. Mais j'ai deux problèmes : j'ai la dalle, et je suis accro au sexe. HRP : Si ça t'ennuie qu'il y ait des scènes sexuelles, je t'invite à faire Revisitation ou tout simplement à me notifier les lignes et les voiles en la matière. Dejà de base, j'ai pas prévu que mon perso soit un agresseur sexuelle, bien qu'il soit mal dégrossi FIN HRP Du coup, je sais que je vais avoir des problèmes, mais après tout c'est pas moi qui vais devoir les gérer mais le Misfit de demain. Du coup, je me fais pas prier pour entrer dans le cabanon d'un si joli petit lot et de sa potée odorante.

Ange :
Aidez les gens, très peu pour moi. Je laisse les hommes à leurs problèmes en général. Mais là, il y a un bébé. Une être peut être encore pur, immaculé des horreurs de ce monde. Je serre la main de l'enfant et me dirige vers le vieil homme
|| Tu avais raison. Il y a bien un vieil orme... Reste à me prouver que c'est le bon chemin l'ami. ||
La jeune femme te laisse entrer sans un mot et t'invite à t’asseoir. La table est dressée, un bol de soupe t'attend. Si tu en manges, tu te rendras vite compte qu'elle remplit l'estomac et a un arrière de goût de viande bouille, chose rare dans la région. Après un court instant, ton esprit s'embrume. Les vapeurs d'encens et le parfum de rose te prennent à la gorge. La jeune femme aux cheveux d'or s'allonge lascivement sur sa couche et défait sa robe.

Misfit :
L'enfant a l'air très heureux que tu ailles les aider. Tu inspectes le bébé et si en effet il a l'air souffrant, tu connais les herbes qui pourraient le soulager. Est-ce que tu prodigues tes savoirs médicinaux ?
ll C'est le bon chemin, mais je te donnerai de nouvelles instructions plus tard, là je suis un peu occupé hé hé. Mais tu n'as qu'à m'en dire plus sur toi de ton côté, en attendant. ll
Bon, le piège se referme, mais je vais pas me laisser piéger sans en profiter. Je me désape aussi, révélant mon corps crasseux et grêlé de maladies de peau. Je suis prêt à faire la bête à deux dos.

Ange :
Sans un mot, je me dirige vers la forêt où j'espère trouver de quoi soigner le bébé. Puis, je prépare ma concoction sans chercher à en savoir plus sur ces gens. Je ne veux pas m'attacher, me laisser distraire.
|| Je cherche à rentrer chez moi. Seulement, je ne sais pas où c'est. J'ai la sensation que ce n'est pas loin, que c'est quelque part à l'horizon. Je veux fuir les hommes et leur méchanceté. Je veux rentrer chez moi où je serai à l'abri... Voilà tout ce que tu as besoin de savoir l'ami. ||
Le piège se referme en effet comme tu l'avais prévu. Mais est-ce que savoir est suffisant pour vaincre ? Dans la volupté de l'instant, tu te perds dans les arômes parfumées de la jeune femme. Bientôt, tu n'as plus envie de repartir. Se poser, fonder une famille, vivre en heureux sédentaire... Tiens, ça sonne pas mal après tout, n'est-ce pas ? Finalement, qu'est ce qui te donnerait encore la force de continuer à voyager ?

Misfit :
Le vieil homme, perclus de fatigue, s'est endormi contre l'orme. Pendant que tu étais concentré sur la préparation de la décoction, tu as laissé l'enfant veiller sur le bébé. Tu entendais juste des petits bruits mais tu ne t'es pas inquiété. Puis un hurlement. Tu t'es retourné, mais le mal était fait. L'enfant avait développé une tête de corbeau et avec son bec il avait extirpé les yeux du bébé de ses orbites et les avaient dévoré ! Cet enfant, en fait, c'est une stryge, un Corax sans intelligence !
Je ne m'attendais pas à ce genre de piège. je pensais qu'en plein acte, elle se transformerait en horla pour tenter de me bouffer. mais quand je la vois sitôt la chose consommée commencer à faire des plans sur la comète et m'emprisonner dans ces bras, là je comprends le vrai piège. Ce qui me donnerait la force de continuer à voyager ? mais si je voyage, c'est par faiblesse, par facilité. Pour échapper à toutes les chianteries qu'implique la vie de couple : devoir bosser, être fidèle, s'occuper de quelqu'un, rester sobre... Ce n'est pas mû par le courage et la force morale que je vais me barrer, mais par la plus grande lâcheté, en pillant son garde-manger au passage.

