[Bois-Saule] La gesticule des buveurs de pluie

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thomas munier
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[Bois-Saule] La gesticule des buveurs de pluie

Message par thomas munier » 27 mars 2020 15:27

LA GESTICULE DES BUVEURS DE PLUIE

A la recherche des gouttes de pluie et des souvenirs qu’elles contiennent, une session où le joueur prend le pouvoir ! Un récit, un enregistrement et une vidéo par Claude Féry

Le jeu : Bois-Saule, jeu de rôle pour errer dans les ténèbres sauvages de la forêt de Millevaux

Joué le 19/03/2019

Suite de la campagne Les Brimbeux. Voir la liste des épisodes précédents.

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Frida, cc-by-nc, sur flickr

Hier, nous avons joué à Bois-Saule avec Xavier la quatrième journée des aventures de Léo et Léonard d'eau, intitulé la gesticule des buveurs de pluie.
Xavier a été surprenant
Il est beaucoup intervenu et a ménagé le coup de théâtre attendu
Seul la phase de répit n'a pas été jouée.
Une belle session

Voici le témoignage audio de 1h15

Voici la feuille de personnage tapuscrit de Léo

https://drive.google.com/file/d/1eRS_FZ ... p=drivesdk

Voici les procédures

Voici le montage "vidéo" utilisé pour "l'atmosphère" de la partie

Voici la préparation non préparation ou feuille de route pour la partie


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photo : Claude Féry, par courtoisie


La préparation

Bois-Saule : quatrième journée.

Mon destin funeste : la papesse, un horla se nourrit des sacrifices.
Une question : pourquoi les renards contractent-ils la rage ?
Ma quête : pouvoir voler
Mes deux symboles : gentillesse, amour.

L’almanach nous indique :

Marche

19
Nous sommes sortis de nos abris après la tempête d'égrégore. Tout autour de nous, trophées, membres,
bijoux, statues. Une forêt de symboles.

20
Dans l'Arbre des Sephiroth, Shub-Niggurath est « Daath »,
le cercle caché, la bibliothèque cosmique de toutes les mémoires de l'univers.


Image
photo : Claude Féry, par courtoisie


Surnature nous renseigne :

Pour certains, les souvenirs sont plus précieux que le présent.

L'humus est le compost de nos souvenirs abandonnés.
Y plonger à perte de rêves, jusqu’à les user, les souiller ou exhumer la perle rare comme une fleur qui pousse
sur la charogne.

Retrouver un souvenir au risque de retourner dans le passé. Je poisse de nostalgie. Elle remplace bientôt ma sueur. Elle devient mon odeur. J’ai perdu mon sol. Va voix s’étiole. Je deviens gris. Le temps me fuit ou je fuie le temps. Les époques me traversent. Je deviens puits. Mes larmes ruissellent en perles de souvenirs. Les lavandières de souvenirs viendront bientôt ôter la souillure des eaux puisées dans mon caveau.

Le problème des mémoires n'est pas qu'elles se perdent, c'est qu'elles restent, même après la mort.
Elles pèsent. Elles engluent. La grisaille s’installe. Les chairs prennent la consistance de la craie. Le regard s’embue des boues des regrets.

Notre passé et notre mémoire s’enkystent dans nos corps, (enquêteur de la chair, braconniers de la chair qui volent des membres pour les revendre comme souvenirs), alchimie de la mémoire : extraire la quintessence d'une réminiscence puisée dans un corps, transformer le souvenir d'un autre en un souvenir à soi, pour soi.
Un acte ultime d’égoïsme qui fait rejaillir l’autre.

Les douleurs du passé sont sédimentées dans notre peau.

La douleur du souvenir fantôme.

L'opium jaune comble le manque créé par l'oubli.

Image
Le Tarot de Marchebranche, photo par Claude Féry (par courtoisie), illustrations par Thibault Boube (C)

« Chaque Oubli est un pardon ».

Ma mémoire est un feuillage que souffle le vent. Feuilles de visages, de mots et de gestes emportés par la bise entre les arbres narquois.

Injecter de l'eau dans le cerveau d'enfants encore innocents, puis l’ôter pour se délecter leur mémoire sous forme de jus.

Des êtres et des choses disparaissent parce que le monde les a oubliés.

De microscopiques chansons de geste ordinaires : les gesticules.

"Deux moyens de paiement pratiqués à Millevaux :

La petite obole : on paye en racontant un souvenir. La grande obole : le souvenir est définitivement perdu, il
devient la propriété de l'acheteur, le vendeur est atteint d'une profonde sensation de manque.

