[Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

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Felondra (Emmanuel)
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[Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par Felondra (Emmanuel) » 13 mars 2018 13:15

Hier soir, j'ai donc fait joué "éternel samedi soir", le jeu de boucle temporel que Côme a créé pour un concours de jeux de rôle en 250 mots. Mais maintenant il en a fait une version en une page (avec marges réduites au minimum), donc y'a plein de matière !


Allez hop, rapide description de fiction puis retours persos (et de la tables ur place). Spoiler : ce fût une excellente partie pour tous !

On a décidé, pour changer, de jouer en Belgique. Il s'agissait d'une fête étudiante organisée par Justine, une des filles populaires du cercle de Droit de l'université de Louvain-la-Neuve (grosse ville étudiante belge).
Les parents étant partis et les examens terminés, elle a organisé un "p'tit quelque chose" dans la maison familiale de campagne. Une grande et belle maison à deux étages, avec escalier monumental, galerie des glaces, grand jardin, ...

En amont, j'avais préparé deux choses :

1) Une playlist de 30 minutes. Le jeu prévoit qu'on joue 30 minutes de fiction en boucle, je me suis dit que remettre la même musique à chaque fois fonctionnerait. Et que les différentes scènes auraient des "musiques dédiées" pour matérialiser l'avancée de la ligne du temps.

2) J'ai déterminé que les personnages mourraient dans un accident de voiture causé par trois événements :
- A drogue le punch ;

- B et C se battent et les policiers sont appelés, ce qui met fin à la fête.

- D met un des persos, à qui iel est lié.e, dehors.

Les lettres représentent des PnJ destinés à être remplis en fonction des PnJ proposés par les joueurs dans leur création de perso.

A table nous avions :

- Meiling Sow, une féministe qui a un désamour viscéral des gosses de riches, ces sales privilégiés.
Ses trois souvenirs positifs :
- Quand elle a vu Francis (PJ) se faire casser la gueule par une fille parce qu'il la ramenait encore devant elle, et que finalement ils ont eu de belles discussions autour d'un verre ou deux à propos de ça. Elle pensait pas que Francis était autre chose qu'un macho de base, avant ça.
- Sa rencontre avec Justine (PnJ), dans leurs premières années de secondaire. Ca lui a donné un ancrage et elles sont restées très proches - ce qui fait qu'aujourd'hui, Meiling a été invitée à cette fête de bourges et qu'elle a pas pu dire non.
- Quand elle était petite, son père lui apprenait à cuisiner tous les week-ends.

Ses regrets :
- Pendant la fête, elle a été mesquine avec Justine alors qu'elle voyait bien que Justine était mal.
- Elle n'a pas dit à Christian qu'il lui plaisait, alors que ça faisait quelques semaines qu'ils se tournaient autour.
- Elle aurait voulu être une nouvelle Bourdieu (elle étudie la sociologie).

- Francis Vandevelde, un beau gosse parfois colérique.
Je n'ai plus ses souvenirs positifs en tête et le joueur a gardé la feuille de perso, malheureusement.

Ses regrets :
- Ne pas avoir pu essayé les pilules qu'Edouard voulait ramener à la fête. Apparemment, celles-là étaient particulièrement violentes !
- Quelques jours avant la fête, il a fait pleurer Tania, sa meilleure amie dont il est un peu épris. Et il n'a pas pris le temps de se rabibocher avec elle.
- Il aurait voulu rendre son père fier.

- Antoine de La Guardère, un mec prêt à relever tous les paris foireux qu'on lui propose et plutôt buté.
Je n'ai plus ses souvenirs heureux non plus... Mais en gros c'est le petit ami de Justine, la fille qui organise la soirée.

Ses regrets :
- Il a beaucoup trop bu à cette soirée ;
- Il a embrassé Tania, et même un peu plus... ça a fait de la peine à Justine. Et il se trouve con de ça.
- Il aurait voulu devenir artiste-peintre. A la place il a choisi d'obéir aux désirs familiaux, de prendre la voie sûre...