Ange :
Voilà pourquoi je ne me mêle pas des affaires des hommes: cela finit toujours mal. D'une manière ou d'une autre, je fais du mal à quelqu'un en fin de compte. Je me lève donc et m'enfuis. Je veux rentrer chez moi. J'ai envie de laisser derrière moi les horreurs de ce monde. Tant pis pour les enfants, les femmes et les hommes. Qu'ils aillent tous en enfer. Je ne veux plus rien de tout cela.
Comment résistes-tu à cette tentation ? Comment te défais-tu de cette emprise ?

Misfit :
Puisque tu es si blasé.e des hommes, pourquoi veux-tu rentrer chez toi ? Et comment réagis-tu quand tu vois la stryge te filer le train, visiblement inconsciente d'avoir fait quelque chose de mal ?
Je me cogne la tête sur le bois du lit, jusqu'à littéralement pisser le sang. En général, la douleur permet de faire passer ce sentiment d'euphorie qui est le signe que je suis en train de m'attacher comme un chien s'attache à ses chaînes. Je ne vaux pas mieux qu'un clebs, d'ailleurs personne ne vaut mieux, mais au moins je suis libre.

Ange :
A vrai dire je ne sais pas ce qu'il y a chez moi. Je ne sais pas où c'est non plus. Je ne sais pas qui y habite. Je ne sais pas à quoi ça ressemble. "Chez moi" est une essence, deux mots qui portent une charge énorme. J'ai l'intuition que "chez moi" est un lieu pur, sans méchanceté, sans horreur, sans souffrance. J'en ai assez de ce monde de merde et je veux rentrer chez moi. Je sais que "Chez moi" existe, je l'ai intuité dans mon sommeil. Maintenant, il faut que je souffre pour l'atteindre.

Quant à la Stryge, je fais tout pour la semer. Je l'ignore tant bien que mal. Si elle me gène, je devrais m'en débarrasser.
Tu reprends donc peu à peu conscience. La jeune femme aux cheveux d'or est toujours sur toi mais elle n'est plus aussi belle, ni aussi jeune. Le parfum se dissipe et tu commences à voir que la hutte dans laquelle tu te trouves est un vrai capharnaüm, sales et en désordre, où rampent des insectes et des rats. Le festin n'était rien d'autre que des restes de viandes avariées. Bref, le charme se dissipe avec le doux parfum de rose.

Misfit :
La Stryge te file le train, elle connaît mieux la forêt que toi, et donc même quand tu t'aventures dans des maquis perclus de ronces et d'orties et de souches renversées, tu n'arrives jamais à la semer, juste à te perdre davantage. L'enfant a repris sa forme humaine, il te suit la gueule pleine de sang et a pas l'air de comprendre en quoi il t'a déçu.
ll Désolé pour mon silence, j'étais un peu occupé... Mais je commence à bien voir où se trouve ton chez toi... Je peux vraiment m'y amener. Depuis l'orme, tu dois longer la rivière aux ordures, suis toujours l'affluent qui a le plus d'ordures à sa surface et tu me trouveras. Si t'es plus à l'orme, il faut d'abord que tu y reviennes.ll
Je dis à la femme : "Tu sais, si tu voulais me donner à bouffer et te prendre un coup de rein en échange, t'étais pas obligée de faire toutes ces manières, j'suis pas difficile... Mais bon, tu me facilites la tâche. T'as voulu m'embrouiller, comme toutes les autres, comme tous les autres. Alors, c'est plus facile pour moi de te dire bye bye. je t'embarque ces bouteilles de vieux pinard. Compensation pour ta tromperie.

Ange :
Je ne sais pas si je dois faire confiance à à Misfit. Et si il était comme tous les autres ? Et si il essayait de me berner ? Et si il était violent, sauvage, dégoûtant, ... humain ? Je m'assoie un instant et je médite. Je pèse les pour et les contre. Cette personne ne m'a pas menti pour l'orme. Mais j'ai peur d'être encore déçue. D'une voix sans expression, je lance à la Stryge: "T'en penses quoi toi ?"
La femme te regarde avec un sourire. "Dommage, tu aurais été délicieux..." Tu réalises alors ce que tu viens de manger. La viande avariée n'était certainement pas du porc.

Misfit :
La Stryge te jette un regard plein de confiance... de confiance en toi. Qu'est-ce qui fait que tu ressens le besoin d'avoir quelqu'un sur qui te fier, malgré ton dégoût de l'humanité ?
"OK, là c'est marre, je dis". Je descend la moitié de la boutanche d'un cou, puis je la brise sur une table et je la lui plante dans la gorge, tout en lui gerbant à la gueule.

