S'améliorer, un tabou rôliste ?

Pour échanger autours des différentes pratiques des jeux de rôle alternatifs
Guylène
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Re: S'améliorer, un tabou rôliste ?

Message par Guylène » 28 mars 2018 16:32

@KamiSeiTo : alors pour donner quelques exemples représentatifs (parce que vraiment, j'ai vu ça TRES souvent) :


1) Sur les réseaux sociaux, groupe types "discussion de rolistes" ou sur forum : évocation d'un problème (le souvenir précis qui me revient c'est "les comportements sexistes relous à table", mais ça a été appliqué à des choses beaucoup plus mécaniques et propres au jdr) : des gens échangent sur comment résoudre ce problème, ou bien vident leur sac sur "ah oui ce problème est vraiment pénible" et tout d'un coup quelqu'un intervient en disant "en 15 ans de masterisation j'ai jamais vu ça à ma table, c'est bien que vous vous prenez la tête pour rien".

Sur les points d'amélioration, on a la variante qu'on a pu voir en réaction aux ouvrages de Lapin Marteau : "en 15 ans de masterisation à ma table, j'ai jamais eu besoin d'un bouquin de théorie de jdr, c'est bien que ce bouquin ne sert à rien".

Plus généralement, les réactions à la collections Sortir de l'Auberge regorgaient de ce genre de commentaires et de réactions qui mélaient les points que j'évoquais.

2) Il y a quelques semaines, on va dans un games Workshop pour trouver des peintures à mon compagnon. On discute, le vendeur me demande si je ne veux pas me mettre à la peinture de figurines, je réponds "oulah non, j'ai déjà bien assez à faire avec le jeu de rôle". Et lui de me répondre "oh c'est pas incompatible! Vous savez, moi je suis MJ depuis 6 ans et on peut faire les deux!" Ce n'est pas ici exactement un notion "d'amélioration", mais j'ai trouvé qu'encore une fois on mettait sur une échelle du "pouvoir" (pouvoir faire de la peinture de fig ET du jdr) des éléments qui n'avaient juste rien à voir : être MJ plutôt que joueurs (...ou autre!), et le nombre d'années dans les pattes, plutôt que par exemple le degré d'investissement dans le loisir.

3) D'une manière plus insidieuse : observer la façon dont les gens parlent de leur pratique du jeu vidéo et de jeu de rôle (les mêmes personnes j'entends). En jeu vidéo, on va comparer les scores, les xp etc. En jeu de rôle, ces mêmes personnes n'auront pas le même type d'intéractions et vont juste raconter leur partie ("he regarde comment ma partie elle était cool"). Dans un cas on avait clairement une compétition entre les interlocuteurs (le skill etc), mais pas dans l'autre.

4) Parler d'améliorer son roleplay : j'ai vu plusieurs fois des tables (en ludothèque notamment) avec une admiration pour le roleplay de leur MJ ("notre MJ il est trop fort, il incarne trop bien les personnages!"). Mais j'ai souvenir d'avoir évoqué mon désir d'être plus à l'aise en roleplay à mes débuts en JDR, et on m'a répondu qu'il fallait plutôt faire du théâtre... Ou être MJ

Voilà pour quelques exemples !

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Tiramisù
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Re: S'améliorer, un tabou rôliste ?

Message par Tiramisù » 29 mars 2018 10:05

KamiSeiTo a écrit :
28 mars 2018 15:41
Cette réaction de crispation m'intrigue parce que personnellement je ne l'ai jamais vue (à une exception près, chez une seule personne, à Eclipse quand Eugénie a présenté son atelier).
Est ce que tu peux nous raconter cette réaction ?

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KamiSeiTo
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Re: S'améliorer, un tabou rôliste ?

Message par KamiSeiTo » 29 mars 2018 10:29

Merci Guylène !
Je me rends compte que j'ai vraiment de la chance, dans les rôlistes que je connais (ça m'avait fait le même choc en découvrant tous les Et pourtant elles jouent, etc.) ! é_è

@Tiramisù : je sais pas si ça vaut vraiment le coup de développer... ^^'
Y avait un type derrière moi dans l'amphi (à Eclipse, il y a la bourse aux parties qui se tient dans un amphi, où tous ceux qui proposent une partie (ou un atelier ^^) lors d'un créneau présentent leur proposition aux gens qui vont ensuite essayer de s'inscrire à l'un ou l'autre) qui a dit (assez fort) un truc du genre "Ah ! Ça fait 15 ans que j'fais du jeu de rôle, si elle croit qu'elle a des trucs à m'apprendre..." ou quelque chose du genre.
Accessoirement, d'après des retours de gens qui l'ont eu à leur table (comme joueur ou meneur), il est du genre "spécial", peut-être une petite déficience mentale ou juste un côté "à côté de la plaque"( je sais pas comment le dire sans que ça sonne péjorativement, mais c'est par manque de mots, je n'y vois rien de péjoratif •é_è•) ; ça n'excuse pas tout mais ça peut expliquer aussi une certaine difficulté à remettre sa pratique en cause, à dire tout haut ce qui lui passe par la tête et/ou à ne pas se rendre compte qu'il parle trop fort (des propos qui peuvent blesser la personne en train de présenter, en l’occurrence).

Arca
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Re: S'améliorer, un tabou rôliste ?

Message par Arca » 29 mars 2018 15:28

Tu peux dire "con", tu sais, c'est gagner du temps (et éviter aux gens d'en perdre).
cf La cellule de jeudi dernier.

A priori, cette démarche n'est pas faite pour lui. Tant mieux pour tout le monde, non ?

Est ce qu'être inclusif, c'est vouloir a tout prix que lui et vous passent un mauvais moment?

Valentin T.
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Re: S'améliorer, un tabou rôliste ?

Message par Valentin T. » 29 mars 2018 19:10

J'ai déplacé deux messages à cette adresse : viewtopic.php?f=4&t=955&p=6821#p6819

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Blames
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Re: S'améliorer, un tabou rôliste ?

Message par Blames » 26 juin 2018 12:52

Je risque de faire revivre un post peut-être mort, mais la question est extrêmement intéressante, tout autant que voir la virulence des réactions.

Je ne sais pas trop quoi penser, et je me suis observé réagir très viscéralement moi aussi à la question du JDR alternatif. Je me demande encore pourquoi, et je pense que creuser la question donnera d'excellentes choses. Mais bref.

Est-ce que le problème ne tiendrait pas dans son approche ? J'ai l'impression que si on prenait le jeu de rôle pour ce qu'il est, on sortirait du débat "faut-il fustiger le concept d'amélioration".

Ce que je veux dire, c'est : pourquoi ne pas considérer le JDR comme un média à part entière ?
Ainsi, le paradigme "alternatif" reprend sa définition, c'est à dire "autrement". Autrement n'est pas mieux, et ça tout le monde est d'accord.

Si on compare à la littérature, vouloir écrire autrement (en changeant les codes narratifs établis par exemple) ce n'est pas se prétendre meilleur auteur, mais juste explorateur de son média, nan ? C'est savoir qu'on ne plaira pas à tout le monde. Mais pour autant, les autres lecteurs n'ont pas à se sentir aggressés.

Non s'améliorer n'est pas tabou, mais peut-être est-ce très maladroit ?
Beered Beast Blog - Blog qu'il est bien.

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