Donc avec les ajouts des joueurs, j'aboutis à :

ACCIDENT DE VOITURE CAUSE PAR TROIS EVENEMENTS :
1) Edouard drogue le punch ;

- Christian et Monsieur Koens (le voisin) se battent et les policiers sont appelés, ce qui met fin à la fête.

- Justine met Antoine dehors. Comme il est bourré et que Meiling n'a pas bu, qu'elle conduit et rentre près de chez lui, elle prend sa voiture. Francis va avec eux.


Les PnJ :

- Justine (organisatrice de la soirée, petite amie d'Antoine et amie de Meiling)

- Tania (amie de Francis, a un crush sur Antoine)

- Christian (crush de Meiling).



La première boucle :

A ce moment, je ne dis pas tout. Je leur déclare simplement qu'ils reviennent avec des souvenirs flous de leur mort, qu'ils se voient environ 30 minutes avant l'accident. Ils me disent apparaitre comme des gens "normaux", sauf qu'ils voient leur double corporel pas loin.
Mécaniquement, je leur dis qu'ils peuvent faire ce que peuvent traditionnellement les fantômes et qu'ils réussissent une action sur un 8+. Je lance la musique.

Cette première boucle peut se résumer en 6 moments-clés :
1) Tania et Antoine sont sur le divan du salon. Clairement, ils ont trop bu. Au début de la boucle, Antoine a son bras au-dessus de l'épaule de Tania, il la baratine. Elle se penche en avant. Lui aussi. Ils s'embrassent. Elle pivote pour être accroupi sur lui. Là, Justine passe, voit ça et court se réfugier à l'étage.

2) Meiling cherchait un peu de calme et s'est réfugiée à la salle de bain de l'étage. Elle voit débarquer Justine, en pleurs. Meiling cherche à savoir ce qui ne va pas, Justine lui dit qu'Antoine embrassait Tania. Meiling lui dit "pas étonnant, ce mec attrape tout ce qui passe". Elles s'engueulent. Justine se barre.

3) Francis danse comme un ouf. Il attend Edouard qui doit lui ramener ses pilules. Du coin de l'oeil, il le voit dehors qui glisse de la poudre dans l'immense et dernier bol de punch. Edouard lui ramène un verre, ils trinquent. Quand Francis fait cul sec, la montée est immédiate. Une fille vient le coller. Ils dansent et se roulent des patins.

4) Antoine, bourré, essaye de monter les escaliers. Des gens le filment en riant tellement il est pathétique. Il croise Meiling qui descend les escaliers. Demande où est Justine. Elle le traite de connard.

5) Meiling va demander au DJ de couper la musique, que Justine veut que tout le monde se casse. Le DJ fait la sourde oreille. Elle voit dehors Christian qui a l'air de gueuler avec des potes. Il s'effondre. Il revient vers la maison, en se tenant le visage dans les mains. Du sang coule. Ses potes ont l'air horrifié.

6) Antoine toque à la porte de la chambre de Justine. Elle répond qu'il se casse. Il voit les gyrophares des flics. Elle sort de sa chambre. Il bredouille des excuses, elle lui dit de se casser. Puis va voir les flics.

A partir de là, c'est une sorte d'épilogue sans musique. Antoine est bourré et Justine veut pas qu'il reste. Y'a pas de place pour que Meiling et Francis dorment là. Meiling prend la voiture d'Antoine pour les ramener tous les trois. Les deux mecs s'endorment dans la voiture. Meiling s'assoupit. Un camion vient dans l'autre sens. Bang.

Et on recommence.


En gros,
- La première boucle a servi à voir ce qui se passait et tester des choses : renverser un téléphone, prendre possession un instant de quelqu'un, ce genre de chose. Evidemment les joueurs étaient un peu attentistes.