La petite contre-obole : on paye en racontant un de ses regrets ou un de ses remords. La grande contre-
obole : l'acheteur obtient la propriété du regret ou du remords, ainsi il achète une partie de la vie ou de la
vie potentielle du vendeur, qui devient la sienne (par ex : je raconte que je regrette de ne pas avoir épousé
une telle : maintenant c'est l'acheteur qui l'épouse / je revends mon remords d'avoir tué mon père et
l'acheteur se sert de cette information contre moi comme preuve formelle, ou le père revient mais sait que
j'ai voulu le tuer, ou je n'ai plus aucun remords et je deviens un monstre, etc.)".

extrait et réinterprété de Les mots, la mort, les sorts de Jeanne Favret-Saada :

-« Êtes-vous forte assez, jeune âme ?
Pour ma part j’ai le sang faible
Mais que dire des buveurs de pluie
Ils mènent une guerre à outrance contre la souillure
Ils guettent la moindre goutte de pluie
Pour eux leur vie est suspendue à une goutte
Et pourtant, cette averse qui s’en vient les noira
C’est déluge
C’est une pluie vile
Il ne m’écouteront pas, car j’ai le sang faible.

Je suis
celui sur qui on
se doute

Mais toi,
peut-être... »

Image
Le Tarot de Marchebranche, photo par Claude Féry (par courtoisie), illustrations par Thibault Boube (C)


Thomas :

A. Merci pour ce montage audiovisuel ! Cela peut constituer une aide de jeu intéressante pour la communauté !

B. La préparation s'étoffe par rapport aux procédures habituelles. Intéressant de voir que tu pioches des éléments de Surnature et y ajoute tes réflexions personnelles, plus tes recherches iconographiques habituelles et tes variations de setting (je devine un contexte aride avec ces "chercheurs de pluie".
Etant moi aussi "pris" dans la lecture de Les mots, la mort, les sorts, je ne puis qu'apprécier la référence.
Attention bien sûr à ce que la surpréparation n'entraîne pas une asymétrie de parole trop grande lors de la partie (je dis ça avant d'avoir écouté) : il faut être prêt à ne pas utiliser tous les éléments, ou à le faire de façon succinte pour laisser de la place aux initiatives et à la parole de Léo.


Claude :

Rassure toi, Xavier a beaucoup parlé et je suis loin d'avoir employé tous les éléments préparés.
XAVIER a été à l'origine de la survenance d'une forte adversité (possession par un esprit mauvais) qui a tenu la dragée haute aux figurants et grandement enrichi et modifié la fiction

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photo : Claude Féry, par courtoisie


Thomas, retour après écoute :

A. Flippant le moment où Xavier joue un Léo possédé (étais-tu au courant?)
Xavier a-t-il connaissance des procédures de Bois-Saule ?

B. A deux reprises Léo (possédé par Cara) veut frapper (le renard, puis l’homme champignon) et toujours tu dis que le coup ne porte pas. Comment gère-tu ça en matière de contrat social ?

C. Encore une partie sans un seul jet de dé:) J’ai le sentiment que tu es de plus en plus freeformiste, et que finalement les outils de système que tu recherches sont avant tout des sources d’inspiration, comme ici les contextes / inspis de Bois-Saule. Pour la résolution un simple Inflorenza Minima / rituels des Sentes / Inflorenza Comedia / ou Millevaux choc en retour me semblerait te suffir, même le système de résolution de Bois-Saule me semble trop lourd pour vos pratiques

D. Est-ce que Cara était le coup de théâtre mis en place par Xavier ?

E. Intéressante synchronicité que Xavier se surprenne à jouer Cara, et se fasse peur à lui-même

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photo : Claude Féry, par courtoisie


Claude :

A. Je n'étais pas informé de son intention.
Pour les procédures nous avons lu ensemble
Il a lancé les dés Je lui ai communiqué les résultats
J ai réfléchi cinq minutes
Nous avons fait une minute de silence et zou !
Au montage j'ai du couper deux bafouillages et des bruits mécaniques transmis à l'enregistreur.
Le témoignage est très fidèle à notre partie.

B. ça, c'est le plus complexe à évoquer pour moi.
Je reste sur une interprétation en fil rouge, de Léonard d'eau comme la conscience de Léo. Il ne peut dès lors le blesser réellement. En revanche, il l'a effrayé et s'est effrayé lui-même. A l'annonce de la fuite du renard, Xavier a paniqué. Sur son visage j'ai lu une foule d'émotions contradictoires. Il m'a dit que c'était rétrospectivement le moment le plus intense de la session. Sa conclusion sur l'instant a été d'agiter les pouces frénétiquement. Une réelle panique.Il adore son goupil. Il aime se chamailler avec lui. Mais il y tient énormément. Il ne s'est donc pas senti floué de ne pas avoir pu le blesser réellement. Je pense que j'ai là joué mon rôle de Confidente, alternant entre une certaine forme de cruauté et une grande bienveillance. Ma vision de Léonard en tant que goupil est d'ailleurs confortée par la réflexion qu'il a lâchée spontanément, "mais un renard ça ne parle pas ! ça ne se peut pas ! (première journée) pour se raviser aussitôt avec quelque chose au fond du regard qui disait le plaisir de la découverte d'un petit trésor à lui, Léo et Xavier.
Pour moi dans ma tête c'est Léonard de l'île aux enfants qui vit dans sa panière et plaisante avec Casimir.