Ange :
Certainement un vieux réflexe conditionné. Je suis perdu alors je demande mon chemin. L'humanité me dégoûte mais au fond de moi, cette part de naïveté qui n'a pas encore été écrabouillé par la méchanceté humaine espère encore que les autres sont dignes de confiance. Cette part de moi se rapetisse de jour en jour. Le jour où elle disparaîtra complètement, le jour où cette naïveté primitive sera anéantie, je ne sais pas si je serai capable de vivre encore. Je me tourne vers la Stryge. Si cette bête me fait confiance à moi, je peux faire confiance à un homme. Une dernière fois ?
|| OK, je vais me diriger vers l'orme. J'attends tes instructions là bas ||
La tension redescend. Le parfum se dissipe. La scène se fige. Que ressens-tu ?

Misfit :
La stryge est fatiguée. Il faut que tu la prennes dans tes bras pour la ramener jusqu'à l'orme à travers le fouillis de végétation
ll Je t'ai déjà donné mes instructions : suis la rivière de déchets. Je serai au bout s'il m'arrive pas de pépin en chemin. ll
Je me sens... dégoûté. Une grosse gueule de bois physique et morale. Je pisse sur les restes de la cabane et je me casse. Ce soir je dormirai à la belle étoile et même si on se gèle les couilles et qu'on est à la merci des prédateurs on est mieux que dans le giron d'une vieille folle, qu'elle se prétende belle ou tante ou toutes ces personnes qui disent savoir ce qui est bon pour moi alors qu'elles feraient mieux de s'occuper de leurs fesses.
HRP pardon pour le niveau de langage je sentais le personnage comme ça, j'espère que ça te gêne pas trop, sinon je peux faire un effort pour le faire évoluer FIN HRP

Joueur d'Ange :
HRP: je ne sais pas ce que tu en penses, mais on peut faire la jonction non ?

Thomas :
oui si tu veux. On voit ça lundi ?

Joueur d'Ange :
tu me diras comment ça marche ?

Misfit :
Et bien d'abord, on va se retrouver, on va peut-être échanger un peu et après il y aura quelques questions cruciales
(je démarre, histoire de gagner du temps)
Arrivé au bout de la rivière de déchets, tu trouves en effet Misfit qui t'attend, en train de cuver dans les feuilles mortes. "Et bien te voilà. On va pouvoir se mettre en route. Du moins si ton dégoût de l'humanité te pousse à me mettre un coup de couteau entre les omoplates au moindre faux pas"

Ange :
Je suis surpris par ce ton direct et cette franchise. Je tiens toujours la stryge endormie dans mes bras. "Je te fais confiance jusqu'à ton prochain faux pas, en effet..."

Misfit :
alors je vais être cash et t'en dire plus sur ta destination. Je vais t'amener chez toi comme promis mais ça ne veut pas dire t'amener quelque part, au contraire. Ton chez toi ce sera la route, c'est le seul endroit où tu seras bien, et ton seul foyer ce sera un copain.
HRP : A moins que tu ressentes le besoin de dialoguer plus avant avec Misfit d'abord, tu dois répondre à ces questions :
+ Quitte-tu Misfit ou continuez-vous la route ensemble ?
+ Essaie-tu de tuer Misfit ?
+ Maintiens-tu l'objectif que tu t'étais fixé pour votre jonction ? Si non, quel est
ton nouvel objectif ? FIN HRP

Ange :
Je regarde l'homme en face de moi avec surprise. On peut voir que je suis très déstabilisé par cette réponse. Je ne m'attendais pas du tout à cela. Tout en gardant le garçon dans les bras, je m'avance vers Misfit et je m'assoie à côté de lui. "J'ai bien peur de ne pas comprendre... Eclaire-moi."

Misfit :
chez toi, c'est nulle part. N'espère retourner d'où tu viens et retrouver les tiens. Tu n'y trouveras que ruine et désolation, que la mesquinerie et les atrocités des sédentaires, ceux là-bas qui se prétendaient ta famille et tes amis, tu n'y verras que des monstres, aussi humains soient-ils. Ton vrai chez toi, c'est pas ton ancien chez toi que tu as oublié et que tu idéalise, mais c'est ton nouveau chez toi, la route, à toujours fuir cette humanité qui nous débecte tous les deux. C'est pour que ça que je suis ton guide idéal : parce qu'on va au seul endroit qui sera bien : nulle part

Ange :
Je regarde le ciel avec mélancolie et soupire. Petit à petit, cette illusion que je m'étais fabriqué de toute pièce sur mon "chez moi" se détricote. Et si Misfit avait raison ?

"Et toi ? Tu cherches un chez-toi aussi ?"

Misfit :
Ben non, je cherche juste un copain, et peut-être un chien.

Ange :
Je m'attendais à quelque de plus profond et je regarde maintenant Misfit avec méfiance. Je pensais que nous allions être sur la même longueur d'onde, mais ce qu'il dit fait l'effet d'un coup de fouet sur mon esprit. Comment ai-je pu me laisser berner ne serait-ce qu'une seconde par ce type qui ne comprend définitivement pas ce que je ressens.