- La deuxième boucle a vu des petites améliorations, rien de bien flagrant.
Mécaniquement : Si je me souviens bien, c'est après la deuxième boucle que j'ai dit qu'ils pouvaient combler des regrets pour les barrer de leur feuille et gagner un +1 définitif sur leurs jets. Et la possibilité de supprimer un souvenir heureux, un trait de caractère ou même son nom pour obtenir +1 sur un jet.

- La troisième boucle a vu plus d'actions : Antoine repoussait plus franchement Tania pour pas que Justine soit fâchée, le bol de punch était renversé par Meiling pour pas que la drogue circule, ils observaient ce qui se passait entre Chrisitan et le voisin (en gros Christian et ses potes s'engueulaient, balançaient une bouteille vide à la gueule du voisin qui répliquait avec une brique avant d'appeler les flics). La timeline commençait à être changée, mais rien de transcendant.
Mécaniquement : A la fin de cette troisième boucle, je leur ai annoncé les conditions de victoire : trois "événements" menant nécessairement à la fin tragique et la nécessité pour s'en sortir d'empêcher ces trois événements ET de réparer tous ses regrets.

- La quatrième boucle a vu la mise en place de plein de choses esquissées avant : y'avait clairement une "routine" qui se mettait en place, une "meilleure version" qu'ils essayaient de reproduire/améliorer encore. Tout en trouvant des manières de laisser leurs regrets derrière eux. Ca a mené à de très belles scènes, où on sentait les personnages qui faisaient un retour sur eux-mêmes, qui comprenaient qu'ils pouvaient "être meilleurs", changer, assumer ce qu'ils voulaient vraiment faire. Par exemple, Francis a avoué ses sentiments à Tania, Antoine s'est mis à peindre un tableau avec Justine dans sa chambre, Meiling s'est rendu compte que Christian était en fait un connard imbu de lui-même et qu'elle n'était peut-être pas si détachée et "meilleure" que d'autres pour les "analyser" sociologiquement parlant.
Mécaniquement : beaucoup de regrets ont été réparés là et ils sont parvenus pour la première fois à empêcher les trois événements déclencheurs d'arriver. J'ai dû improviser que les parents rentraient plus tôt que prévu et foutaient tout le monde dehors, ce qui amenait les trois PJ sur la route fatale... Il ne restait qu'un regret à combler pour Francis ("rendre mon père fier de moi").

- La cinquième boucle a vu le dernier regret effacé (une résignation : de toute façon, on est foutus même si la police n'est pas prévenue. Alors autant simplement dire à mes parents que je les aime) et la fin de partie. Meiling reprend possession de son corps et empêche l'accident au dernier moment. Ils sont "aspirés" dans leurs corps respectifs. Ils se regardent, se demandent si ils ont la même impression bizarre. Appellent un taxi.
Antoine est reparti sur le bon pied avec Justine et s'est rendu compte qu'il pouvait peindre comme "hobby" avec elle, voire lancer quelque chose à deux après leurs études.
Francis a arrêté de draguer à tout va pour se lancer dans une relation construite avec une fille à qui il tient vraiment, Tania. Il espère que ça ira.
Meiling, la seule à avoir renoncer à quelque chose (sa haine farouche des gosses de riche) est en questionnement profond. La sociologie lui plait soudain moins parce qu'elle ne se voit plus comme une sauveuse potentielle. Qu'est-ce qui l'attend maintenant ?




RETOURS

Création de persos :

- Moi j'ai beaucoup aimé les éléments à mettre. Les "souvenirs positifs", c'est pas souvent qu'on en parle en jdr. Ca a fait de beaux personnages, avec un chouette contenu rapidement. Les éléments ont fourni une bonne base à la création, notamment en incluant des PnJ et des rapports. Après on est tous rentrés vite et bien dans la fiction.

