[Le Témoignage] La vérité sur Liz Elram

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thomas munier
Prénom : Thomas

[Le Témoignage] La vérité sur Liz Elram

Message par thomas munier » ven. 13 oct. 2017 07:13

LA VÉRITÉ SUR LIZ ELRAM

Partie rapide entre vie intime et thriller d'anticipation où l'on traite un thème qui m'est cher : la vérité d'une personne

Jeu : Le Témoignage, personnes confrontées à une beauté, une horreur ou un mystère qui les dépasse

Joué le 12/02/2017 en "off" de la Convention Orc'Idée

Personnages : Pierre, la journaliste, l'enquêteur

Image
crédits : Enthuan, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com


Le Phénomène :

On se décide pour un mystère, plus exactement la vérité d'une personne. Cette personne dont la vérité est un mystère sera Liz Elram, qui devient lanceuse d'alerte quand elle dénonce plusieurs gouvernements pour avoir compilé des fichiers avec toute la vie intime de tous les citoyens.

On part sur un contexte contemporain. On se décide au départ sur un contexte international mais finalement l'action aura presque toujours lieu dans le même pays (avec un bref passage dans une grande capitale, ailleurs dans le monde).


L'histoire :

L'appartement de Pierre. Balcon avec vue sur le lac. Pierre n'a pas de nouvelles de Liz, sa petite amie. Il regarde les infos. Un journaliste annonce une brève. Le ton est léger mais l'ambiance est lourde. Une certaine Liz Elram affirmerait que les gouvernements auraient des fichiers sur chaque citoyen, des fichiers compilant les moindres détails de leur vie privée.
Pierre est scotché. Le journaliste se sert une bière dans le frigo de Pierre.
Il croyait connaître sa petite amie, mais en fait il savait bien peu de choses sur son travail. Il ne serait jamais douté qu'elle travaillait sur un truc aussi énorme. Il réalise qu'elle est en fait une inconnue pour lui. Il se sent trahi.

Appartement à louer. Peinture blanche, fraîche. C'est là que Liz Elram et la journaliste se sont donné rendez-vous. La journaliste demande à Liz ses motivations et ses preuves, à chaque fois Liz botte en touche. Elle précise quand même qu'elle a des fichiers (peut-être même une immense quantité), mais qu'elle a pris soin d'effacer son propre fichier. Pour conclure, elle avance pour preuve un détail très intime de l'enfance de la journaliste, un fait qu'elle pensait avoir caché à tout le monde.
L'enfance de la journaliste. Liz est à ses côtés, comme une espionne ou une chaperonne. La journaliste a fugué de chez ses parents. Ses parents la cherchent partout. Un voisin la trouve sur le bord de la route. Il lui dit de monter en voiture. Elle monte, Liz la suit dans la voiture.
Pour éviter de leur avouer sa fugue, l'enfant dira à ses parents que c'est le voisin qui l'avait entraînée hors de la maison. Les parents ne porteront pas plainte, mais ils seront en grand froid avec ce voisin, et beaucoup de gens le regarderont de travers.
La journaliste est choquée que Liz en sache aussi long sur elle. L'entretien tourne court.

Salle de garde à vue. Les autorités ont réussi à interpeller Liz Elram. Mais sans motif d'inculpation net, ils ne peuvent guère que la garder 24 H. L'enquêteur est venu de loin. Il travaille pour les gouvernements, sa mission est de contre-enquêter. De debunker le phénomène Liz Elram. Bien sûr, les gouvernements ont éludé la question quand il leur a demandé s'ils avaient vraiment des fichiers sur les citoyens. L'enquêteur part du principe que ces fichiers existent mais sans pouvoir l'affirmer, son attaque est difficile à construire. Liz a l'air nerveuse, elle tire sur une mèche de ses cheveux. L'enquêteur se dit que c'est peut-être une personne normale. Il rajuste ses grosses lunettes et tente de rappeler pourquoi on la poursuit. Impossible de l'accuser de vol. Il l'accuse d'abord de calomnie. Et insiste sur les conséquences. Rappelle la rumeur des manifestations dans les rues. Il l'accuse enfin de terrorisme. Dans cette période instable, l'affaire pourrait faire chuter les gouvernements, au profits de partis populistes ou anti-système. L'horizon, c'est peut-être la guerre. Liz dit qu'elle n'a lâché aucune bombe.
L'enquêteur répond : "Si. Vous avez lâché une bombe conceptuelle."
Il lui dit qu'elle veut se venger du système. Détruire des gouvernements qu'elle juge responsable. Sans se soucier du fait qu'elle va en fait détruire des civilisations.
Elle lui demande s'il doute encore de l'existence des fichiers. Elle lui dit : "Je sais, par exemple, que vous avez eu envie de tuer ce conducteur sur la route."
L'enquêteur s'énerve : "Comment vous le savez ?". Est-ce que Liz sait quelque chose ou est-ce qu'elle vient de faire de la lecture à froid ? Après tout, avoir des envies de meurtre quand on est au volant, c'est fréquent. Surtout si on est un super-cadre stressé.
L'enquêteur poursuit sur l'impossibilité technologique de recueillir des informations aussi intimes. Liz rappelle qu'il y a des caméras partout, et qu'elles enregistrent TOUT. Pas seulement le son et l'image.
L'enquêteur perd patience. Il désosses la caméra de la salle d'interrogatoire. Il montre les circuits imprimés, il dit que c'est trop simple pour faire ce qu'elle dit.
Les policiers entrent dans la salle parce qu'il y a un problème avec la caméra. A bout de nerfs, l'enquêteur abandonne l'interrogatoire.