"OK... Montre moi le chemin alors !" dis-je avec un ton neutre. Ma frustration est visible et mon humeur changeante est suspecte. Dès que Misfit a le dos tourné, je lâche l'enfant et tente de le poignarder. Je terminerai mon voyage seule: nos destinations ne sont pas compatibles.

Misfit :
Est-ce que je maintiens mon objectif (trouver un copain d'errance) : oui, du moins je crois que j'y suis parvenu, ne sachant pas ce qui se trame. Alors que je te tourne le dos, je dis juste une chose : "Par contre, il faudra tuer la stryge. On peut pas se coltiner une créature qui bouffe les yeux des bébés"
Est-ce que j'essaye de te tuer : Non, j'ai confiance en toi.
Tu dois maintenant répondre à cette dernière série de questions :
Misfit accomplit-t-il son objectif (trouver un copain d'errance) ? Je pense que non, vu ce que tu viens de dire, mais je dois quand même te demander.
Si Misfit essaye de te tuer, y survis-tu ? Question caducque, puisque Misfit n'essaye pas de te tuer

Ange :
D'accord avec toi: Misfit ne trouve pas son copain d'errance
Je continuerai de voyager avec la Stryge

Misfit :
Est-ce que ton personnage accomplit son objectif ? Non, il ne trouvera jamais son chez-lui. Il quitte Misfit alors que son corps est à peine froid, entraînant la Stryge avec lui. Peut-être créeront-ils un nouveau chez eux, l'ancien est sûrement perdu.
Misfit est mort comme il a vécu, sans fleurs ni couronne


Discussion après-jeu :

Thomas :
Merci beaucoup d'avoir joué !
As-tu des commentaires ?

Joueur d'Ange :
Merci pour la partie.
Je te ferai quelques commentaires quand je trouverai le temps de mettre tout cela à plat
qu'en as tu pensé ?

Thomas :
Et bien c'était la première fois que je faisais pas réseau sociaux, donc les échanges sont plus développés que par sms, c'est intéressant (mais en revanche c'est plus décousu vu que ni l'un ni l'autre on avait les dispos de répondre tous les jours). Je pense que toi et moi on est parti sur une pente plus noire qu'à l'accoutumée, moi ça m'intéresse pour changer, j'espère juste que ça ne t'a pas dérangé

Joueur d'Ange :
Concernant la partie:
- J'ai bien aimé dans l'ensemble. J'ai retrouvé avec plaisir l'univers de Millevaux
- J'ai eu beaucoup mal à me positionner dans la narration. J'ai beaucoup joué par forum quand j'étais plus jeune et cette expérience s'en rapproche pas mal. Ceci dit, le format facebook ne permet ni l'immersion (confort de lecture, image, mis en forme de texte) ni le plaisir littéraire (messages en général court, pas spécialement fouillé)
- J'ai eu du mal à trouver des accroches pour ton personnage. Les quelques obstacles que j'ai tenté de mettre en oeuvre ne me satisfont pas à 100%, d'une part parce que Misfit n'avait pas d'attache à part la route, d'autre part peut être parce que j'avais du mal à me mettre dans le jeu à cause du format. J'aurai aimé trouver mieux, plus poignant, plus percutant, plus pertinent.
- J'ai un peu de regret de ne pas avoir réussi à exploiter à 100% mon personnage, surement pour les mêmes raisons que pour Misfit
- In fine, j'ai dû déployer des outils à moi pour tenter de trouver de quoi avancer: poser des questions, trouver des attaches, poser un choix moral, ect. Bref, j'avais l'impression de jouer un version bâtarde de Terres de Sang et Inflorenza Minima. Cela ne veut pas dire que c'était pas cool, au contraire. Une simple sensation de flottement en jeu, de difficulté de positionnement de ma part.
Voilà voilà !
Merci pour la partie en tout cas. C'était très cool ?

Thomas :
Merci beaucoup pour ton retour ! Pour la petite info, Mycorhizes est plus ou moins un hack de Inflorenza Minima, donc c'est en effet utile d'y réincorporer des notions de Minima. Par ailleurs, je pense que Les Forêts Mentales, spécialement étudié pour le format forum, t'aurait peut-être davantage convenu au vu de ton retour.
Mon choix de personnage a pu en effet poser problème, je m'en rends compte. j'ai fait un personnage de clochard inspiré de Bukowski, et du coup, c'est presque littéralement un murder hobo. ça n'est pas impossible de trouver des attaques morales pour un tel perso, mais ça prend du temps, c'est plus difficile que, par exemple, mon précédent perso de Mycorhizes qui était un père de famille
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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