Les boucles temporelles :

- On a tous beaucoup aimés ! Côté MJ, j'avais peur - première expérience en boucle temporelle. Et je trouve que le jeu donne quelques guides suffisant pour faire vraiment du très bon boulot. Et puis ça me montre aussi que je grandis comme MJ, qu'avec moins de rails je peux arriver à de belles choses. Et évidemment, la table a fait beaucoup aussi : on prenait hyper bien les perches tendues, on rebondissait sur les propositions, ... Top !

- La playlist a bien fonctionné. Un des joueurs a suggéré qu'en ouverture je prenne une musique plus franche (j'avais misNo good (Start the Dance) de The Prodigy), il trouvait que c'était fort "générique" et que commencer avec une musique plus marquante dans le beat ou la mélodie aurait été plus impactant. Au fil des boucles, les musiques s'enchainaient avec quelques temps-repères (démarrage de certaines musiques sur certaines scènes pour représenter le temps qui s'écoulait). La fin se passait en silence (les policiers coupaient la musique). C'était très chouette aussi, ce passage calme. L'accident. Puis BAM on relance la musique.

- Sur les 3 dernières boucles, on faisait un tour en fin de boucle pour voir si des regrets avaient été réparés. Ca a amené quelques chouettes discussions avec les joueurs sur ce que voulait dire "réparer un regret", ce que leur personnage vivait. Super.

- Petit à petit, les choses s'enchainaient de plus en plus vite - j'ai précisé aux joueurs que si ils voulaient cadrer des scènes différemment que ce qu'on avait fait, ils pouvaient. A chaque boucle je reprenais le même ordre d'enchainement des scènes mais bien sûr, il était possible de mettre en lumière ce qui avait été laissé dans l'ombre, etc. Le rythme là aussi était bon. De plus, à partir du moment où un événement avait été réussi une ou deux fois et était important, je ne faisais plus lancer les dés pour. Par exemple le renversement du punch ou le fait de repousser Tania pour pas faire de peine à Justine. Ca a aidé à fluidifier le jeu.

- En plus, le focus sur l'un ou l'autre personnage changeait au fil des boucles. La première s'est fort centrée sur Antoine et Justine, puis les suivantes ont vu Francis et Meiling gagner en présence (notamment parce qu'Antoine était en haut rapidement alors qu'une partie de ce qu'il y avait à faire se passait en bas).
Les regrets aidaient à ça aussi : comme chaque personnage doit barrer tous ses regrets, il y a des moments où le focus se déplace sur un joueur pour qu'il cadre plus franchement une scène de réparation de regret ou autre. C'était très chouette.

- Ca a beaucoup plu que je révèle petit à petit les mécaniques du jeu. Ca permettait de passer par une phase de "découverte" puis petit à petit de gagner des objectifs plus clairs et d'orienter le jeu. Mais ça m'a paru important de les laisser "créer du jeu" dans un premier temps, pour ne pas qu'ils "optimisent" tout de suite. Ils étaient d'accord.

- Ils ont adoré joué l'enveloppe corporelle de quelqu'un d'autre, même si ça a été une vraie gymnastique mentale au début. Une partie de l'intérêt s'est porté là-dessus. Y'avait clairement du jeu entre l'esprit et l'enveloppe corporelle, parfois ils se mettaient des peaux de banane, parfois ils poussaient dans la même direction. C'était très rafraichissant à jouer, très chouette.


Sur les mécaniques

- Ils ont eu beaucoup de réussite aux dés en début de partie. Je pense que ça a un peu tuer la mécanique de sacrifice : je crois qu'ils réussissaient genre 2 jets sur 3 à 8+...