Pour ce qui concerne le "champignon" c'était pour moi la rencontre, la découverte incomprise de Léo, de la déité horla qui se révèle à lui (je jouais les procédures et sa lame du tarot de l'oubli). Et l'idée que je me faisais de ce vieux champignon, que j'ai à d'autres occasions nommé "la Reine du Bois", ne permettait pas qu'un gamin de dix ans armé d'une lance de fortune ou d'une veille épée exhumée des réserves d'un archéodrome du temps jadis puisse l'éventrer séance tenante, fusse-t-il possédé par un esprit néfaste. Les armes matérielles portées par Léo ne pouvaient en aucun cas l'atteindre. La fumée au bout de la flèche explosive qu'il a invoqué pour tuer les pauvres buveurs de pluie sans aucun doute, ou à tout le moins l'affaiblir le repousser. Mais ce n'est pas ce que Xavier m'a proposé alors.
Pour moi c'est l'avatar de l'esprit qui ronge Dégringolade. Ni bon, ni mauvais. Cette "puissance" investit de son verbe le jeune gamin, le désigne en héraut pour qu'il préserve les vies des buveurs d'eau exposées à une pluie acide.
Mes buveurs de pluie sont des glaneurs errants qui se préservent illusoirement de l'emprise en ne buvant pas l'eau souillée des rivières et des retenues d'eau mais en buvant l'eau "pure" du ciel. Je ne pouvais donc lui accorder que ses assauts portent. Il était au creux de l'arbre-mère, dans le domaine de la Reine du Bois, et la puissance de Cara, que j'imagine comme une entité de cauchemar au sens de RdD ne faisait pas le poids. L'affrontement n'était pas la solution. Et je trouve que mon improvisation, transformer la lame dorée du passé en un bouquet de fleurs qu'il offre aux buveurs de pluie fait image. Les fleurs se fanent au contact de l'esprit étroit des errants cependant. Il y une cohérence. L'histoire se construit progressivement. Il n'a pas ressentit de restriction à son agentivité. Il s'est dit après coup, et c'est la question d'ouverture de mon prochain épisode, qu'il aurait du reprendre la créature de fumée de l'almanach pour rendre tangible la présence de Cara dans cette scène avec le vieux buveur d'eau.
Cette invulnérabilité apparente de certains figurants rejoint celle des créatures du mythe dans AdC ou ses variations indépendantes.

Troisième pelure d'oignon de cette question à tiroir : la violence des personnages de Xavier et Gabriel. Les premiers personnages de Gabriel étaient plutôt des psychopathes ultra violents. Xavier, même s'il s'effraie parfois d'éléments assez surprenants, est prompt à donner la mort. Je pense qu'en tant que père, je me dois les inciter à une autre approche. Si la violence physique, verbale, sous toute ses formes, est présente dans nos univers fictionnels, sans proposer une vision trop bisounours, je dois valoriser, récompenser inciter à toute initiative de substitution à la celle-ci. C'est peut-être contradictoire avec la noirceur que j'offre en pâture à leurs personnages, mais j'éprouve souvent le besoin de détourner les gestes les plus brutaux des personnages, parce qu'ils me révèlent sans doute une part de leur personnalité que je ne suis pas prêt, disposé à rencontrer.

C. "Encore une partie sans un seul jet de dé:)" : J'ai utilisé les dés mais avant la fiction, un peu à la Abstract Donjon. Nous avons vraiment décomposé les étapes, suivi scrupuleusement les procédures de Bois-Saule à ma connaissance au moment ou nous avons commencé à jouer. Xavier étant manifestement d'humeur espiègle, et très disposé à jouer, je souhaitais que la session soit l'occasion d'une exploration intense. Le jet de dés et l'explication sont pour moi un frein à l'immersion lorsque nous jouons en proximité (de part et d'autre d'une vieille table de formica des années 70). Nous avons pu ainsi jouer sur des rapports tactiles en résonance avec la fiction en développement. J'ai manipulé un galet que je lui est remis lorsqu'il l'a repêché au fond de sa poche trouée. Je n'ai pas de répugnance au système de résolution complexe. J'ai utilisé longtemps légendes celtiques avec un copain ou mené de longues campagnes avec Rolemaster ou Rêve de Dragon. Dans ces contextes le système servait l'histoire et la façon dont elle se construisait. Ici avec Xavier nous jouons des méchantes petites histoires pour se faire peur avant d'aller se coucher comme les grands. Xavier m'a expliqué longuement, mais après coup le choix de ses deux symboles. Il souhaite maintenir à distance les horlas qui lui font peur et pouvoir les défaire sans coup férir, mais il veut aussi des histoires intenses. Il m'a reparlé du plaisir qu'il a éprouvé à ressentir de la tristesse pour la mort de la vieille femme.