La cour de l’organisation où travaille Liz Elram. Des manifestants massés contre les grilles. Pierre crie : "Liz Elram ! Liz Elram !". Il la cherche des yeux. Des CRS ouvrent les grilles et chargent les manifestants. Pierre reçoit des coups. Des manifestants l'aident à prendre la fuite. Ils l'amènent au siège d'un parti révolutionnaire, transformé en infirmerie pour manifestants blessés.

La journaliste a demandé à Liz Elram de lui confier son fichier. Elle a monté un énorme article sur l'affaire avec sa propre vie privée pour preuve de l'existence des fichiers, malgré tous les détails graves qu'elle aurait préféré cacher. La voilà avec son rédac chef qui lui demande si elle bien sûr de rajouter l'article dans ce numéro. La journaliste acquiesce. Derrière la baie vitrée, les rotatives sont lancées.
L'article fait l'effet d'une bombe. Mais les retombées sont différentes ce que la journaliste attendait.
Une journaliste de Paris Match l'interviewe. Elle lui dit qu'elle est une sorte d'héroïne d'une nouvelle ère. La première personne a avoir dévoilé entièrement sa vie. Et il n'y a aucune triche puisque ce n'est pas elle qui l'a écrit.
Liz est absente, mais elle est là quand même, en surexposition. Difficile de savoir si elle conteste ou si elle jubile.
La journaliste se défend : "Vous vous trompez complètement de sujet. Le vrai sujet, c'est ce que le gouvernement fait de nos vies privées. Le vrai sujet, c'est Liz Elram."
"Non, ma chère. Le vrai sujet, c'est vous."
Les têtes des confrères en face d'elle changent sans arrêt. A chaque fois on lui pose les mêmes questions, elle fait les mêmes réponses, désespérée.
Elle reçoit des messages d'admirateurs. Et des messages d'insultes. En masse.
Et sa famille est dans l'incompréhension la plus totale.

L'appartement de l'enquêteur, dans un gratte-ciel d'une grande capitale. Nuit allumée et fébrile au milieu des immeubles. Des liasses de papiers posés sur la table basse, que l'enquêteur compulse, un scotch à la main. Il doute de plus en plus. Il doute sur tous. Sur le grand écran plan, une mosaïque de chaînes d'informations. Partout on parle de l'affaire Liz Elram et des émeutes.

Liz a donné rendez-vous à Pierre dans une brasserie. Un truc ampoulé, rien à voir avec les petits cafés où ils s'étaient rencontrés et où elle voulait toujours qu'on revienne. Elle a des lunettes noires qui masquent son regard. Elle demande à Pierre de la soutenir, parce qu'elle a perdu tout le monde. Pierre est distant. Elle dit qu'elle sait tellement de choses sur lui, lui ne sait rien d'elle, ça peut créer une distance, mais ça renforce aussi les choses. Elle montre sur son portable un dessin d'enfant. Un bonhomme bleu entouré par un cercle rouge. C'est un dessin de Pierre, qui date du divorce de ses parents. Chambre d'enfant, maison vide, bruits des valises. Liz le regarde faire son dessin. Il symbolise sa solitude. Ses dessins sont censés avoir été perdus après le divorce. Comment l'a-t-elle retrouvé ?
"Le bonhomme bleu, maintenant c'est moi, Pierre. Je suis seule."
Elle enlève ses lunettes. Est-ce qu'elle fait semblant de pleurer ? Elle lui tend la main, il la repousse.
"ça n'a jamais été toi. Je m'en vais. Si tu as besoin d'aide, je t'aiderai, mais n'invoque plus jamais les sentiments."