- Du coup, ils ont trouvé la mécanique de sacrifice un peu faible. Ils auraient préféré que quand ils doivent sacrifier quelque chose, ce soit plus dur. Les traits de caractère, notamment (mais peut-être que je n'ai pas assez insisté pour qu'ils en créent des méga importants pour leurs personnages) n'avaient pas l'air de constituer un vrai dilemme à enlever. Mais peut-être que c'est dû au fait qu'ils réussissaient tous leurs jets importants et donc n'ont pas eu de gradation dans le sacrifice. Je ne sais pas, je pense qu'on est passés à côté de cette mécanique du coup.

- Je n'ai finalement pas utiliser le tableau des incidents mais j'ai beaucoup aimé qu'il soit là. Ca me donnait une béquille au cas où.



Hésite pas si t'as des questions complémentaires, Côme. Je vais filer le lien du sujet aux joueurs pour qu'ils passent mettre leurs retours si ils veulent / peuvent ;)

Et merci pour ce trop cool jeu !

Emöjk Martinssøn
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Re: [Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par Emöjk Martinssøn » 13 mars 2018 13:33

Merciiiiii ! Que mille poneys assouplissent le pré où reposent tes ancêtres <3

Deux-trois détails :
Felondra (Emmanuel) a écrit :
13 mars 2018 13:15
- La quatrième boucle...
Mécaniquement : beaucoup de regrets ont été réparés là et ils sont parvenus pour la première fois à empêcher les trois événements déclencheurs d'arriver. J'ai dû improviser que les parents rentraient plus tôt que prévu et foutaient tout le monde dehors, ce qui amenait les trois PJ sur la route fatale... Il ne restait qu'un regret à combler pour Francis ("rendre mon père fier de moi").
Tu aurais aussi pu les ramener en début de boucle avec cette conviction qu'ils ont empêché leur mort mais que ça ne suffit pas tant qu'il y a encore des regrets, sans faire intervenir un twist de plus. Je trouve ça intéressant parce que ça fait basculer la partie au cas où les regrets ne sont pas encore trop intervenus : ne pas mourir ne suffit pas, il faut aussi vivre heureux :)
Mais la manière dont tu l'as géré était très bien vue !
Felondra (Emmanuel) a écrit :
13 mars 2018 13:15
À partir du moment où un événement avait été réussi une ou deux fois et était important, je ne faisais plus lancer les dés pour. Par exemple le renversement du punch ou le fait de repousser Tania pour pas faire de peine à Justine. Ca a aidé à fluidifier le jeu.
Ça, je te le pique ! Excellente idée !
Felondra (Emmanuel) a écrit :
13 mars 2018 13:15
Ils ont trouvé la mécanique de sacrifice un peu faible. Ils auraient préféré que quand ils doivent sacrifier quelque chose, ce soit plus dur. Les traits de caractère, notamment (mais peut-être que je n'ai pas assez insisté pour qu'ils en créent des méga importants pour leurs personnages) n'avaient pas l'air de constituer un vrai dilemme à enlever. Mais peut-être que c'est dû au fait qu'ils réussissaient tous leurs jets importants et donc n'ont pas eu de gradation dans le sacrifice. Je ne sais pas, je pense qu'on est passés à côté de cette mécanique du coup.
J'aime bien l'idée que le sacrifice soit là juste pour un coup de pouce au bon moment. Tu as foiré le jet décisif ? Est-ce que tu es prêt à sacrifier ton plus beau souvenir pour le réussir et éviter votre mort ?
Cela dit, rien n'empêche de le booster mécaniquement, par exemple en mettant des bonus à +2 au lieu de +1, ou même en décidant qu'un sacrifice = une réussite automatique... À creuser !

Felondra (Emmanuel)
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Re: [Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par Felondra (Emmanuel) » 13 mars 2018 13:52

Alors :

- Pour l'arrivée des parents, je trouvais ça bizarre de les faire boucler sans mort. Mais c'est vrai ^^

- Pour le piquage, avec plaisir !