C² "J’ai le sentiment que tu es de plus en plus freeformiste, et que finalement les outils de système que tu recherches sont avant tout des sources d’inspiration, comme ici
les contextes / inspis de Bois-Saule. Pour la résolution un simple Inflorenza Minima / rituels des Sentes / Inflorenza Comedia / ou Millevaux choc en retour me semblerait te suffir, même le système de résolution de Bois-Saule me semble trop lourd pour vos pratiques."
Sans prétendre à une connaissance fine des théories rôlistes, je lis régulièrement les articles dans le but de les relier à ma pratique et à l'amender, l'améliorer.
A titre personnel, je recherche l'intensité de l'émotion, accompagnée d'une bonne dose d'esthétisme au service d'une histoire.
Dans la mesure ou les émotions naissent, à mon sens, de la fragilité des personnages, de leurs fêlures, qu'ils connaissent et dissimulent, (intérêt majeur de la mécanique double d'Arbre) ou ignorent, les protagonistes de nos fictions demeurent au centre de nos préoccupations, mais j'éprouve des difficultés à assimiler les système propulsé par l'Apocalypse qui le réalise, de mon point de vue, au détriment soit de la cohérence de l'univers, soit de la profondeur du personnage.
Les mécaniques OSR sont merveilleuses pour éprouver le manque, la perte, mais peuvent à la longue conférer une certaine aridité aux rapports entre les personnages et les figurants. J'ai abandonné Arbre pour aller vers écorce, fripouille, sève dans cette optique.
Je n'ai donc pas de religion.
Et plutôt que d'avoir un outil tout terrain grossier mais robuste je préfère changer de monture à chaque phase de notre exploration.
Toutefois, plus les mécaniques sont simples, plus elles permettent une rapide assimilation de la table pour se focaliser sur l'aspect désiré.
Si je comprends ton article récent sur ton abandon des pico games au profit des jeux profonds, je reste indécis et changeant.
Mais tu as raison en ce moment, je ne lance que très peu les dés.
Demain soir, nous devrions passer par un épisode La conscience du fer-blanc couplé à Dégringolade et donc ne pas utiliser de dés.
En revanche, au moment ou nous entrerons en Little Ho il en sera autrement.
Et là, dans l'instant, j'hésite encore sur l'ordre des événements, une phase Little-Ho ou weird sci-fi ?
L'un comme l'autre si nous nous orientons, sur de la mission ou du conflit, peut-être que j'emploierai des mécaniques plus tactiques et peut-être m'essayerai-je à Cerbère ou Shell Shock.

D. Oui et il en était très fier !

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photo : Claude Féry, par courtoisie


Réponse de Thomas :

B. Très intéressant cette explication. On voit que l'enregistrement de partie échoue à tous nous transmettre : nous n'avons pas accès à vos expressions faciales, votre gestuelle, et tout simplement ce qui constitue votre complicité et votre tacite compréhension mutuelle au fil des parties. Ce qui à l'écoute pourrait être ressenti comme une entorse à l'agentivité des personnages se justifie ici soit par des raisons de canon esthétique (certaines créatures "lovecraftiennes" sont très peu vulnérables) ou de sécurité émotionnelle. J'aime beaucoup la mention aux pouces baissés de Xavier pour faire redescendre la pression qu'il s'est lui-même mis en remettant son personnage au main d'un esprit malfaisant, et la mention de ta propre répugnance à l'emploi systématique de la violence. Quand j'ai développé Arbre, j'ai émis le souhait de pouvoir jouer en se passant d'un système de résolution qui fasse l'arbitrage des difficultés : le contrat social, l'entente des joueuses me semblait pouvoir y suppléer. J'avais alors déterminé une façon de codifier tout ça dont les pouces et le goupil sont le reliquat. Donc, je suis très satisfait de voir que ce projet se met effectivement en oeuvre à d'autres tables que la mienne.

C. Mon interprétation était donc erronnée. J'aurais pourtant dû m'en douter à la lecture des supports écrits associés à cette partie. C'est intéressant cette position de faire les jets de dés au début, pour ensuite jouer en mode immersionniste, sans jeter les dés durant la partie.

C² Intéressant ton développement. Pour ma part, je suis en effet actuellement plus focus sur les jeux profonds qu'on rejoue beaucoup mais de même je ne suis pas entré en religion, il est bien possible que je ressortes mes bons vieux jeux spécialisés à l'occasion :)
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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