L'enquêteur a donné rendez-vous à la journaliste dans le hall d'un grand hôtel. C'est un entretien de courtoisie, rien de judiciaire. Il essaye de se donner une contenance, mais son trac est palpable. La journaliste a le visage cerné, mais a bien l'intention de dominer la situation.
L'enquêteur a de plus en plus de doutes, Mais il tente une attaque pour la forme, sans trop y croire.
" Vous avez étayé les accusations de Liz Elram en diffusant votre propre fichier. C'était malin. Avec les précédents scandales, les écoutes de la CIA, les réseaux sociaux... Les gens étaient prêts à vous croire. Personne n'a la technologie pour compiler des milliards de fichiers intimes. Mais en faire un seul, c’était facile. Il suffit de payer des détectives. Qui nous dit que Liz Elram ne vous a pas bernée ? Qui nous dit que vous n'avez pas écrit ce fichier vous-même ? Et si Liz Elram, c'était vous ?"
Un gros moment de trouble.
La journaliste nie.

Pierre est dans le train. Il regarde les montagnes par la vitre. Il quitte son pays. Besoin de prendre du champ.

La journaliste reçoit un message.

"Je te quitte.

Pierre."


Feuilles de personnages :

L'enquêteur
Va perdre : ses certitudes
Va sauver : son intégrité
Événement bouleversant : son entrevue avec la journaliste

La journaliste :
Va perdre : (j'ai oublié)
Va sauver : (j'ai oublié)
Événement bouleversant : son entrevue avec l'enquêteur

Pierre
Va perdre : (non défini)
Va sauver : (non défini)
Événement bouleversant : (non défini)


Commentaires :

Durée :
20 mn briefing et créa, une heure de jeu, 10 mn debriefing

Profils des joueur.se.s :
Expérimenté.e.s mais n'ont jamais joué au Témoignage

Défis :
+ C'était seulement le deuxième playtest en groupe
+ On avait un temps assez court pour jouer

Mise en jeu :
+ On part sur deux jetons par personnes, la version la plus courte.
+ On a joué sans prise de notes, juste les jetons.
+ La joueuse de la journaliste m'a refusé un jeton, c'était cool de voir une joueuse autre que moi refuser des jetons. ça me prouve que cette règle du refus peut être utile.

Debriefing :
+ Un peu d'hésitation pour démarrer. Comme la partie précédente, il y a un petit flottement pour savoir qui se lance, mais ensuite, c'était très fluide.
+ La joueuse de la journaliste a trouvé que ça aurait mérité plus de temps pour développer les personnes (comprendre : une heure de séance, c’est un peu short pour ce genre de jeu).
+ La joueuse de la journaliste a trouvé que le twist final (la journaliste et Liz Elram seraient la même personne) était peu cohérent avec ce qui a précédé mais comme on devait conclure vite, ça passait (note de Thomas : notamment parce que l'existence de Liz Elram et le fait qu'elle ait lancé l'alerte est indubitable, et parce que l'enquêteur est censé la rencontrer - ceci dit on ignore s'il le fait avant ou après son entrevue avec la journaliste, et de surcroît dans cette entrevue peut-être que ce sont quand même la même personne. Mais au final, ce qui est peut-être le plus perturbant, c’est que lors de l’entretien enquêteur-journaliste, on est encore dans le doute. Mais quand la joueuse de la journaliste dit qu’elle reçoit un texto de Pierre, on est dans la validation. Peut-être cette scène a-t-elle un peu cassé le principe de jouer un mystère qui nous dépasse, qui nous condamne à rester dans le doute.)
+ Le joueur de Pierre a souligné le flottement au départ, le manque de directives pour les joueuses. Pour lui, le fait de définir à l'avance le destin de son personnage est superflu, voire contre-immersif. De même que la technique de la juxtaposition, qui a ouvert la porte au mindfuck, là où il aurait préféré un truc plus terre à terre. [Note de Thomas : ce sont deux règles assez facultatives]

À expérimenter lors du prochain playtest :
+ Demander aux joueuses si on joue avec ou sans fantastique, avec ou sans vertige logique
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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