- Je précise pour le sacrifice : ils trouvaient que les éléments que le jeu propose de sacrifier n'étaient pas assez forts que pour vraiment hésiter à les balancer. Surtout les traits de personnalité : oublier qu'ils étaient colérique, prompt à s'engager dans des paris foireux ou qu'elle n'aimait pas les gosses de riche, ils s'en foutaient. Mais c'est peut-être moi qui devais mieux diriger la création des personnages pour rendre chaque élément difficile à rayer pour eux.
Et puis je persiste : ils ont eu une chance insolente. Ca n'a pas du tout été un problème en jeu (notamment parce que l'effet des "pouvoirs" était temporaire - attention donc ce n'est pas écrit dans le jeu que c'est temporaire - donc réussir la majorité des jets n'a pas tué le truc) mais je pense que ça n'a pas aidé à valoriser la mécanique. Parce que gommer un trait de personnalité plutôt handicapant, on s'en fiche. Gommer un souvenir heureux, ça l'aurait tout de suite moins fait ;)

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KamiSeiTo
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Re: [Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par KamiSeiTo » 13 mars 2018 14:22

Felondra (Emmanuel) a écrit :
13 mars 2018 13:15
- Francis Vandevelde, un beau gosse parfois colérique.
Je n'ai plus ses souvenirs positifs en tête et le joueur a gardé la feuille de perso, malheureusement.
Pire que ça, il l'a jetée à la poubelle, le salôôô !!! ^o^
Les souvenirs de mon perso, c'était :
- La fois où bourrés avec Antoine ils avaient piqué des trucs sur un chantier pour aller redécorer une fontaine de rond-point.
- Quand Tania a enfin quitté son mec toxique, après des mois à tenter de l'en convaincre.
- Les fois où son père prenait congé le dimanche pour les emmener au zoo.

Les souvenirs d'Antoine je crois qu’il y avait :
- Être allé à une manif' féministe parce que Meiling l'avait défié, et il y a pécho Justine.
- Sa première (d'une longue série) nuit d'ébats torrides avec Justine.
- La ballade en Ferrari avec son père à 4 ans et demi.

Et au passage, le bon souvenir de Meiling c'était juste d'avoir vu ce con prétentieux de Francis se faire casser la gueule et humilier, ils sont pas devenus amis ou quoi après, c'était juste un soulagement à voir. ^^'

Et c'est Francis qui renversait le bol de punch, pas Meiling. ^^'


Sinon c'est très bien résumé. Quel kiff ce jeu !!! Tellement frais (histoire pas si courante à raconter en JdR), un petit défi de jeu super stimulant (jouer les uns les autres, penser en boucle, tout ça), et un résultat uuuuultra plaisant !!!!!!!!!!!!!!! °o°
Ça ne tient pas qu'au jeu, on a une certaine synergie et on a été spécialement bon, mais a minima le jeu nous a offert le champ, nous a soutenus, et même propulsés/encouragés.
Chapeau bas Emöjk !! Et grand merci. n_n

Pour préciser sur là où j'ai trouvé le sacrifice "pas assez fort" (mais c'est vrai qu'on a globalement eu une chance insolente), c'est que je me dis qu'il y a quelque chose de beau, d'une beauté tragique, dans le sacrifice, et finir par survivre et avoir le droit de continuer à vivre, mais en ayant perdu non pas le souvenir d'une bonne anecdote (une soirée bourrée, une partie de jambes en l'air, même le jour spécifique de la rencontre avec sa meilleure amie), mais carrément un aspect de personnalité, de quelque chose qui fait que tu es toi, je trouve ça horrible et donc beau. Ne plus te souvenir que tu étais un passionné de belles bagnoles (et donc ne plus l'être, et en rentrant chez toi décrocher tous ces posters en te demandant pourquoi t'avais collé ça sur tes murs), perdre jusqu'au souvenir de ta meilleure et seule amie de toujours, et ne plus la considérer que comme une inconnue qui a l'air un peu folle à te parler de souvenirs que tu n'as jamais eus... Je trouve ça plus beau, plus fort, parce que plus significatif comme perte.
... Mais j'ai mon propre rapport à la notion de sacrifice dans les fictions. ^^'

Mais sinon top. Vraiment top. Tellement top !! (Avec les ajouts bienvenus de Fel' comme la bande son et de zapper les jets de dés réussis quand on refait juste exactement la même chose, pour se concentrer sur ce qui est vraiment intéressant.)
Encore merci. n_n

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Re: [Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par Emöjk Martinssøn » 13 mars 2018 15:44

Merci à nouveau !

Pour les traits, il est tout de même précisé dans les règles « deux traits marquants de leur personnalité ». Alors ça dépend de comment tu interprètes ça, évidemment, mais par exemple, oublier le trait « colérique » veut dire que tu oublies carrément une émotion, et que tu ne la reconnais plus lorsque ton Enveloppe Corporelle s'énerve... C'est pas rien ! Même chose si Meiling avait rayé « féministe », l'impact est grand je trouve.

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Re: [Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par KamiSeiTo » 13 mars 2018 16:46

Oui, je suis 100 % d'accord pour les traits.
En fait, je pensais aux souvenirs, spécifiquement, en disant ça (oublier un de ses deux traits est terrible, et son nom encore pire).
Je me rends compte que tu y as peut-être mis une gradation, mais comme l'a dit Felondra notre chance globale aux jets de dés a peut-être limité notre perception globale sur cette mécanique. ^^'

D'ailleurs je me disais : quelle incitation à pousser la réussite sur un jet, plutôt que de se dire tant pis et retenter à la prochaine boucle ? (Hormis le risque de louper le dernier métro dans la vraie vie. ^^')
Très honnêtement, c'est pas un truc qu'on a ressenti à table, je crois, parce que quand on est à fond dedans et qu'on voit qu'on n'était pas loin de réussir, la tentation semble avoir été là (je dis semble, parce que c'est ce que j'ai vu chez mon voisin, moi quand je faisais pas une réussite, c'était genre un 1 ou un 2 donc bon... ^^').
N'empêche y a un moment au début où ça m'est arrivé, j'ai pas réussi à faire je-sais-plus quoi, du coup c'était fichu mon moi-encore-vivant était trop occupé par la danseuse qui lui sautait dessus, mon moi-fantôme s'est dit "bon de toute façon on empêchera pas je-sais-plus-quoi donc autant en profiter". C'était d'autant plus beau (pour moi ^^) quand plus tard dans le jeu, revenu au même moment Francis repousse avec une désinvolture insultante ladite danseuse pour aller s'occuper de Tania qui pleurait. Le parallèle de ces deux scènes était chouette. n_n
Bref, je me retrouve à raconter ma partie... T_T
Mais ma question c'était quelle incitation à pousser la réussite sur un jet, plutôt que de se dire tant pis et retenter à la prochaine boucle ?

Emöjk Martinssøn
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Re: [Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par Emöjk Martinssøn » 13 mars 2018 17:05

Très honnêtement, je ne pense pas qu'il y en ait ; ça dépend sans doute du style de jeu de chacun, et peut-être aussi d'à quel point tu n'as pas du tout envie que certaines actions se réalisent (dans le cas de trucs horribles genres blessures physiques ou sociales).
Mais dans les faits, ça relève sans doute de deux manières différentes de jouer au jeu. Au départ, j'avais hésité à « punir » le recommencement en forçant les PJ à oublier quelque chose à chaque boucle, mais je ne trouvais pas ça assez intéressant pour le garder dans la version finale.

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Re: [Eternel Samedi soir] Un crash sans fin

Message par KamiSeiTo » 13 mars 2018 17:17

OK, merci. n_n
Après comme je l'ai dit, je pense que pris dans le flux du jeu (et l'habitude rôliste ou la non-habitude des boucles temporelles), on pense pas forcément comme ça. ^^'

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